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UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

ROSMERTA, une belle aventure humaine à Avignon, qui continue contre vents et marées.
Suite à une réquisition citoyenne en 2018, le lieu Rosmerta est né et depuis, il donne un toit à près d’une quarantaine de jeunes mineurs isolés et des familles avec enfants en bas âge. L’association qui le gère, composée exclusivement de bénévoles, aide près de 50 personnes sans aucun soutien des p...

LA DERNIÈRE NUIT DE LISE BROHOLM

Écrit et réalisé par Tea LINDEBURG - Danemark 2021 1h26 VOSTF - avec Flora Ofelia Hofmann Lindahl, Ida Cæcilie Rasmussen, Palma Lindeburg Leth, Kirsten Olsesen...

Du 21/09/22 au 11/10/22

LA DERNIÈRE NUIT DE LISE BROHOLMAdaptée d’un court roman écrit en 1912 (En dødsnat de Marie Bregendahl, autrice danoise de littérature régionale, jusqu’ici jamais traduite en français), cette chronique s’étalant sur vingt-quatre heures est un très beau récit d’apprentissage, aussi riche que condensé, sur le passage à l’âge adulte et la condition féminine dont nos sociétés héritent. À 14 ans, la toute jeune Lise est ce qu’on appellerait aujourd’hui une adolescente mais elle est déjà, dans le Danemark agricole et luthérien du xixe siècle, considérée comme une jeune femme. À cette époque, la sortie de l’enfance coïncide avec l’entrée de plain-pied dans l’âge adulte. La tradition semble attribuer les rôles de chacun par avance et le protestantisme très strict place le chemin de tous sous le regard omniprésent – et omniscient et omnipotent – de Dieu. Grâce à sa mère, aimante et progressiste, Lise a une chance de décider de son avenir et s’apprête à partir faire des études en pension. La veille de son départ, son destin va s’accélérer en une seule nuit, la poussant à quitter définitivement l’enfance bien plus tôt qu’elle ne l’imaginait.

Dans un monde de croyances, l’emprise n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle est invisible. La foi, bien sûr, y tient une place essentielle. Mais plus encore, c’est l’absence paradoxalement surplombante des hommes qui surprend ici. Ce sont les femmes qui assurent entièrement le quotidien de la ferme, les hommes en partent le matin et n’y reviennent que le soir. Si bien que Lise ne fait que croiser son père ce matin-là. Et c’est déjà bien assez pour qu’on ressente toute la rigueur de cette figure austère, pasteur du village, qui ne voit pas d’un bon œil que sa fille aille perdre son temps à l’école comme l’a choisi sa mère. Lise est l’aînée d’une grande fratrie, son père aurait préféré qu’elle assume son rôle, qu’elle aide sa mère au terme d’une nouvelle grossesse et qu’elle s’occupe de ses cadets. C’est ce à quoi Lise s’adonne encore une fois. Mais toute pragmatique qu’elle est, elle n’en est pas moins une fille qui rêve. Elle rêve de se construire un avenir, rêve de devenir une femme et de découvrir l’amour qui, déjà, l’effleure avec Jens Peter, un garçon orphelin de son âge que sa famille a recueilli.
Au cours de la journée, l’arrivée du nouveau-né se précise. Toutes les femmes de la ferme s’y consacrent. Lise doit s’occuper seule de tous ses frères et sœurs. Mais, le soir venu, elle peine à leur cacher l’agitation anormale qui règne dans la ferme. L’accouchement tourne mal. À la nuit tombée, les hommes sont de retour. Lise tente de suivre les événements en cachette dans les couloirs et par les entrebâillements de portes. Quel est le signe que Dieu lui envoie ? Et quelle est sa responsabilité dans les difficultés qu’éprouve sa mère ? Lise traverse cette nuit entre la peur de perdre sa mère, ses devoirs d’aînée envers sa famille et son espoir de pouvoir partir.
À mesure que la journée avance, la caméra de Tea Lindeburg délaisse le registre naturaliste pour se charger de visions déformantes. Impuissante et tenue en position de spectatrice, les perceptions de Lise se brouillent entre son observation de la réalité et les superstitions de chacun. Dans ce cadre puritain et paternaliste, la méprise est totale quant à la science et aux lois de la nature. Elle l’est autant des rêves des jeunes femmes qu’une culture toute entière charge de culpabilité pour mieux les vider de leurs profonds désirs.