LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Ma classe au cinéma
ENSEIGNANTS, ENSEIGNANTES, vous pouvez d’ores et déjà inscrire votre classe pour le parcours Ma classe au cinéma, proposé aux élèves de la maternelle à la terminale. Ce programme propose aux élèves de découvrir des œuvres cinématographiques en salle et de se constituer ainsi, grâce au...

123 soleil, des nouvelles !
Cette association est née il y a 5 ans autour d’une table du café d’Utopia avec l’idée de créer des rencontres entre des jeunes migrants nouvellement arrivés à Avignon et des autochtones, spectateurs d’Utopia essentiellement. La recette : un dimanche, de préférence ensoleillé, un...

DOUCES TERRES
Partout en Vaucluse des collectifs osent défier les décideurs, industriels, présidents d’interco, aménageurs et même l’État, contre la bétonisation des terres agricoles et naturelles. Ils remettent en cause l’aménagement du territoire qui contient trop de projets écocides.Ils se battent, avec leurs ...

SOLIDARITE UKRAINE : LE FRANÇAIS LANGUE DU CŒUR.
Aux images insoutenables qui nous parviennent d’Ukraine s’ajoutent l’exil et l’afflux d’une population traumatisée qui fuit les horreurs de la guerre. Des centaines de réfugiés sont attendus dans notre département et la qualité de l’accueil signifie aussi de leur apporter une bonne maîtrise des base...

EN CORPS

Cédric KLAPISCH - France 2022 2h - avec Marion Barbeau (première danseuse de l’Opéra de Paris), Hofesh Shechter, Denis Podalydès, Pio Marmaï, Muriel Robin, François Civil, Souheila Yacoub… et avec les danseuses et danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris et de la compagnie d’Ho... Scénario de Cédric Klapisch et Santiago Amigorena.

Du 30/03/22 au 19/06/22

EN CORPSTout commence dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Le rideau de velours rouge est encore baissé, la tension est palpable, les danseurs se consacrent à leurs derniers mouvements d’échauffement. Élise est là, nerveuse plus que tout autre puisqu’elle est au cœur de ce ballet, jeune étoile de La Bayadère, pièce jouée depuis tant d’années dans ce lieu mythique et prestigieux de la danse classique. La lumière s’estompe, viennent les premières notes, les premières pointes…
Ces dix premières minutes de En corps, générique extrêmement soigné inclus, sont époustouflantes et nous rappellent à quel point la magie du cinéma n’est pas un vain mot : nous sommes immédiatement sous le charme. Il y a quelque chose de spécial, dans ce film de Cédric Klapisch. Certes on retrouve les codes de son cinéma : une joie sincère, un humour toujours vivifiant et cette manière de raconter les histoires d’amour de la jeunesse avec une fraîcheur intacte (et pourtant, L’Auberge espagnole, c’était il y a vingt ans !). Mais une maîtrise, une profondeur nouvelles viennent ici parfaire le tableau, donnant à son quatorzième long métrage une envergure, une ampleur qui nous emportent. En corps est un magnifique hymne d’amour à la danse et montre que l’art sous toutes ses formes, quand il se vit avec sincérité, que l’on en soit acteur (comme Élise), ou heureux spectateur (comme le personnage interprété par Muriel Robin) nous élève, nous nourrit et nous relie au monde.



Ce n’est pas la première fois que Cédric Klapisch filme la danse : il avait déjà consacré un documentaire à la danseuse étoile Aurélie Dupont en 2010 et signé en avril 2020 un court-métrage, Dire merci, réalisé avec les danseuses et danseurs du Ballet de l’Opéra National de Paris pendant le confinement (à découvrir absolument). Mais En corps est sa première tentative de transmettre sa passion à travers une fiction, en mêlant acteurs et danseurs professionnels (comme Marion Barbeau, qui se révèle excellente comédienne), et c’est une totale réussite.

Mais retrouvons Élise… Elle se blesse gravement lors de son entrée en scène dans La Bayadère et ne pourra plus danser, pendant plusieurs mois… Mais un mois, c’est mille ans pour elle qui a consacré sa jeune existence au ballet. Elle ne sait rien faire d’autre que danser, comment alors envisager une autre vie, loin des parquets de l’Opéra de Paris ? Son père, quinqua râleur et maladroit (Denis Podalydès) le lui avait bien dit : elle aurait dû faire son droit, comme lui, pour avoir « un vrai métier ». Pour parvenir au sommet de son art, Élise, bien plus que de talent et de grâce, a dû faire preuve d’une détermination sans faille. Aujourd’hui, elle va devoir renouer avec cette force de caractère qui lui a permis, petite fille, de quitter son foyer pour intégrer l’école de danse de l’Opéra. Son corps, son meilleur allié, l’a trahie ? Qu’à cela ne tienne, elle va le dompter à nouveau, à sa manière, à son rythme, convaincue que danser est sa raison d’être.

Par le hasard d’un food-truck et d’une résidence d’artistes en Bretagne, elle va rencontrer une troupe de danse contemporaine. Elle qui connaissait la sensation de légèreté des entrechats et des pirouettes, la délicatesse aérienne d’une pointe, va découvrir le rythme saccadé des pieds frappant le sol comme s’ils voulaient posséder la Terre, cette force brute des corps qui s’appellent et se répondent. Qu’importe alors le style, la musique et la tenue vestimentaire pourvu qu’il y ait l’envie, la vie, le mouvement encore et toujours.