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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du 17 décembre !
Vendredi 16 décembre en fin d’après-midi, le marché de Noël solidaire de Rosmerta ! Samedi 17 décembre en début d’après-midi, notre AG suivie d’une grosse fête !Et dimanche 18 décembre, on participe à la Journée Internationale des Migrants.... Lire Rosmerta fête ses quatre ans le weekend du ...

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

LEO (Liaison Est Ouest) : la lutte paie
Au cœur de l’été, l’état a fait paraître un arrêté retirant le projet de la LEO dans les conditions proposées, suite au recours contentieux déposé par ses opposants l’été précédent. Il reconnaît sans le dire les errements et aberrations d’un projet obsolète, vieux de 30 ans mais néanmoins bâclé, et ...

LES MIENS

Roschdy ZEM - France 2022 1h25 - avec Sami Bouajila, Roschdy Zem, Meriem Serbah, Maïwenn, Abel Jafri, Rachid Bouchareb, Nina Zem... Scénario de Roschdy Zem et Maïwenn.

Du 23/11/22 au 20/12/22

LES MIENSVoici donc une famille. Qui se retrouve volontiers en fin de semaine autour d'un bon gueuleton. Qui s'appelle pour prendre des nouvelles, ou qui oublie de s'appeler parce que la vie va si vite et que l'essentiel se dilue parfois dans l'effervescence du quotidien. Elle s'engueule, se chamaille, se confronte, elle rit, elle partage. C'est une famille composée d'une sœur et de ses quatre frères, tous plus ou moins quinquas et au-delà, et de leurs enfants, plus ou moins grands... Chacun a son parcours, chacun a son caractère, discret ou exubérant, bavard ou taiseux et tout le monde semble convaincu qu'en dépit des trajectoires, des choix et lieux de vie différents, l'important c'est le lien.

Deux figures sont au centre de cette constellation. Ryad (Roschdy Zem) est l'enfant prodige, celui qui capte la lumière. Présentateur vedette d'une émission de foot, il coche toutes les cases de la parfaite réussite sociale : l'appartement grand standing, l'aura de la notoriété, les restaurants chics, les bonnes relations dans les bons milieux, le costard et les godasses bon chic bon genre, mais sans la vulgarité ostentatoire de ceux qui veulent prendre leur revanche sur la vie. Ryad a bien conscience de sa chance, assume son statut et fait tout pour que les siens puissent en profiter aussi. Chacun a priori y trouve son compte. A priori.



Moussa (Sami Bouajila), lui, même s'il n'est pas le plus âgé, incarne la figure paternelle. Il est doux et bienveillant, disponible, attentif aux besoins de chacun. C'est lui qui ouvre les portes de sa maison pour les réunions familiales, qui cuisine avec amour pour tout le monde, lui, le souriant, le discret, la force tranquille qui ne veut faire ni de comptes, ni de vagues.

Déboulant comme souvent sans préavis, la catastrophe arrive. Au début, ça paraît presque anodin : une banale chute, une bosse à la tête. Mais très vite l'ampleur des dégâts se dessine : ce traumatisme crânien a abîmé le cerveau de Moussa et un verrou a sauté. Lui qui était si gentil, si réservé, se met soudain à proférer des injures, à envoyer balader ses proches, à parler sans filtre, avec un franc parler déshabillé de toutes les convenances sociales, de toutes les prudences, de toutes les règles d'une vie à plusieurs. Une sorte de vérité brute, sans pincette. Pour la famille, le choc est violent car Moussa semble être devenu un autre qu'ils ne reconnaissent plus.
Moussa est soudain habité par une profonde tristesse au cœur de laquelle va devoir se construire entre eux tous une nouvelle histoire. Car la communication devient soudain tumultueuse, chaotique. L'amertume, les regrets et tout ce qui n'avait auparavant jamais pu se dire, de peur de briser l’équilibre, vont faire surface. Derrière la vérité toute nue, c'est, peut-être sans l'avoir jamais cherchée, la sincérité qui va s'inviter à la table familiale.

Pour sa sixième réalisation, Roschdy Zem a choisi un sujet très personnel puisque cette histoire est la sienne. Scénarisé à quatre mains avec Maïwenn d'une écriture très incarnée, qui va à l'essentiel et ne cherche jamais à théoriser ou à être plus intelligente que les personnages, Les Miens est sans doute son film le plus abouti et le plus fort, le plus émouvant en tout cas. Car il y a quelque chose d'universel dans l'histoire de cette famille, dans la relation complexe et éminemment vivante qui unit cette fratrie. Et le film interroge aussi finement notre rapport à la vérité : jusqu'à quel travestissement de nos propos, de nos pensées, sommes-nous prêts à aller pour garder la face ? Quelle dose d'hypocrisie et d'édulcorant psychique est-on prêt à mettre pour garder un statut, une posture ou une relation ?