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ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

SAS Coopérative Qui vivra Bérat
La Ménardière, sise au cœur de la commune de Bérat – à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse –, est un habitat partagé initié par les vétérans d’Utopia et un groupe de femmes et d’hommes qui ont mis en commun leurs moyens inégaux et un prêt consenti par le Crédit Coopératif qui les accomp...

MEMORIA

Écrit et réalisé par Apichatpong WEERASETHAKUL - Colombie / Thaïlande 2021 2h15 VOSTF - avec Tilda Swinton, Elkin Diaz, Jeanne Balibar, Juan Pablo Urrego, Daniel Gimenez Cacho... PRIX DU JURY, FESTIVAL DE CANNES 2021.

Du 17/11/21 au 07/12/21

MEMORIAIl y a des films que nous ne sommes pas sûrs de ne pas avoir rêvés. Ce sont peut-être les plus beaux. » Serge Daney

Le cinéma d’Apichatpong Weerasethakul ne se regarde pas, il se vit. Face à ses films, il faut accepter de s’abandonner, laisser son imagination flotter. Et il faut écouter, tendre l’oreille vers les bruits environnants de la nature et, avant tout peut-être, vers le silence. Les films du Thaïlandais ne proposent pas des récits linéaires, ils sont de véritables expériences sensorielles. Avec Tropical malady, dont la deuxième partie se déroule entièrement dans la jungle, sans paroles, le cinéaste et artiste signait en 2004 un très grand film sur la quête de soi et le rapport à notre animalité. Avec Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, il remportait en 2010 la Palme d’or cannoise avec un conte philosophique sur la vie, la mort et la réincarnation. Il nous disait alors : « Il s’agit d’illusion, de magie. Le cinéma nous emmène dans des mondes différents, il nous transporte ailleurs. On ressent au cinéma des choses qui sont difficiles à expliquer. »

Memoria, qui le voit cette fois quitter la Thaïlande pour l’Amérique du Sud, est son premier film en langue étrangère – anglais et espagnol. Tilda Swinton y incarne Jessica, une cultivatrice d’orchidées installée en Colombie. Un matin, elle est réveillée par un bruit sourd, anxiogène, qui va l’obséder au point qu’elle demandera à un ingénieur du son d’essayer de le reproduire. Ce son évoque pour elle une boule de béton tombant dans un puits métallique, et elle l’entendra régulièrement. Mais elle est la seule, les autres y semblent hermétiques. Dans  Memoria, forcément, il est question de mémoire, de souvenirs enfouis, du passé. Une anthropologue française (Jeanne Balibar) travaille sur un squelette exhumé lors du percement d’un tunnel. Il s’agit d’une femme qui a vécu il y a 6000 ans. Son crâne a été percé « pour libérer les mauvais esprits ». Jessica se sent elle aussi habitée par une force intérieure dont elle ignore la nature profonde. À défaut de jungle thaï, le dernier tiers du film se déroule dans les montagnes colombiennes. L’expatriée y rencontre un homme qui n’a jamais quitté son village, et qui semble être une porte d’entrée vers un autre monde. Memoria éclate alors dans toute sa profondeur animiste, il suffit de se laisser envahir par la lenteur et le silence pour avoir l’impression de léviter. (S. Gobbo, letemps.ch) Weerasethakul part d’un diagnostic qui lui tient à cœur  : l’être humain est connecté à l’ensemble des phénomènes qui l’entourent, la nature, les animaux et l’univers. Memoria pose même le postulat d’une mémoire universelle commune à tous les êtres vivants, passée et future. Le trajet se déroule comme prévu, le spectateur s’abandonne aux songes du cinéaste et laisse traîner son imagination vers des zones inexplorées. Le sentiment de plénitude est total, le cinéma à son nirvana.(L. Aubry, sofilm.fr)