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Ma classe au cinéma
ENSEIGNANTS, ENSEIGNANTES, vous pouvez d’ores et déjà inscrire votre classe pour le parcours Ma classe au cinéma, proposé aux élèves de la maternelle à la terminale. Ce programme propose aux élèves de découvrir des œuvres cinématographiques en salle et de se constituer ainsi, grâce au...

123 soleil, des nouvelles !
Cette association est née il y a 5 ans autour d’une table du café d’Utopia avec l’idée de créer des rencontres entre des jeunes migrants nouvellement arrivés à Avignon et des autochtones, spectateurs d’Utopia essentiellement. La recette : un dimanche, de préférence ensoleillé, un...

DOUCES TERRES
Partout en Vaucluse des collectifs osent défier les décideurs, industriels, présidents d’interco, aménageurs et même l’État, contre la bétonisation des terres agricoles et naturelles. Ils remettent en cause l’aménagement du territoire qui contient trop de projets écocides.Ils se battent, avec leurs ...

SOLIDARITE UKRAINE : LE FRANÇAIS LANGUE DU CŒUR.
Aux images insoutenables qui nous parviennent d’Ukraine s’ajoutent l’exil et l’afflux d’une population traumatisée qui fuit les horreurs de la guerre. Des centaines de réfugiés sont attendus dans notre département et la qualité de l’accueil signifie aussi de leur apporter une bonne maîtrise des base...

KARNAWAL

Écrit et réalisé par Juan Pablo FÉLIX - Argentine 2021 1h38 VOSTF - avec Martin Lopez Lacci, Alfredo Castro, Diego Cremonesi, Monica Lairana...

Du 11/05/22 au 31/05/22

KARNAWALC’est un premier film d’une densité impressionnante, inclassable, qui épouse plusieurs genres avec brio. Road movie initiatique, thriller, film de gangsters, drame familial, film musical… ? Qu’importe ! Il nous entraîne à bout de souffle, et sans jamais se laisser aller à la facilité, au déjà vu, dans les pas d’un adolescent qui ne vit que pour la danse, comme une échappatoire à l’enfance, à un avenir et à un milieu social prédestinés.

Imaginons, pris dans la même tornade, un flic et un taulard en liberté conditionnelle amoureux de la même femme, flanqués d’un jeune qui ne pense qu’à danser. Un quatuor aussi détonnant que l’étonnante partition qui en découle. Monica Laraina dans le rôle de la mère, Rosario, est impressionnante de retenue et son amant au regard métallique, Eusebio, tout strict qu’il est, va vite s’avérer moins buté que « El Corto », le père aux longs cheveux, tellement charismatique, aussi solaire que toxique, interprété par l’extraordinaire Alfredo Castro. Le jeune Cabra est interprété par un acteur non professionnel, Martin Lopez Lacci, champion national de Malambo, mais c’est impossible de le deviner tant sa présence est puissante à l’écran, nous atomise littéralement.

Cabra est le premier que l’on découvre, en train d’accepter un deal étrange, de façon complètement inconsidérée et naïve, sans y être préparé et sans en mesurer les conséquences. Ici, dans la Quebrada de Humahuaca, au nord de l’Argentine, on est si près de la Bolivie que traverser la frontière est un jeu d’enfant, ou le serait s’il n’y avait la police qui veille au grain. Car bien sûr c’est un lieu de trafic en tous genres et ceux qui essaient de passer de menus objets en douce sont si nombreux que les autorités sont sur les dents, et peu tendres. Il s’en faudra de peu pour que Cabra ne se fasse pincer avec le mystérieux colis que ses copains lui ont confié. Dans un sens, vu la suite de l’histoire, il aurait peut-être mieux valu, mais pour l’heure notre novice s’avère très réactif et accomplit sa mission à la perfection. Le voilà possesseur d’un petit magot aussitôt dépensé dans l’achat d’une magnifique paire de bottes… pour danser ! Car en vérité, il n’y a que cela qui semble compter, comme un phare dans la nuit qui guide les êtres en perdition. Cabra vole plus qu’il ne court à la prochaine répétition, se sentant enfin prêt à affronter la compétition. Et nul désormais ne pourra l’empêcher de tracer sa route. Du moins le croit-il…

C’est compter sans la petite mafia à laquelle il a eu à faire et qui en redemande. Cabra vient de mettre le doigt dans un dangereux engrenage, dans lequel il va entraîner, à son corps défendant, mère, père et beau-père… Et tout va devenir à la fois palpitant et trépidant, comme les claquements des bottes sur la scène de danse. Car le Malambo est une danse tonique, issue des « gauchos », les gardiens de bétail de la pampa, et imite le pas et les galops des chevaux. Une tradition organique comme l’est le Carnaval, mot qui tire ses racines du terme latin « carnelevare », un mot composé de « carne », la viande, et de « levare », enlever, qui fait ainsi référence au moment où cesse le jeûne du Carême durant lequel il est interdit de consommer de la viande. « La vida es un carnaval » chantait Célia Cruz pour inciter à la prendre ainsi, à profiter de l’instant présent, des moments de vache grasse et de liesse. Une vie que Cabra est bien décidé à mordre à pleines dents, coûte que coûte.