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Le blog des profondeurs...
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Collectif 23h59 : voyons, réfléchissons…
Ah qu’il est plaisant de cheminer dans le passage Urbain V, à l’heure où fleurit la campagne, en journée quand les enfants s’ébattent dans le jardin, au crépuscule quand les humeurs chromatiques du temps nimbent la majesté du Palais… Nous avons failli être privés de cette jouissance simple et magnif...

L’association 100 pour 1
L’association éberge des familles sans papiers sur Avignon et Carpentras et organise tout au long de l’année des événements pour parvenir à financer le logement et l’accompagnement des familles qui sont prises en charge. Une tombola est actuellement organisée (2€ le billet) avec de nombreux...

123 Soleil : 8 MARS 2020, RÉALISEZ !
C’est la nouvelle date de 123 Soleil pour un tournage qui réunira 6 spectateurs d’Utopia et 6 jeunes réfugiés dans un lieu encore tenu secret sur Avignon. Une journée entière dédiée à la pratique cinématographique sans limite d’âge ni de langage, mais un casting 100% féminin du côté des spectateu...

23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

POLICE

Anne FONTAINE - France 2020 1h38 - avec Virginie Efira, Omar Sy, Grégory Gadebois, Peyman Moaadi... Scénario d'Anne Fontaine et Claire Barre, d'après le roman de Hugo Boris.

Du 18/03/20 au 07/04/20

POLICECe nouveau film d’Anne Fontaine vaudrait le coup rien que pour ses acteurs : Efira, Sy, Gadebois, quel trio ! Mais c’est en plus un film très intelligemment construit, qui réussit à s’émanciper des piètres représentations qu’on a souvent de la police, qu’on l’admire sans nuance ou qu’on appartienne au camp des anti-condés primaires.

La réalisatrice parvient, grâce à une écriture ciselée, à faire mouche, à tenir son propos de bout-en-bout sur un sujet qui avance pourtant en terrain glissant. Elle réussit à contourner la polémique, montre les hommes et les femmes sous les uniformes, sans les condamner, ni les porter au pinacle. Elle les ramène à leur condition d’humains imparfaits et fragiles, leur tend un miroir devant lequel ils ne peuvent échapper ni à leur conscience, ni à leurs responsabilités. C’est comme une audience où l’on écouterait les circonstances atténuantes sans qu’elles excusent les actes, mais où nul ne voudrait endosser le rôle de juge, surtout pas nous en tant que spectateurs.

Si seulement le scénario commençait par la fin avec trois flics anonymes en train de reconduire honteusement à la frontière un pauvre innocent n’ayant commis d'autre délit que celui d’être né dans le mauvais pays… Notre camp serait vite choisi et on aurait tôt fait de mettre dans le même panier cette flicaille sans cœur. On ne percevrait peut-être pas monter de la même façon les doutes et les remords qui vont assaillir les protagonistes de cette micro-tragédie malaisante. Seulement il y a un avant… Un début de journée qui nous fait d'abord emboîter les pas de Virginie. Avant que la sonnerie du réveil ne se fasse entendre, il lui aura fallu pouponner le môme qui hurle dès potron minet, après avoir essayé de négocier mollement avec son compagnon pas très chaud pour se lever le premier. On comprendra vite combien leur relation s’est fragilisée et combien les heures supplémentaires sur lesquelles elle se jettera ce soir-là seront une fuite pour ne pas avoir à rentrer chez elle, à s’expliquer. Dans le désordre on suivra également Erik (Grégory Gadebois), qu'on aurait définitivement relégué, si on s’était contenté des apparences, dans la catégorie des machos grognons. Sans l’incursion dans son intimité peu glorieuse, il nous aurait paru passablement exécrable. Progressivement on touchera du doigt à quel point il est un être à la dérive qui se protège derrière des barricades illusoires, plus fragiles qu’il n’y paraît. Quant à Aristide (Omar Sy), toujours en train de se poiler et de fanfaronner en se vantant de ses conquêtes, on découvrira l’ampleur de sa solitude, sa peur du vide, son impossibilité à construire quelque chose de paisible. Finement seront égratignés au passage les préconçus sur la banlieue, l’immigration, la couleur de peau, quand il se moquera avec tendresse de sa maîtresse (car il en a une, qu’on vous laisse découvrir). Trois gardiens d’une paix inaccessible même pour eux-mêmes, à la fois puissants et impuissants face à la dureté des situations. Une brigade sur laquelle plane les désillusions et sur laquelle elles planeront d’autant plus quand ils se retrouveront pris au piège d’une mission contraire à leurs engagements. Car après tout, on peut supposer – en tout cas espérer – que ceux qui s’investissent dans de tels métiers le font plus dans l’idée de défendre les victimes que de les envoyer au massacre.

Et ce soir-là, face au dilemme que leur impose une administration aveugle, on sentira germer les prémices d’une petite résistance ordinaire.