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UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

ROSMERTA, une belle aventure humaine à Avignon, qui continue contre vents et marées.
Suite à une réquisition citoyenne en 2018, le lieu Rosmerta est né et depuis, il donne un toit à près d’une quarantaine de jeunes mineurs isolés et des familles avec enfants en bas âge. L’association qui le gère, composée exclusivement de bénévoles, aide près de 50 personnes sans aucun soutien des p...

LES SORCIÈRES D’AKELARRE

Pablo AGÜERO - Espagne / Pays Basque 2020 1h30 VOSTF - avec Alex Brendemühl, Amaia Aberasturi, Daniel Fanego, Garazi Urkola, Yune Nogeiras... Scénario de Pablo Agüero et Katell Guillou. Récompensé par 5 Goya 2021 (l’équivalent de nos César en Espagne).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES SORCIÈRES D’AKELARRE« La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie. » Mona Chollet dans Sorcière, Ed La Découverte

Ana, Katalin et leurs amies ont la joue fraîche, le rire facile et l’œil qui brille. Elles ont quoi… quatorze, quinze ans à tout casser ? Jeunes, insouciantes, libres, elles se sont donné rendez-vous une nuit pour aller danser dans la forêt, au clair de lune, à un jet de pierre de leur village côtier, déserté par les hommes partis pour de longs mois de pêche. Une certaine idée du bonheur et de la liberté, pour des jouvencelles qui échappent pour un temps à l’autorité des pères et des maris. Mais à l’aube, des hommes en armes traquent, arrêtent et jettent au cachot Ana, Katalin et leurs amies. Ordre du Roi.

Nous sommes au début du xviie siècle. Plus précisément en 1609. L’épisode relaté évoque un fait historique bien réel : l’envoi en mission par Henri IV du magistrat Pierre de Rosteguy de Lancre, afin de « purger le pays de tous les sorciers et sorcières sous l’emprise des démons ». On rapporte en effet de nombreux faits de sorcellerie qui se commettraient en Labourd (l’actuelle région de Bayonne) et qui impliqueraient des dizaines de femmes ou filles de marins livrées à elles-mêmes (les marins basques naviguaient alors jusqu’aux confins septentrionaux de Terre Neuve). Pierre de Lancre prend sa mission très au sérieux – il n’est pas dit qu’il se laissera duper par Lucifer. Il a à sa disposition mille moyens de faire avouer les sorcières, dont évidemment la torture, dont il use avec une gourmandise suspecte. Mais surtout, au-delà des aveux, ce qu’il espère, ce qui le fascine, c’est la description détaillée du sabbat endiablé (le fameux « akelarre », en basque) au cours duquel il suspecte les filles d’avoir offert corps et âmes au Démon. Comprenant rapidement que leur cause est entendue, leur sort scellé avant d’avoir été jugées, que l’envoyé du Roi les a décidées coupables, les supposées sorcières ne voient d’issue que dans le retour des hommes, à quelques lunes de là. Jouant la montre, elles décident d’offrir à Pierre de Lancre l’objet de sa convoitise : le récit fascinant, avec moult détails, de la supposée fête orgiaque – et même, pourquoi pas, lui proposer d’y assister ?

Pablo Agüero dresse, à travers cet impeccable huis-clos carcéral, à la lisière du fantastique, un tableau esthétiquement superbe, remarquablement en phase avec l’affirmation du féminisme moderne. Les femmes aux corps jeunes et libres, dont les habits blancs et volatils sont magnifiés par les flammes, écrasent de leur vitalité les hommes d’église venus les condamner, enfermés dans leurs habits lourds et sombres, leurs secrets inavouables, leurs désirs inassouvis et leurs frustrations pathétiques.