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ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
Ça vous aura probablement échappé, mais c’est un drôle de petit vent de panique qui a soufflé cet automne sur notre merveilleuse profession. L’espace de quelques jours, le temps s’est arrêté, les respirations se sont suspendues, l’Apocalypse menaçait, la mort des cinémas français, mille fois annoncé...

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
Le béton. Des projets inutiles. La soif des promoteurs et constructeurs, au nom de la croissance, pour notre confort et notre sécurité bien sûr… surtout ceux de leurs actionnaires !La Ceinture verte d’Avignon, véritable poumon pour les quartiers Sud, est menacée depuis 25 ans par un projet de r...

SAS Coopérative Qui vivra Bérat
La Ménardière, sise au cœur de la commune de Bérat – à une quarantaine de kilomètres au sud de Toulouse –, est un habitat partagé initié par les vétérans d’Utopia et un groupe de femmes et d’hommes qui ont mis en commun leurs moyens inégaux et un prêt consenti par le Crédit Coopératif qui les accomp...

En collaboration avec Contraluz, la projection du mardi 14 décembre à 20h15 sera suivie d’une discussion avec Jordi Macarro, enseignant à l’Université de Lille, spécialiste de cinéma espagnol. Vente des places à partir du lundi 29 novembre

MADRES PARALELAS

Écrit et réalisé par Pedro ALMODOVAR - Espagne 2021 2h VOSTF - avec Pénélope Cruz, Minela Smit, Aitana Sanchez-Gijon, Israel Elejalde, Rossy de Palma... Film d’ouverture – Festival de Venise 2021.

Du 01/12/21 au 28/12/21

MADRES PARALELAS’affiche originale du film, sans doute l’avez-vous aperçue, était percutante : on y voyait le téton d’un sein encadré dans le contour d’un œil d’où perlait une goutte de lait, comme une larme… C’était beau et provocateur comme du Almodóvar, comme un tableau, une œuvre d’art qui déjà, sans l’ombre d’un visage célèbre, nous embarquait dans le mystère d’une histoire. En d’autres temps peut-être, l’affiche audacieuse aurait été choisie et nous l’aurions fièrement exposée dans le hall du ciné, à dire vrai, ça aurait eu de la gueule ! Mais les algorithmes, les remous de la toile et probablement un petit retour de morale bien pensante ont eu raison d’elle. Censurée sur un célèbre réseau social dont le nom rime avec « am stram gram », le téton a finalement laissé place à un visuel assez classe mais plus convenu, plus policé, dont on suppose que les spécialistes en marketing on estimé qu’il était plus vendeur… Dommage, dommage.



Mais s’il faut reconnaître que les temps ont changé, le cinéma d’Almodóvar, lui, n’en finit pas d’être fidèle à ses fondamentaux et à sa singularité, tout en se réinventant en permanence. Ce nouveau film embrasse deux de ses thèmes de prédilection : la maternité et l’histoire de son pays. Dans un ballet gracieux dont il maîtrise en virtuose la chorégraphie (et la fascination commence, comme toujours, dès le générique de début), Pedro Almodóvar signe un nouveau mélo flamboyant, qui se dévoile à nos yeux, nos cœurs et nos âmes dans un écrin coloré où chaque objet a sa place, au millimètre près. Cela pourrait paraître un peu trop précieux et artificiel chez d’autres mais chez lui, ça sonne tout simplement juste tant le fond est indissociable de ce formalisme magnifique.
Tout commence dans une chambre d’hôpital. Janis et Ana, enceintes jusqu’aux dents, partagent la même chambre. Leur gros ventre est bien leur seul trait commun… Janis aborde fièrement et avec joie sa maternité tardive et possède l’assurance de la femme de caractère qu’elle est. Ana quant à elle est une adolescence terrifiée et perdue… Toutes les deux vont accoucher sans la présence du père des bébés… Leurs filles nées, elles échangent leurs numéros de portable, se promettant de rester en contact, de se revoir… mais déjà l’appel de cette nouvelle vie est puissant, et chacune retourne dans le tumulte de sa propre existence : la photographie pour Janis, une vie oisive et bourgeoise pour Ana. Le hasard, mais on sait qu’il n’existe pas, place quelques mois plus tard l’une sur le chemin de l’autre…
Le verbe Almodóvar se conjugue au féminin, au désir, au secret de famille et au passé (re)composé. Celui d’Ana est hanté par l’expérience douloureuse d’une soirée de beuverie qui a mal tourné et l’absence d’une mère qui a privilégié sa carrière de comédienne. Celui de Janis est peuplé de figures féminines fortes qui ont grandi à l’ombre de fantômes, ceux des pères et maris disparus durant la guerre civile.

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