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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

KONGO

Hadrien LA VAPEUR et Corto VACLAV - documentaire France / Congo 2019 1h10 VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

KONGOQuelle étrange affaire que ce Kongo ! Un film perché entre songe, mythe, documentaire, un véritable ovni franchement intrigant et dépaysant.
Autant il peut paraître étrange à un occidental blanc comme un cachet d’aspirine de retrouver le matin dans sa boîte-aux-lettres la réclame d’un féticheur vous promettant amour, gloire et argent, autant ça relève en Afrique du quotidien et surtout des croyances profondes. Nous voilà rendus à Brazzaville, capitale de la République du Congo, où, contrairement à notre vieille Europe, la chasse aux sorciers n’a jamais fait partie des obsessions nationales, heureusement. Ce n’est pas pour autant qu’ils pullulent, mais ils sont clairement identifiés et ont pignon sur rue. Évidemment ils n’ont pas l'allure caricaturale de ceux, affublés de baguettes magiques et de chapeaux pointus, qu’on rencontre dans nos contes à dormir debout. Ils ont clairement une utilité sociale, d’écoute, de gestion des conflits, de guérisseurs bienveillants… Médard est un de ceuxlà, un Ngunza, un sacré personnage ! Il fait partie des figures locales incontournables, accueillant chacun dans son église bâtie sur une parcelle familiale où la collusion entre vie profane et sacrée est absolue. C’est ici qu’il aide ceux qui sont à la marge, qu'il calme leurs angoisses, qu'il les protège des mauvais sorts… sans oublier de les décharger de quelques deniers au passage. Car enfin, il faut bien qu’il vive, lui aussi. Et vous le verrez, il ne s’en prive pas. Sa religion ne lui impose visiblement pas le célibat… Pas bien sûr que ce soit très catholique, mais tous pourtant le baptisent l’apôtre Médard. On va le suivre dans ses tribulations ordinaires et extraordinaires, dans l’intimité des ménages, dans son quotidien imprévisible, qui va le devenir encore plus quand une de ses ouailles va l’accuser d’avoir pratiqué la magie noire. On vous laisse découvrir comment il fera face à cette odieuse accusation et ses preuves accablantes, avant d’aller piquer un plongeon en eaux troubles parmi les sirènes du fleuve…

Ces paysages ensorcelants, chargés d’esprits et de croyances séculaires vont nous amener à changer de paradigmes, à adopter un point de vue loin de nos certitudes étriquées, héritées, à nos corps défendants, de notre passé colonial. Le film ne s’en tient pas à un étrange périple anecdotique, il nous amène à nous questionner sur notre cartésianisme, la justesse de nos propres croyances, leur impact sur d’autres civilisations. Il n’y a qu’à observer et se taire, d’abord amusés, puis progressivement médusés par la prégnance du phénomène, son intensité. Malgré la colonisation, les campagnes d’évangélisation, cette profonde vibration spirituelle africaine, qui peut nous sembler irrationnelle, a survécu, défiant le temps. Elle a changé de forme, a dû s’adapter, certes, mais a survécu et l’on peut gager que c’est pour longtemps encore. Dans le fond toute cette sorcellerie qui plane est une forme de résistance protectrice, celle d’un monde qui, tout en rêvant de confort moderne, n’a pas encore complètement ployé sous les fourches caudines du capitalisme, ni cédé devant la rapacité des entreprises chinoises qui viennent à leur tour exploiter une terre qui n’est pas celle de leurs ancêtres. Reste à savoir si les esprits autochtones auront toujours la puissance de les bouter dehors à coups de mauvais sorts.