Loading

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance de midi : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON !
Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON ! aux horreurs qui sont le quotidien de la politique menée contre les étrangers par Besson et Sarkozy. Avec les artistes, syndicats et organisations s’engagent : RESF, LDH, Cimade, Autre Monde, CFDT, FSU, CGT, Solidaires, UNSA. Nous, artistes, ...

L'AFFAIRE UTOPIA
Quelle affaire ! Utopia à Toulouse, annule la sortie nationale d'un film réalisé par un israélien pour le remplacer par un film réalisé par une israélienne, en signe de protestation contre l'attaque brutale de l'armée israélienne contre les bateaux de la « Flotille de la liberté »… et, à n...

POLÉMIQUE ET DROIT DE RÉPONSE - L’épouvantail des tyrans (*)
Ce texte fait suite à un débat soulevé par un billet  de Sud Culture dénonçant les conséquences perverses du désengagement de l’État dans les financements de la culture textes plus bas dans cette même page). On peut le résumer ainsi : la logique de survie imposée à des structures comme par exem...

Les salles indépendantes seront-elles les « dindons de la farce » numérique ?
Plaidoyer pour une diversité culturelle et un cinéma numérique durables L'exploitation cinématographique est à l'aube de changements technologiques propres à bouleverser l'équilibre de la profession, mettant en péril un nombre important de salles du parc français, et par là même la diversité cul...

Familles en danger !
La Convention Internationale des droits de l’enfant demande aux états signataires d’agir en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, dans notre pays, plusieurs pères sont en danger d’expulsion et de nombreuses familles risquent ainsi d’être brisées, au mépris des conventions intern...

CHÉRI

Stephen FREARS - Angleterre 2009 1h30mn VOSTF - avec Michelle Pfeiffer, Kathy Bates, Rupert Friend, Felicity Jones, Iben Hjejle, Frances Tomelty... Scénario de Christopher Hampton, d’après le roman de Colette.

CHÉRIOn les appelait les « grandes horizontales » et non, Stephen Frears ne signe pas ici un film sur les gymnastes ou les coureuses de 100 mètres haies, mais sur ces dames qui, témoignant elles aussi à leur manière de grandes qualités sportives, pratiquaient l’art de l’amour en professionnelles. Dans le Paris de la fin du xixe siècle, les courtisanes faisaient tourner les têtes des grands de ce monde, diplomates, ambassadeurs, hommes d’affaires, et vidaient avec élégance les comptes en banques de ces messieurs pour qui la compagnie de ces belles valait bien quelques sacrifices.
Célèbres de par le monde pour leur beauté, leur esprit, leur conversation et leur savoir-faire, ces demi-mondaines étaient au centre de la vie sociale et politique du tout Paris, la mode se faisait ou se fanait au gré de leurs toilettes, les secrets d’état s’épanchaient sur leur oreiller.
Mais quelle que soit la noblesse de leur port de tête, la beauté de leurs courbes, le brillant des diamants offerts par les amants les plus fous, l’éclat de leur jeunesse, un beau matin, n’était plus au rendez-vous. Les plus lucides d’entre elles, celles qui avaient conscience du caractère éphémère de leur outil de travail, prenaient alors retraite de leur activité et s’offraient le luxe de l’oisiveté, délice suprême de la maturité que leur permettaient des années de dur labeur et quelques judicieux placements financiers…

C’est ainsi que Léa de Lonval, courtisane aisée et somme toute heureuse, décida qu’il était temps pour elle de finir en douceur une brillante carrière et de se laisser porter par les années, sans plus craindre la fraicheur de la concurrence ni l’usure du temps sur son beau visage. Une vie saine, au rythme des saisons, au gré de ses envies, avec juste ce qu’il faut de mondanités pour se tenir informée…
Fred Peloux, lui, n’a que dix-neuf ans mais songe déjà à sa prochaine retraite. Il y a sans doute pire dans la vie que d’être le fils unique d’une ancienne courtisane et plus fatigant comme activité que de passer son temps dans les salons privés de Maxim’s, mais il se sent déjà vieux, comme s’il avait vécu mille vies, usé de partout comme s’il avait bossé au fond de la mine avec Etienne Lantier. Chéri – puisque c’est son petit surnom – est un beau gosse oisif, cynique et blasé qui n’a plus désir, ni envie, ni projet puisque l’argent lui a déjà tellement donné.
Léa, ancienne rivale de Madame Peloux mère et désormais amie de celle-ci, propose alors de prendre le jeune homme sous sa protection et de l’emmener loin du faste parisien, en Normandie « à côté de Honfleur », pour manger des fraises à la crème et se requinquer… Tout un programme. Vous vous en doutez, le jeune homme et la femme d’un âge plus avancé feront un peu plus que de goûter aux bienfaits de la cuisine normande… et toute cette affaire durera rien moins que six années. Mais l’heure du mariage arrangé avec la jeune et jolie Edmée a sonné et avec elle, celle de la séparation… Chéri n’aime pas Edmée, Edmée aime Chéri et pour la première fois, Léa se demande si Chéri ne rime pas avec « aimer »… donc catastrophe.

Dans un Paris de la belle époque reconstitué avec charme et panache, Stephen Frears signe, 20 ans après Les Liaisons dangereuses, une nouvelle adaptation littéraire française. Colette n’est pas Choderlos de Laclos : le ton est léger sans être inconsistant, sentimental sans être à l’eau de rose. Chéri est surtout porté par deux actrices magnifiques : Michelle Pfeiffer et Kathy Blates qui incarnent deux styles bien différents de courtisanes. Tendre, émouvant et souvent drôle, ce Chéri est diablement séduisant…