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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

CHONGQING BLUES

Écrit et réalisé par WANG Xiaoshuai - Chine 2010 1h55 VOSTF - avec Wang Xueqi, Fan Bingbing, Qin Hao, Wang Ziyili Feier...

Du 05/08/20 au 25/08/20

CHONGQING BLUESUn opus inédit du réalisateur chinois Wang Xiaoshuai, réalisateur des pépites Beijing Bicycle et So long my son, qui nous arrive dix ans après sa présentation cannoise en 2010. Projeté en compétition, il avait reçu un accueil chaleureux, avant de disparaître inexplicablement des radars…

Chongqing blues raconte, sous la forme d’une « enquête », l’histoire d’une fêlure, celle vécue par un marin qui a laissé derrière lui femme et enfant, avant d’apprendre la mort de celui-ci. C’est en parallèle l’immersion dans l’une des villes principales de l’intérieur de la Chine, point de départ pour la visite des trois gorges. À Chongqing, « Capitale du brouillard » de la province du Sichuan, il est rare de voir le soleil. On entre dans la ville et dans le film par un téléphérique urbain, pour traverser le fleuve et s’immerger au milieu des imposantes tours d’affaires et des HLM anonymes. Le centre-ville tentaculaire laisse peu à peu place à la vie de tous les jours, les rues qui grouillent de monde, pour se focaliser sur les personnages s’activant sous un ciel plombant, teinté d’une nappe bleue mélancolique.
Lin a été beaucoup absent, il travaillait sur le fleuve et voguait souvent longtemps loin de la maisonnée. Il a quitté depuis belle lurette la grande ville pour créer un nouveau foyer ailleurs, en bord de mer, sans plus donner de nouvelles. C’était il y a 15 ans. Mais à Chongqing, son fils, le jeune Lin Bo, est mort, abattu par la police. Et le père veut comprendre. Il a peu de souvenirs, pas de photos : seulement la vidéo d’une caméra de surveillance et des coupures de journaux pour reconstituer l’histoire d’un fait divers qui a mal tourné, dénouer les fils des événements et tenter de « reconstituer » son fils pour le retrouver. Fausse enquête, mais vraie quête, Lin le père nous embarque dans un mouvement permanent. Déambulations sac à dos sur l’épaule, changements de lieux, de personnages, ici un commissariat, là un atelier de couture, un parc… L’homme, qu’aucun refus ne semble rebuter, demande, redemande, acharné, revient sans cesse à la charge auprès de la mère ou de ceux qui se taisent. « Si je pars sans rien savoir, je ne pourrai plus me supporter », lance Lin à son ex-épouse. Le rythme et l’énergie bouillonnante de cette femme pleine de colère tranchent face au calme et à la détermination du père. Plusieurs scènes usent de ce paradoxe : le calme apparent et le débordement d’émotions.



Successivement, Lin va recueillir les témoignages de l’entourage de son fils : l’ex-petite amie, la mère, le meilleur ami, le compagnon de travail, le docteur-otage, chacun l’a connu et côtoyé à sa manière et raconte son histoire. Les vivants évoquent le mort, construisent comme un patchwork où les événements se recoupent mais où toutes les interprétations sont possibles. On s’imprègne du fils à travers la quête de son père. On se faufile dans l’histoire d’une vie à travers les autres. Lin, le cœur ouvert, reçoit, engrange et encaisse : il ne fera pas l’économie de ce qu’il découvre à la fois sur son fils et sur lui-même.

On ne lâche pas d’une semelle le personnage principal, dans sa course aussi calme que furieusement déterminée. Le titre de ce beau film n’est pour sûr pas anodin : le blues, c’est celui du brouillard, du manque d’air et de couleurs, mais c’est aussi celui qui règne sur l’âme du père. Le titre original chinois, Rizhao Chongqing, évoque la ville de Rizhao, où se rendent finalement les jeunes et où habite désormais le père. « Rizhao » signifie aussi « ensoleillement ». C’est ce petit rayon de soleil sur Chongqing, avec l’image du père qui, apprivoisant progressivement sa vie, son passé et son fils, fait entrer un peu de soleil dans le brouillard.