LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Ma classe au cinéma
ENSEIGNANTS, ENSEIGNANTES, vous pouvez d’ores et déjà inscrire votre classe pour le parcours Ma classe au cinéma, proposé aux élèves de la maternelle à la terminale. Ce programme propose aux élèves de découvrir des œuvres cinématographiques en salle et de se constituer ainsi, grâce au...

123 soleil, des nouvelles !
Cette association est née il y a 5 ans autour d’une table du café d’Utopia avec l’idée de créer des rencontres entre des jeunes migrants nouvellement arrivés à Avignon et des autochtones, spectateurs d’Utopia essentiellement. La recette : un dimanche, de préférence ensoleillé, un...

DOUCES TERRES
Partout en Vaucluse des collectifs osent défier les décideurs, industriels, présidents d’interco, aménageurs et même l’État, contre la bétonisation des terres agricoles et naturelles. Ils remettent en cause l’aménagement du territoire qui contient trop de projets écocides.Ils se battent, avec leurs ...

SOLIDARITE UKRAINE : LE FRANÇAIS LANGUE DU CŒUR.
Aux images insoutenables qui nous parviennent d’Ukraine s’ajoutent l’exil et l’afflux d’une population traumatisée qui fuit les horreurs de la guerre. Des centaines de réfugiés sont attendus dans notre département et la qualité de l’accueil signifie aussi de leur apporter une bonne maîtrise des base...

LES PASSAGERS DE LA NUIT

Mikhaël HERS - France 2022 1h51 - avec Charlotte Gainsbourg, Quito Rayon Richter, Noée Abita, Megan Northam, Emmanuelle Béart, Didier Sandre, Laurent Poitrenaux...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES PASSAGERS DE LA NUITIl y a de la liesse dans l’air, c’est un printemps béni lors duquel une partie de la France se sent sauvée par l’Homme à la rose. Nous sommes en mai 1981 et une effervescence palpable remplit nombre de cœurs d’espérance… Par petites touches sensibles et formidablement justes, Mikhaël Hers nous (re)plonge sensuellement dans toute une époque, sa consistance. Délicatement, il maîtrise à la perfection ses effets, ne laisse rien au hasard. Le grain du film, ses décors, son ambiance sonore, le phrasé des acteurs, tous ces détails intimes, que l’on devine parfois plus qu’ils ne se montrent, nous immergent totalement dans les années 80 morcelées entre tant de styles opposés, en décadence ou en émergence, disco, punk, funk, musiques dites de variété, chansons à textes et j’en passe… qui font oublier l’actualité brûlante bien que lointaine des guerres, celle des Malouines, celle entre l’Iran et l’Irak, celle du Liban… les catastrophes de Bhopal, Tchernobyl… Et puis l’avènement d’un certain petit virus qui monte qui monte et va décimer les beaux restes des années sex, drugs & rock’n’roll.



Dans sa tour qui surplombe le rutilant quinzième arrondissement de Paris, la discrète Élisabeth (incroyable, irradiante Charlotte Gainsbourg !) semble planer au-dessus de tout ça. On la découvre secouée de sanglots silencieux, se souciant peu de son ego, de son image. Mais nul pathos là-dedans, pas plus que de nostalgie. L’histoire est des plus banales : son mari l’a quittée et elle se retrouve plantée là, entre deux grands enfants presque adultes et quatre murs d’un appartement élégant. Immuablement à sa place, comme elle l’a toujours été, sans regrets exubérants et sans se demander ce qu’elle aurait pu faire d’autre de son existence, ni d’ailleurs que son entourage se pose la question. La première réaction étonnée de tous, quand elle manifestera son désir de trouver un travail, confinera à la raillerie. Mais bientôt chacun se reprendra face à une situation pas si simple : un bas de laine qui s’amenuise, l’homme qui fut celui d’une vie et qui ne répond plus aux appels. Tout cela élégamment évoqué en filigrane, l’essentiel restant l’atmosphère de ces temps bénis où la radio, dans un élan d’empathie, laissait aux auditeurs la place d’exister, quand des voix enfumées savaient écouter celles des sans-sommeil, des sans-nom, des esseulés de la vie… À force de les écouter, Élisabeth s’enhardira à faire un pas intimidé vers la maison de la radio près de chez elle et plus spécialement à aller rencontrer Vanda Dorval (Emmanuelle Béart dont la suave tessiture évoque tout aussi bien, pour ceux qui les ont entendues, celles d’une Macha Béranger ou d’un Jean-Charles Aschero, deux animateurs d’alors).
Il est doux de se rappeler que les premières fois ne sont pas l’exclusivité de l’adolescence. Celles d’Élisabeth, qui cherche à rebondir, font écho à celles de ces propres enfants, qui aspirent à prendre leur envol. Histoires parallèles d’éducation sentimentale et d’émancipation…
Cette saga familiale sans heurts et sans reproches, qui captive grâce à la maestria du réalisateur et à celle des acteurs, va être doucement bouleversée par l’arrivée d’une passagère de la nuit aux grands yeux de fausse innocence, Talulha (Noé Abita, qui une fois de plus transperce l’écran)…
Un hymne gracieux à la bienveillance, d’un charme fou, aussi beau qu’un couplet d’Anne Sylvestre : « J’aime les gens qui doutent… j’aime les gens qui tremblent… »