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ÉDITO : LE JEU DU CALAMAR
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Montpellier. Strasbourg. Gonesse. Avignon. Quel point commun entre ces villes et tant d’autres ?
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La séance du mardi 7 décembre à 20h30 sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Simone Bitton.

ZIYARA

Simone BITTON - France / Maroc 2021 1h40 VOSTF -

Du 01/12/21 au 14/12/21

ZIYARAIl y a des chemins dont on ne soupçonne pas l’existence, et c’est à leur découverte que nous entraîne le film passionnant de Simone Bitton.
C’est sur la trace des Saints que démarre le parcours. La ziyara est un pèlerinage au cours duquel on voyage de Saints en Saints, de lieux en lieux, ceux ici de la culture juive du Maroc : des cimetières, des synagogues, des sanctuaires mais aussi des lieux profanes où vivaient les Juifs avant l’exode massif du milieu du siècle dernier, avant que le pays ne se retrouve exsangue d’une partie de sa population et de son identité.

Simone Bitton, réalisatrice juive marocaine, décide de se pencher sur son histoire et de répondre au besoin impérieux de se raconter elle-même ainsi que ceux qu’elle va filmer au Maroc. Elle est une « revenante » qui foule de nouveau la terre de son pays natal et qui va à la rencontre des Musulmans, restés sur place et devenus les gardiens à la fois des lieux autrefois occupés par les Juifs qui sont partis et de la mémoire de cette culture religieuse, la mémoire des Saints partagés par les deux religions.
Ce sont ici les Musulmans qui s’expriment, qui disent leur sentiment de perte, leur regret de ne pas avoir su garder la composante juive de leur société. L’un des témoins parle d’amputation, un autre se demande ce que le Maroc serait devenu si les Juifs étaient restés, un troisième, pourtant jovial, est tout d’un coup étranglé par l’émotion, ne trouve pas ses mots et ne réussit pas à retenir ses larmes. Tout cela, qui est très sensible au Maroc, dessine un sentiment collectif de gâchis historique.
Simone Bitton sonde et raconte, par l’image et le son, les relations entre Juifs et Arabes. Sa voix est celle d’une personne en voyage, qui salue et qui mène la conversation, la voix d’une visiteuse que l’on guide et qui à son tour nous guide. La caméra filme ce que Simone voit, filme ceux avec qui elle passe un moment. Travail qu’elle a déjà effectué déjà et surtout en Palestine et en Israël au travers de ces films précédents : Mur (où une voix qui parlait tantôt en hébreu et tantôt en arabe laissait un doute sur son identité et se mettait au centre des contradictions pour recueillir la complexité de la relation entre Israéliens et Palestiniens) et Rachel (enquête sur les circonstances de la mort de Rachel Corrie, militante pacifiste écrasée par un bulldozer, qui interroge sa vie, donne à comprendre les raisons de son engagement à travers ses écrits, sa famille, ses amis, les témoins du drame…).

Simone Bitton a donc souvent filmé le pire et nous donne aujourd’hui ce qui relève du meilleur, au-delà des stéréotypes de ce qu’on nous donne à voir de l’histoire des Juifs et des Arabes. C’est un film de réhabilitation de l’islam populaire tout autant que du judaïsme populaire, une parole de compréhension, de proximité, d’amitié, dont on a terriblement besoin aujourd’hui. C’est un film de consolation, de réconfort où l’on voit des Musulmans qui pleurent les Juifs qui sont partis. Et dans un monde où nous nous prenons de plein fouet l’antisémitisme, l’islamophobie, le racisme, la haine de l’autre, c’est un film qui nous réconcilie avec une certaine idée de la fraternité humaine et ça fait un bien fou.