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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du 17 décembre !
Vendredi 16 décembre en fin d’après-midi, le marché de Noël solidaire de Rosmerta ! Samedi 17 décembre en début d’après-midi, notre AG suivie d’une grosse fête !Et dimanche 18 décembre, on participe à la Journée Internationale des Migrants.... Lire Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du ...

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

LEO (Liaison Est Ouest) : la lutte paie
Au cœur de l’été, l’état a fait paraître un arrêté retirant le projet de la LEO dans les conditions proposées, suite au recours contentieux déposé par ses opposants l’été précédent. Il reconnaît sans le dire les errements et aberrations d’un projet obsolète, vieux de 30 ans mais néanmoins bâclé, et ...

COMA

Écrit et réalisé par Bertrand BONELLO - France 2022 1h20 - avec Louise Labèque, Julia Faure et les voix de Gaspard Ulliel, Louis Garrel, Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Laetitia Casta...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

COMALe principe de Coma est au cinéma ce que l’étude est à la peinture : un ouvrage destiné à chercher la meilleure façon de représenter un sujet. Le sujet, en l’occurrence, c’est la jeunesse. Le film s’ouvre sur la lecture saisissante d’une lettre que le cinéaste Bertrand Bonello écrit à sa fille adolescente : une puissante déclaration d’amour et d’espoir qui, à travers elle, s’adresse à toute une génération plongée dans une époque résolument trouble. À la question de la culpabilité de transmettre un monde malade, Bertrand Bonello répond par cette tentative filmique de s’introduire littéralement dans la psyché d’une jeune femme de son temps et d’explorer sa manière de regarder le monde. Il adopte pour ce faire une forme ouverte et libre, à la manière d’un artisan, convoquant différents dispositifs (fiction, animation, doublage…) et utilisant différents registres d’images (archives, téléphone portable, etc.). S’il peut paraître déconcertant de prime abord, le film dégage vite un véritable plaisir de créer et invente des procédés narratifs et graphiques extrêmement fascinants. Un portrait inclassable et ultra contemporain d’une génération qui peut encore tout faire basculer.

Coma a été conçu et autoproduit en plein milieu de la pandémie. Nous suivons les journées sans rythme d’une adolescente confinée dans sa chambre, qui appréhende le monde essentiellement à travers les écrans. Elle suit en particulier les vidéos, entre parodie et effroi, d’une mystérieuse youtubeuse nommée Patricia Coma, dont le champ couvre autant les préceptes de bien-être façon développement personnel grinçant que les bulletins météo apocalyptiques annonçant sur le territoire des températures de plus de soixante degrés. Prostrée sur son lit, l’adolescente zappe vers des conversations de groupe avec ses amies où chacune s’épanche sur ses désirs et ses fascinations morbides pour les serial-killers. Drôle de monde que Bonello filme avec un savoureux plaisir de l’exagération. Et puis il y a ces moments plus intimes où notre jeune femme confie son envie de vivre une histoire d’amour que personne ne jugera. Ceux où elle imagine des personnages de Barbie et Ken qui s’animent en stop-motion dans le fond de sa chambre autour de conversations tout droit sorties d’une sitcom décadente. Ou encore ce rêve où elle erre perdue dans le purgatoire d’une forêt filmée en nuit américaine et où elle rencontre « en vrai » sa youtubeuse vénérée…
Jonglant entre dérision et gravité, Bertrand Bonello mélange les perceptions hétérogènes et les envies contradictoires d’une jeunesse au bord de la catatonie. Symbole de cet état, le jeu vendu par Patricia Coma sur son site internet sous le nom de « Révélateur » : une petite boite de quatre blocs de couleurs différentes qui s’allument tour à tour et soumettent à notre mémoire des enchaînements de plus en plus complexes à reproduire. Sauf qu’ici, impossible de perdre : le joueur trouve toujours la solution, même dans les suites les plus improbables à mémoriser. Absurdité d’un monde sans issue, auquel nous ne pouvons même plus opposer l’humanité de nos failles. Cette jeunesse saura-t-elle affirmer la liberté de ses choix et conjurer la prédestination qui l’enserre ?

Grâce à des procédés créatifs très libres, Coma propose une approche étonnante de l’identité pluridimensionnelle d’une génération déjà propulsée dans l’ubiquité du métavers. Désastre écologique, inégalités, terrorisme : alors que tout semble s’effondrer, Bonello scrute avec humour et poésie les lignes de fuite de la jeunesse, son besoin de romance, sa soif de liberté. Jusque dans son épilogue vertigineux, Coma exprime une foi sincère dans la capacité de la génération émergente à investir politiquement le monde et à tracer son chemin.