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Ma classe au cinéma
ENSEIGNANTS, ENSEIGNANTES, vous pouvez d’ores et déjà inscrire votre classe pour le parcours Ma classe au cinéma, proposé aux élèves de la maternelle à la terminale. Ce programme propose aux élèves de découvrir des œuvres cinématographiques en salle et de se constituer ainsi, grâce au...

123 soleil, des nouvelles !
Cette association est née il y a 5 ans autour d’une table du café d’Utopia avec l’idée de créer des rencontres entre des jeunes migrants nouvellement arrivés à Avignon et des autochtones, spectateurs d’Utopia essentiellement. La recette : un dimanche, de préférence ensoleillé, un...

DOUCES TERRES
Partout en Vaucluse des collectifs osent défier les décideurs, industriels, présidents d’interco, aménageurs et même l’État, contre la bétonisation des terres agricoles et naturelles. Ils remettent en cause l’aménagement du territoire qui contient trop de projets écocides.Ils se battent, avec leurs ...

SOLIDARITE UKRAINE : LE FRANÇAIS LANGUE DU CŒUR.
Aux images insoutenables qui nous parviennent d’Ukraine s’ajoutent l’exil et l’afflux d’une population traumatisée qui fuit les horreurs de la guerre. Des centaines de réfugiés sont attendus dans notre département et la qualité de l’accueil signifie aussi de leur apporter une bonne maîtrise des base...

LA COLLINE OÙ RUGISSENT LES LIONNES

Écrit et réalisé par Luàna BAJRAMI - Kosovo 2021 1h24VOSTF - avec Flaka Latifi, Uratë Shabani, Era Balaj, Andi Bajgora, Luàna Bajrami...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA COLLINE OÙ RUGISSENT  LES LIONNESLa Colline où rugissent les lionnes est le premier film kosovar programmé à Utopia ! La filmographie de ce pays est peu prolixe et pour cause : le minuscule Kosovo, enclavé dans les Balkans, n’existe que depuis 2008 et encore, il peine à compter comme tel puisqu’à l’heure qu’il est, ni l’ONU ni l’UE ne reconnaissent sa souveraineté.



Trois amies, encore un pied dans l’adolescence, trainent des après-midi entiers sur une colline ou dans les lieux défraîchis de leur village, dans une douce lumière de fin d’été. Bien plus qu’elles ne trompent l’ennui, elles fuient leur environnement familial à la faveur de leur belle et solide amitié. Car ici la loi du patriarcat frappe fort, en toute impunité. Ensemble elles rêvent alors d’un futur autre que celui auquel la communauté les assigne.
Pour enclencher ce futur, la première étape est déjà toute trouvée : être acceptées à l’université. Aller dans la ville, là-bas, pour étudier. Mais, comme souvent, la reproduction sociale sévit et on ne franchit pas si facilement les frontières, réelles comme symboliques : circonscrites à leur village et étouffées dans leurs ambitions, les trois jeunes filles, à l’image de leur pays, souffrent de ce besoin vital d’indépendance et de reconnaissance que le monde entier leur refuse.
Lorsque pour la deuxième année consécutive elles se voient éconduites des bancs de la faculté, un violent sentiment d’injustice les dévore et les fait rugir. Ni les institutions ni la famille ne les soutiennent dans leur désir d’émancipation ? Qu’à cela ne tienne, elles trouveront le moyen d’élargir leur horizon, et arracheront comme elles le peuvent ce que la société leur refuse. Et s’il faut une voiture et de l’argent, elles se débrouilleront pour en trouver.

Le film est une ode, sans doute un peu naïve, à la soif de liberté, à cette rage que peut nourrir et exprimer la jeunesse. Et à cette certitude inébranlable qu’on s’en sortira ensemble sinon rien. L’université, elles n’imaginaient pas y être admises autrement que toutes les trois. Quant à leur casse et leur voyage initiatique, c’est évidemment unies qu’elles les feront. Pour autant elles ne sont pas obtuses ni exclusives, et c’est tout naturellement que le petit ami de l’une d’elles intègrera leur bande, incarnant à lui seul l’espoir d’un devenir masculin indispensable et nécessaire, à savoir non dominant.
Et puis il y a le contrepoint de Léna, une fille de leur âge émigrée en France mais revenant pour les vacances au village (l’alter-ego de notre réalisatrice). Salutaire bien que difficilement acceptée, elle incarne la désillusion de ce que peut représenter pour cette jeunesse les modes de vie idéalisés des pays surdéveloppés.

La réalisatrice (qu’on a appréciée actrice dans Portrait de la jeune fille en feu ou Ibrahim, entre autres), à peine plus vieille que son pays d’origine (20 ans au moment du tournage), nous offre un premier film à la fois frais, sombre et dynamique qui tapera juste dans les cœurs révoltés de l’universelle – et éternelle – jeunesse.
Et puisqu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, nous programmerons bientôt un deuxième film kosovar, La Ruche, également réalisé par une femme. Il s’agira à nouveau de s’émanciper de la violence du patriarcat et du contrôle social : nous suivrons la ténacité d’une femme qui entreprend de monter sa propre activité, en dépit de tous les obstacles et du qu’en dira-t-on, pour subvenir aux besoins de son foyer qu’elle est contrainte d’assumer seule depuis la guerre. Un récit poignant, un portrait héroïque, et humble.