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Au loin s’en vont les nuages...
Nous, comme bien d’autres, qui depuis des décennies nous évertuons à faire du cinéma un endroit de discussion, voire de polémique et de désaccord généralement courtois, mais aussi un lieu de convivialité, de rencontres où la chamaillerie fait corps, où le conflit n’entraîne en rien le rejet de l’aut...

Utopia et le pass sanitaire
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SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
   Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les malentendants Les séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéciaux appara...

La Terre s’efface sous nos pas et certains penseraient qu’il ferait meilleur vivre sur Mars
Le Collectif Sauvons Nos Terres 84, qui regroupe 23 associations et collectifs et qui s’investissent aux quatre coins du département du Vaucluse dans la défense des terres menacées d’accaparement, milite sans relâche pour la sauvegarde des espaces agricoles et naturels. Sachez que depuis 2001, ...

UN DIVAN À TUNIS

Écrit et réalisé par Manele LABIDI - France / Tunisie 2019 1h28 VOSTF - avec Golshifteh Farahani, Majd Mastoura, Aïcha Ben Miled, Feriel Chammari, Hichem Yacoubi...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN DIVAN À TUNISLa scène d'introduction – quiproquo autour du célèbre portrait photographique de Sigmund Freud portant la chéchia rouge, le couvre-chef traditionnel tunisien – dit bien d'emblée toute la fantaisie de ce film, et tout l'humour de sa pétillante héroïne, Selma, fraîchement débarquée de Paris pour installer son divan à Tunis ! Car n'en déplaise aux langues de vipères, aux oiseaux de mauvaise augure et autres sceptiques locaux qui jurent par le Saint Coran qu'il n'y a pas besoin de psy dans ce pays, Selma est bien décidée à installer son cabinet de thérapeute sur le toit terrasse de la maison de son oncle. Et y a fort à parier que les Tunisiennes et les Tunisiens, en pleine crise existentielle post-révolution, ont bien des choses à lui dire.



Car oui, dans cette Tunisie d'après Ben Ali, la parole, muselée pendant des années de dictature, se libère et le pays redevient bavard, dans un élan un peu chaotique où tout se bouscule : les angoisses du passé, la peur de l'avenir, les désirs et les rêves qui peuvent à nouveau se raconter.
Il y a l'imam à qui l'on reproche de ne pas avoir laissé poussé sa barbe, le boulanger tumultueux qui adore se travestir et aimerait comprendre et assumer cette étrange pratique. Il y le trentenaire « pot de colle » aux allures de gros bébé qui ne veut pas quitter sa maman chérie d'une semelle et la tourbillonnante Baya qui excelle dans l'art de la mise en plis mais est prise de nausées dès qu'elle pense à sa mère. Il y aussi l'oncle qui dissimule de l'alcool dans des cannettes de coca, habitude prise sous Ben Ali dont il n'arrive pas à se débarrasser. Et la jeune cousine qui rêve de Paris et montre ses seins façon Femen en plein cours d'éducation religieuse… Même le jeune policier se fait un devoir de répéter haut et fort que c'en est fini des décennies de bakchichs et qu'il est temps de retrouver des règles de bonne conduite pour reconstruire la nation.
Selma va imposer son art et ses manières, même s'il lui faudra aussi faire preuve d'ingéniosité et d'un sens aigu de la négociation quand il s'agira de montrer patte banche aux autorités, pas vraiment ravies de voir une jeune Franco-tunisienne proposer à ses concitoyens de venir s'allonger sur son divan, rideaux fermés !

Sans jamais tomber dans une vision caricaturale de la psychanalyse, ni dans les clichés exotiques pour parler de la Tunisie, Un divan à Tunis est un délicieux cocktail d'intelligence, de drôlerie et d'émotion qui raconte, l'air de rien, l'état d'un pays entre l'élan de modernité et le poids des traditions, entre les vieux réflexes d'un temps révolu et le besoin de se construire un avenir meilleur. Un pays qui a besoin de parler, de panser ses blessures, de ne rien renier de son histoire mais d'aller de l'avant. Un pays que l'on découvre en pleine ébullition, avec une jeunesse dynamique, un peuple déboussolé qui se cherche pour le meilleur, ayant laissé le pire dans le rétroviseur. Bref, le patient idéal pour commencer une thérapie. Et si la thérapeute a les traits sublimes et le charisme de la belle Golshifteh Farahani, ça promet !
Il y a dans ce film une joie, une énergie communicatives, un humour que l'on trouve habituellement dans les comédies italiennes des années 60/70 plutôt que dans le cinéma qui nous vient de l'autre côté de la Méditerranée, et c'est très réjouissant !