LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

L’association 100 pour 1
L’association 100 pour 1 choisit de faire vivre la soli-darité en privilégiant l’action concrète depuis 2016. Grâce à ses adhérents qui s’engagent à verser au minimum 5€ par mois pendant 2 ans, elle procure gratuitement un logement à des familles migrantes sans papiers et les accompagne dans la rech...

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

DANS UN JARDIN QU'ON DIRAIT ÉTERNEL

Écrit et réalisé par Tatsushi OMORI - Japon 2018 1h40 VOSTF - avec Haru Kuroki, Mikako Tabe, Kirin Kiki, Mayu Harada... D'après le roman de Noriko Morishita.

Du 26/08/20 au 06/10/20

DANS UN JARDIN  QU'ON DIRAIT ÉTERNELAh, si la grande actrice Kirin Kiki, disparue en septembre 2018, avait pu être aussi éternelle que ce jardin ! On ne se lasse pas de son jeu subtil, habité. Si les rôles qu’elle a interprétés ne sont pas tous parvenus jusqu’à nous, on se souvient du moins de ses fabuleuses apparitions dans Une affaire de famille (Kore-Eda) et dans Les Délices de Tokyo (Naomi Kawase). Ici, dans ce qui restera comme son dernier film, elle incarne une incroyable vieille dame qui continue à enseigner, malgré les temps qui changent et exigent de plus en plus de compétitivité et d’efficacité, une cérémonie hors du temps, que beaucoup trouveraient barbante et inutile, et pourtant !



Il ne serait jamais venu à Noriko, du haut de ses vingt ans, l’idée d’aller s’inscrire à un cours aussi désuet sans l’impulsion de ses parents qui lui vantent combien les jeunes filles qui maîtrisent l’art du thé ont la réputation d’être de bons partis. Nous sommes en 1993. On se doute d’emblée combien la jeunesse nippone, fan de Michael Jackson et Madonna… est bien loin de tout ça. Comme argument de drague, on repassera ! Mais la contemplative et perpétuellement indécise Noriko va se plier au jeu, sans qu’on sache vraiment si cela l’intéresse vraiment ou si elle obtempère par désœuvrement ou docilité. Peut-être la clef est-elle dans les premières minutes du film, quand elle décrit son rapport au monde, à l’apprentissage, à la découverte d’un certain cinéma. Il est des choses qui ne peuvent s’éclairer qu’avec le temps, au gré de gestes répétitifs, qui progressivement s’investissent d’un sens qu’on n’imaginait pas.
Sa nouvelle professeure, Madame Takeda (Kirin Kiki donc), est de celles qui ré-enchantent le monde, et elle sait écouter aussi bien les murmures du thé qui frémit que ceux du cœur des femmes. Son enseignement de l’art du thé lui a déjà beaucoup dit des soifs intérieures et de la manière de s’emplir, sans débordements, de cette matière chaude et savoureuse qu’on nomme aussi la vie. La fluidité des gestes de Madame Takeda, du simple pliage d’une serviette à la cuisson savante de ses pâtisseries, n’a pas d’équivalent. Sans parler de la fascination qu’exerce forcément la découverte d’un rituel riche et passionnant, dont la vieille dame fait don avec sagesse. Chaque détail est essentiel, de la qualité de l’eau à la manière de la puiser, tout pousse à une perfection impossible à atteindre.

La cérémonie du thé n’est qu’un prétexte ou presque, lorsque le film rejoint la quête de la jeune Noriko pour chercher à comprendre le sens profond de sa vie. Elle est si différente de sa cousine Michiko, qui fonce joyeusement dans l’existence, qui rêve de voyages, d’amour, d’une famille à fonder, elle est le Japon d’aujourd’hui… Noriko admire cette témérité insolente que sa timidité naturelle l’empêche d’adopter. Sans idée du futur, elle se rend chaque samedi chez Madame Takeda pour apprendre le temps qui passe. Les saisons. S’inscrivant dans une tradition toute japonaise, elle apprivoise peu à peu le sentiment d’éternité, où s’épanouit le respect de soi et des autres. 24 ans plus tard, à l’heure du bilan, sa cousine Michiko, par son désir de modernité, n’a-t-elle pas reproduit un schéma autrement ancestral ? Noriko, elle, s’est vue capable de faire les mêmes choses, chaque année, de la même manière, petit à petit détachée de l’angoisse du quotidien. Est-ce maintenant que tout commence ?

Plus qu’un récit initiatique de transmission entre générations, ce film apprend à mettre des suppléments d’âme dans nos actes, pour atteindre à une plus grande liberté. Sa force est de rester aussi humble que l’enseignement de Madame Takeda.