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SOLIDARITE UKRAINE : LE FRANÇAIS LANGUE DU CŒUR.
Aux images insoutenables qui nous parviennent d’Ukraine s’ajoutent l’exil et l’afflux d’une population traumatisée qui fuit les horreurs de la guerre. Des centaines de réfugiés sont attendus dans notre département et la qualité de l’accueil signifie aussi de leur apporter une bonne maîtrise des base...

Vous pouvez écouter l'interview de Bouli LANNERS, metteur en scène du film L’OMBRE D’UN MENSONGE sur le site de Michel Flandrin, en cliquant ici : Bouli LANNERS

L’OMBRE D’UN MENSONGE

Écrit et réalisé par Bouli LANNERS - France / GB 2021 1h39 VOSTF - avec Bouli Lanners, Michelle Fairley, Andrew Still, Julian Glover, Clovis Cornillac...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’OMBRE D’UN MENSONGEUne lande organique qui se moque bien des morsures du vent. Des étendues herbeuses brûlées par le sel des embruns. Et, par dessus tout ça, l’accent écossais qui nous balade. Le ton est donné et il va rompre avec celui des précédents films de Bouli Lanners, tout en restant fondamentalement le sien. Comme toujours, ces grands espaces d’une foudroyante beauté qui ramènent l’humain le plus sûr de lui à un peu d’humilité. Comme toujours cette tendresse qui abreuve chaque prise de vue, chaque rencontre. Comme toujours cette même bienveillance à voir le beau sous le laid, la noblesse d’âme sous les corps trapus, le gracieux dans les gueules burinées par la vie. Mais dans cette île où nul ne peut échapper longtemps au regard des autres, ni au sien propre, le réalisateur – qu’on aime autant que l’acteur – laisse tomber les masques protecteurs, se départit de son armure d’humour sombre et baroque pour ne laisser place qu’à la fragile pudeur, à l’indicible. Le fil est ténu mais il nous tient pourtant en haleine, nous prend, nous captive, par les sentiments.



« Parce que ça a toujours été ainsi, ce le sera toujours » semble être la devise qui empêche de rêver plus loin que l’Île de Lewis. Englués dans la tourbe et les traditions séculaires, héritiers de la maladresse et des non-dits de leurs aînés, empesés dans leurs airs sévères, ces presbytériens hors du temps survivent au rythme du balancier des habitudes. Pas de plage le dimanche, seulement la messe pour laquelle les femmes, drapées dans leur dignité, se coiffent de chapeaux aussi sombres que le cafard. Millie est de celles-là. Respectée, secrètement raillée : une femme sans homme ne peut qu’avoir un cœur de glace… Pourtant entre deux verres de bière, qu’il apprécie plus que les coutumes locales, on comprendra que Phil n’est pas insensible à son charme discret, même s’il n’est pas du style à l’avouer. D’ailleurs, terrassé par un AVC, il n’en aura pas le temps. Voilà Millie plus troublée par cet accident qu’elle ne devrait l’être…
Phil revient à lui, il est ramené dans son antre solitaire, en ayant perdu la mémoire, s’étonnant de tout et surtout de qui il est. « Phil », « Philippe Aubain », pas vraiment un nom du cru. Mais que fait-il ici ? Étranger sur cette île autant qu’étranger à lui-même. Dans ce vide une main, une seule main, se tend, celle de Millie qui va semer le doute, prendre ingénument une place nouvelle dans le quotidien de ce quinquagénaire presque neuf, lavé de ses souvenirs, qui affronte les épreuves avec une philosophie joviale, une bonhommie communicative. La connaissait-il avant ? Quelle était la nature de leur relation ? Cet accident serait-il une seconde chance ?

D’une maîtrise impressionnante, L’Ombre d’un mensonge procède, comme ses personnages, par touches subtiles et discrètes. Bouli Lanners et Michelle Fairley, qui interprètent magistralement les rôles principaux, ont remporté le double prix d’interprétation au Festival de Chicago.

Vous pourrez retrouver l’interview du réalisateur sur le site de Michel Flandrin