LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

SOUTENIR LA CULTURE AU LIBAN
Les bibliothèques publiques de Beyrouth jouent un rôle important dans la diffusion gratuite de la culture et de l’Art auprès de tous les publics, sans aucune distinction de sexe, d’origine ou de croyance. Ce sont des lieux de laïcité, d’égalité et de tolérance. Leur place est primordiale dans l...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

LES GOÛTS ET LES COULEURS

Michel LECLERC - France 2022 1h50 - avec Rebecca Marder, Félix Moati, Judith Chemla, Philippe Rebbot, François Morel... Scénario de Michel Leclerc et Baya Kasmi.

Du 22/06/22 au 26/07/22

LES GOÛTS ET LES COULEURSLes couleurs des uns, le goût des autres, pas la peine d’avoir fait socio pour comprendre que c’est le fruit d’une éducation, d’une culture, d’une classe sociale, d’une histoire particulière – qui en définitive nous fait mal juger par l’autre, de l’autre bord. Même si cet autre, indubitablement, nous plairait plutôt. Par exemple Marcia : à pas 25 ans, cette encore presque gamine taquine la chansonnette avec talent et a déjà connu un petit succès d’estime. Juste suffisant pour lui valoir occasionnellement les honneurs des télés. Marcia, intermittente somme toute heureuse, aligne les dates de concerts, vit sa bohème parisienne dans une péniche amarrée sur un quai de Seine, avec sa compagne, plasticienne prometteuse. Cultivée, talentueuse, Marcia ne roule pas sur l’or mais profite de la vie qu’elle s’est choisie. La chance souriant aux audacieuses, elle s’est discrètement coulée dans l’intimité d’une ancienne chanteuse, Daredjane, qui a enchaîné les succès et surfé sur les modes des décennies durant avant de tomber dans l’oubli. L’enthousiasme de la jeunette convainc l’ex-star des 80’s d’enregistrer, dans son appartement, quelques nouvelles chansons qu’elles écrivent ensemble – et Marcia, malgré les réticences de son impresario, se fait fort de mettre à profit sa notoriété naissante pour ressusciter la carrière de l’idole devenue son amie.



La disparition soudaine de Daredjane met un coup d’arrêt brutal à ce rêve éveillé. Pire : pour pouvoir espérer produire et faire connaître le fruit de leur travail commun, Marcia doit obtenir l’aval de l’ayant-droit de la chanteuse. Lequel se trouve être un lointain neveu, Anthony, issu d’une famille avec laquelle Daredjane avait plus que brutalement coupé les ponts : non seulement il a cultivé le profond ressentiment familial vis-à-vis de la chanteuse, mais il évolue dans un monde, social, culturel, aux antipodes de celui de Marcia. Sans surprise, elle est pour lui l’achétype de la bobo parisienne, il est pour elle la représentation ultime du beauf de banlieue. Mais elle a besoin de lui, tandis que lui se fiche comme d’une guigne de ses projets artistiques et des refrains sophistiqués qu’on lui présente comme des chef-d’œuvres indépassables. À la rigueur, l’appât du gain pourrait avoir raison de sa décision de liquider définitivement l’héritage…

Les petites luttes des classes du quotidien, les petits arrangements qu’il convient de trouver pour mettre à bas les préjugés, tisser un lien généreux de « vivre ensemble », c’est depuis Le Nom des gens le fil rouge des films de Michel Leclerc. Le mépris instinctif et réciproque qui oppose Marcia et Anthony (Rebecca Marder et Félix Moati, épatants !) se délite au fur et à mesure que, passées les premières escarmouches, mis de côté le dédain initial, la nécessité de se parler et de s’écouter s’impose à eux. Elle pour vivre son aventure artistique, lui parce que l’héritage inattendu qu’il accepte implique de comprendre la valeur de ce qu’il a entre les mains. L’ombre bienveillante de Daredjane les enveloppe, les fait revenir sans cesse sur sa carrière, son histoire et ses secrets… À chacun, un monde inconnu est soudain ouvert, qui ouvre tout droit le chemin vers la romance. Mais ce serait trop simple, Michel Leclerc et sa co-scénariste, plus malins que ça, réservent d’autres soubresauts à leur aventure…