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MAGDALA

Damien MANIVEL - France 2022 1h18 - avec Elsa Wollisaston, Aimie Lombard, Olga Mouak, Saphir Shraga... Scénario de Damien Manivel et Julien Dieudonné.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MAGDALADepuis la mort de Jésus, Marie-Madeleine s’est retirée hors du monde. Ses cheveux sont devenus blancs, elle se nourrit de baies, boit l’eau de pluie et dort parmi les arbres.
Signé Damien Manivel, ancien danseur devenu cinéaste-artisan minimaliste et poète du geste, ce film revisite donc la figure de la Sainte Marie-Madeleine des Évangiles, en se nourrissant des légendes du Moyen Âge selon lesquelles, après la mort du Christ, elle se serait isolée dans une forêt, avec le souvenir de son amour perdu et un seul espoir chevillé à l’âme : celui de le retrouver.
Ce portrait d’une femme exilée, puissamment amoureuse, que les anges porteront au ciel, est incarné par la chorégraphe Elsa Wolliaston, née en 1945 en Jamaïque, pionnière de la danse africaine en Europe et complice du cinéaste, avec qui elle tourne pour la troisième fois.

La beauté de Magdala tient d’abord dans la performance de l’actrice, avec laquelle interagit la caméra de Manivel. Le cinéaste filme un corps en fusion avec la nature, dans la végétation sublime des monts d’Arrée, en Bretagne. Gestes lents, regard d’une force et d’une expressivité rares, Elsa Wolliaston amène le spectateur à porter une attention infinie au moindre de ses mouvements. Elle fabrique une petite croix à l’aide de deux brindilles et d’un ruban d’herbe, dessine le visage de Jésus sur la terre, avec l’extrémité d’un bâton. S’allonge sur le dos, un petit oiseau entre ses mains, qui semble inanimé. Puis qui soudain s’envole. Quand Magdala détache sa robe écrue, le souvenir d’elle et de Jésus, au bord de l’eau, refait surface. Elle lui a offert son cœur, et dans un plan palpitant et rougeoyant, Manivel filme le miracle de ce don.

Le cinéaste garde la bonne distance avec la dimension religieuse du personnage, en travaillant les diverses représentations de Marie-Madeleine dans l’histoire de l’Art – elle est parfois représentée dénudée, à côté d’un crâne. Les rares fois où elle s’exprime, la sainte parle en araméen, la langue de Jésus, dont s’est emparé le réalisateur avec l’aide d’un traducteur, afin d’en restituer les accents mystérieux.
Ce film envoûtant est une rêverie sur les derniers jours de Marie-Madeleine, avant sa mort. Dans la grotte où elle vit ses derniers instants, Manivel continue de filmer en lumière naturelle, à la bougie, laquelle se consume en même temps que le souffle ralentit. Le film, projeté pendant le Festival de Cannes au cinéma Le Raimu de La Bocca, quartier périphérique de la ville, a captivé les spectateurs, jeunes ou vieux. Un monsieur, qui a sans doute vécu la mort d’un proche, souligne : « On n’est pas comme au cinéma, où une personne meurt et s’arrête de respirer d’une seconde à l’autre. Dans la vie, et dans votre film, la respiration s’éteint doucement. » En offrant une « mort cinématographique » à Elsa Wolliaston, selon sa propre expression, Damien Manivel immortalise la chorégraphe avec le plus beau des écrins, le ciel. (d’après C. Fabre, Le Monde)