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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

L’ENVOLÉE

Écrit et réalisé par Eva RILEY - Angleterre 2019 1h23 VOSTF - avec Frankie Box, Alfie Deegan, Sharlene Whyte, William Ash...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’ENVOLÉEL’un des grands plaisirs des salles de cinéma comme les nôtres, c’est de découvrir et de faire découvrir des premières œuvres. C’est là que notre travail prend tout son sens : vous donner l’envie de voir des films inconnus, inédits, qui ont besoin de vous pour exister. L’Envolée fait partie de ceux-là (Télérama le situe dans la lignée des films de Ken Loach, le soleil en prime) : alors foncez ! Ainsi, le jour où Eva Riley sera au firmament de sa popularité, vous vous souviendrez avec émotion d’avoir assisté aux premiers pas d’une réalisatrice majeure et sans doute pourrez-vous en dire autant à propos de ses deux jeunes acteurs principaux dont c’est la toute première apparition à l’écran ! Ce ne sont pas des « enfants de… » : dans la vraie vie, Alfie Deegan est menuisier, Frankie Box encore au lycée. Mais quelle présence à l’écran ! Ils sont aussi lumineux que cette fiction de haute volée, limpide et efficace.



Un rai de lumière se joue des boucles brunes de Leigh tandis qu’elle tournoie entre les barres asymétriques. Tel un oiseau confiant dans son élément, elle virevolte au-dessus du sol, avant de s’accorder un moment de repos dans la position du cochon pendu, comme si c’était la posture la plus naturelle au monde. Durant quelques instants fugaces, le temps suspend son vol, tout se floute. Comme lovée dans une bulle invisible, Leigh flotte, apaisée, hors d’atteinte. Elle est ailleurs, les agitations extérieures n’ont plus de prise, les sons s’estompent jusqu’à disparaître… Il faudra que la voix insistante de son entraîneuse, Gemma, l’extirpe de sa rêverie cotonneuse pour qu’elle se fasse violence et reprenne conscience des regards qui l’entourent. Le concours qui pourrait changer le cours de sa vie est dans si peu de temps, il lui faut s’entraîner sans relâche, répéter son programme, enchaîner les figures. La voilà qui s’élance, tonique, prête à toutes les vrilles, roulades, salto… chute légère : « Continue ! », l’encourage Gemma. Mais Leigh n’y parvient plus. Tant de choses tourbillonnent dans sa tête… Le gloussement d’un nid de pimbêches friquées, les frais d’inscription pour la compétition, tout s’embrouille sous sa frimousse bravache, la submerge, la tétanise… Si près de la réussite, la voilà qui rechigne face à l’obstacle. Leigh est proche de tout envoyer valdinguer, sans oser l’avouer à son entraîneuse pourtant si compréhensive et bienveillante. Notre nymphette en a d’autant plus honte. Comment justifier cette sensation viscérale de n’être pas à sa place, expliquer la panique qui phagocyte jusqu’à ses moindres plaisirs, ses plus puissantes passions, celles qui lui ont permis de prendre de la hauteur ?

C’est alors qu’elle est au bord de ce gouffre insondable que va apparaître l’ange exterminateur. Enfin… C’est un bien grand mot pour qualifier ce presque frangin surgi de nulle part, rejeton jusque-là caché d’un paternel perpétuel inconséquent. Quand ce demi-frère, dont elle ignorait l’existence, déboule sans crier gare, de prime abord elle le déteste par précaution. Fanfaron maladroit, arrogant par pure forfanterie, par besoin de reconnaissance, Joe est un petit gars à la marge qui flirte avec la délinquance sans doute par nécessité mais surtout pour se sentir exister. Le temps de s’adopter un peu mutuellement, et Leigh va bientôt se sentir pousser des ailes de caïd, vouloir démontrer qu’elle n’a pas froid aux yeux. C’est là que tout risque de partir en vrille… À la fois grave et d’une fraîcheur folle, L’Envolée est porté avec panache par un duo de personnages qui ont un sacré cran. Un fort joli film pour agrémenter cet été, se sentir respirer.