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UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

ROSMERTA, une belle aventure humaine à Avignon, qui continue contre vents et marées.
Suite à une réquisition citoyenne en 2018, le lieu Rosmerta est né et depuis, il donne un toit à près d’une quarantaine de jeunes mineurs isolés et des familles avec enfants en bas âge. L’association qui le gère, composée exclusivement de bénévoles, aide près de 50 personnes sans aucun soutien des p...

NEXT DOOR

Daniel BRÜHL - Allemagne 2021 1h32 VOSTF - avec Daniel Brühl, Peter Kurth, Rike Eckermann, Aenne Scharz... Scénario de Daniel Kehlmann.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NEXT DOORIl a fière allure, Daniel, devant sa glace. Rasé de près, sourire enjôleur, chevelure très légèrement gominée, il semble demander à ce beau gosse qui lui fait face : « Hé mec ! mais quel est donc le secret de ton succès, de ta forme, comment se prénomme ta bonne fée ? ». Tout en effet paraît réussir à ce talentueux comédien allemand : une carrière internationale, une femme forcément belle et amoureuse, des enfants pleins de vie, un duplex dans un quartier branché de Berlin et une nounou à plein temps pour soulager cette belle petite famille chic.
On a beau le reconnaître dans la rue (il adore ça), il a beau signer des autographes et se prêter volontiers à l’insupportable petit jeu des selfies, il est resté finalement un garçon simple. Quand on le voit à la télévision, sur grand écran ou si on a la chance de le croiser en vrai, pour sûr qu’on se dit que le succès ne lui est pas monté à la tête.
C’est donc tout à fait confiant, fort de toute cette belle énergie que Daniel quitte femme, enfant, nonou et appartement pour se rendre à l’aéroport, direction Londres. Il est néanmoins quelque peu tendu car le casting qu’il doit passer n’est pas tout à fait anodin : il s’agit d’une superproduction hollywoodienne et c’est un rôle tout ce qu’il y a de plus sérieux, un premier et pas des moindres : super héros.
Comme c’est un garçon extrêmement prudent, il a pris pas mal d’avance sur son timing et décide donc de pousser les portes du petit troquet du coin pour prendre un dernier café et répéter une dernière fois son rôle. En bon citoyen qui n’a pas oublié ses origines, il y a parfois ses habitudes et même si le bistrot semble être resté bloqué à la présidence de Walter Ulbricht, l’endroit a un charme désuet. Très très mauvaise idée.
Car il n’est pas seul. Un certain Bruno est attablé et il a déjà avalé quelques pintes.
Au début, il lui demande un simple autographe… au début seulement. Le Bruno en question est un gros balèze qui ne se laisse pas impressionner par grand chose, et certainement pas par la notoriété de ce petit mec bien propre sur lui dont il connaît toute la filmographie.
Qui est Bruno ? Un comédien raté qui veut prendre sa revanche sur une vie minable ? Un ancien agent de la STASI ? Un simple pilier de bar ou un gars du voisinage ?
Vous le révéler ne serait vraiment pas sympa tant le charme et l’efficacité dramatique de Next door repose entièrement sur la confrontation de ces deux-là.
Pour sa première réalisation, Daniel Brühl revisite le genre du Kammerspiel (« technique dramatique propre au cinéma et au théâtre allemand des années 1920, visant à créer un naturalisme intimiste et dépouillé » : vous ne connaissiez pas ce mot, moi non plus, je vous rassure, comme quoi on en apprend tous les jours en lisant la gazette).
En se mettant en scène, l’acteur fait preuve de beaucoup d’auto-dérision et n’épargne pas son alter ego, comédien vaniteux faussement modeste qui tombe peu à peu de son piédestal. Ce huis-clos très efficace joue aussi sur le physique très dissemblable des deux personnages, sur la fausse modestie de l’un, qui a intériorisé la superficiliaté du showbiz, et l’orgueil blessé de l’autre, éternel « ossi ». Une vraie réussite.