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Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

L’association 100 pour 1
L’association 100 pour 1 choisit de faire vivre la soli-darité en privilégiant l’action concrète depuis 2016. Grâce à ses adhérents qui s’engagent à verser au minimum 5€ par mois pendant 2 ans, elle procure gratuitement un logement à des familles migrantes sans papiers et les accompagne dans la rech...

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

En collaboration avec Miradas Hispanas, la séance du mercredi 9 septembre à 20h20 sera suivie d’une discussion avec Cédric Lépine, critique de cinéma latino-américain et collaborateur des festivals Cinelatino de Toulouse et de Viva Mexico à Paris.

EMA

Pablo LARRAIN - Chili 2020 1h42 VOSTF - avec Mariana Di Girolamo, Gael Garcia Bernal, Paola Giannini, Santiago Cabrera... Scénario de Guillermo Calderon, Pablo Larrain et Alejandro Moreno.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EMAL’année cinéma 2019 fut celle d’une jeune fille en feu. La rentrée 2020 sera celle d’une autre héroïne incandescente, interprétée par une actrice irradiante, Mariana Di Girolamo, superbement mise en valeur par la mise en scène de Pablo Larraín, cinéaste chilien dont nous avons projeté tous les films depuis ses débuts en 2008 avec Tony Manero. Ont suivi Santiago 73, post mortem (en Vidéo en Poche), No, El Club, Neruda, Jackie… Ema est tout entier placé sous le signe du feu, présent littéralement dès cette première scène où l’on voit, image surnaturelle, un feu tricolore incendié, présent symboliquement dans l’embrasement des sentiments qui va gagner le récit, l’irréductible Ema renversant tout sur son passage.



Ema est une jeune danseuse de Valparaiso, ce port des côtes chiliennes immortalisé par Neruda – on peut toujours y visiter sa maison –, mariée à son chorégraphe, le beau et manipulateur Gaston (Gael García Bernal), pour le meilleur et – de plus en plus souvent – pour le pire. Quand le film commence, ils viennent de prendre une décision terrible : se séparer de l’enfant qu’ils ont adopté suite à un incident dramatique, qui a lui aussi trait au feu.
Autour de cet abandon, le couple se délite, évidemment, tout comme la compagnie de danse. La volcanique Ema prend sa liberté avec ses compagnes de ballet et elles improvisent des performances de rue, sur fond de reggaeton, cette musique irrésistible, mélange de reggae et de rythmes caribéens, tout en essayant d’assumer la culpabilité qui la ronge.

Pablo Larraín a toujours décrit dans ses films cités plus haut toute la complexité des âmes tourmentées mais jusqu’ici ses scénarios étaient liés à l’Histoire politique, sociale et culturelle du Chili, riche en personnalités marquantes, en événements traumatisants. Jackie marquait une rupture mais restait centré sur un personnage et un drame liés à l’Histoire contemporaine. Ici le personnage est résolument d’aujourd’hui et le portrait se veut individuel, même si Ema est sans doute le symbole d’une nouvelle génération de jeunes chiliens révoltés. Ce qui est assez passionnant, c’est l’ambivalence des sentiments que Larraín fait naître chez le spectateur envers son héroïne, tour à tour emballante par son énergie, son talent insolent, sa recherche farouche de la liberté mais aussi terrifiante d’égoïsme.

Pour magnifier ce personnage de femme libre, Larraín orchestre une mise en scène exaltée en forme de maelstrom faussement chaotique, en réalité totalement maîtrisé. Un travail qui mêle un montage fluide et une narration apparemment déstructurée, qui suit le cheminement psychologique du personnage. La danse tient une place essentielle dans la progression du récit, elle l’irrigue de bout en bout, qu’elle s’exprime sur le plateau d’une pièce en train de se montrer ou dans les rues formidablement cinégéniques de Valparaiso qu’investissent Ema et ses amies, faisant rougeoyer le ciel des incendies qu’elles créent ici et là.

Miradas Hispanas vous propose un autre regard sur les cinémas du monde hispanique en collaboration, entre autres, avec des festivals de cinéma espagnol et latino-américains. Soirées thématiques, conférences et expositions en prolongement des projections : miradashispanas.free.fr