LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

ENSEIGNANTES, ENSEIGNANTS ! Vous pouvez organiser des séances scolaires en matinée.
Nous pouvons organiser des séances à la carte pour vos classes, en matinée. Vous trouverez une liste des films programmables sur notre site internet, rubrique « Jeune public et scolaires »/ “D’AUTRES FILMS POUR LES SCOLAIRES”  Pour les maternelles : Zébulon l...

La Ménardière : un habitat partagé en construction…
À Bérat, à mi-chemin entre l’Ariège et Toulouse, la Ménardière est un beau domaine aux multiples possibilités. Acquis en 2019 par une douzaine de personnes au bord de la retraite qui refusaient le destin peu folichon, que nos sociétés réservent à leurs vieux : ni solution privée au coût e...

30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

NOS FRANGINS

Rachid BOUCHAREB - France / Algérie 2022 1h32 - avec Reda Kateb, Lyna Khoudri, Laïs Salameh, Adam Amara, Samir Guesmi, Raphaël Personnaz... Scénario de Kaouther Adimi et Rachid Bouchareb.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NOS FRANGINSParis, le soir du 5 décembre 1986. Malik Oussekine, jeune étudiant, rentre chez lui après un concert dans un club de jazz de la rue Monsieur le Prince. Pendant les jours qui ont précédé, les étudiants en lutte contre la réforme de l’Université ont défilé dans les rues aux cris de « Devaquet au piquet, Monory au pilori » – René Monory et Alain Devaquet étaient ministres à l’époque, le premier de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, le second de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. La Sorbonne est occupée et la préfecture de police de Paris s’efforce de mater les cortèges résiduels et les actions plus isolées, envoyant au besoin le tristement célèbre « peloton de voltigeurs motoportés » (un matraqueur assermenté et un pilote sur des motos tout-terrain) pour faire le ménage. Pris pour cible par deux « voltigeurs », Malik Oussekine, qui n’a d’autres torts que d’être jeune, maghrébin et de marcher cette nuit-là dans Paris, est pourchassé dans les rues, jusque dans l’entrée d’un immeuble où il est battu à mort.
Ce même soir du 5 décembre, une rixe éclate dans un bar d’Aubervilliers. Un jeune et brave gamin, Abdel Benyahia, tente de s’interposer. Un inspecteur de police, ivre, lui tire dessus. Alors que la mort du jeune étudiant, supposément liée aux manifestations, est rapidement médiatisée, celle du gamin d’Aubervilliers est volontairement tenue secrète par les forces de l’ordre.
Extrêmement documenté, le film décortique minutieusement ce mécanisme en mettant nos pas dans ceux des familles des deux victimes. Quelques incursions dans les couloirs des enquêtes menées dans les commissariats apportent au spectateur les éléments cachés aux familles, tandis qu’une habile utilisation d’images d’archives prend en charge le discours médiatique autant que les moments un peu spectaculaires de manifs. Rachid Bouchareb se concentre tantôt sur l’attente, les non-dits, l’incrédulité et la souffrance vécue par les parents, les frères et sœurs, tantôt sur les atermoiements des policiers qui tentent de leur soustraire la vérité, les tentatives d’esquives et de manipulations, la recherche d’éléments qui dédouaneraient les fonctionnaires de police. Comme la découverte de la santé fragile de Malik, qui permit notamment à Robert Pandreau, sous-ministre, délégué à la sécurité, de Charles Pasqua alors en charge de l’Intérieur, de faire aux journalistes cette sortie sidérante au sujet d’un gamin qui venait de trouver la mort : « je suis père de famille, et si j’avais un fils sous dialyse, je l’empêcherais de faire le con dans la nuit ».
La sobriété digne, presque sèche, de la mise en scène évacue tout pathos dans la représentation de la douleur des familles et « n’a d’autre but que de cerner au plus près un sentiment, qui est celui de l’injustice et du silence honteux qui l’accompagne ».(Le Monde) Au-delà de l’histoire de Malik et d’Abdel, Nos frangins témoigne avec justesse et émotion pour toutes les victimes oubliées et participe d’un nécessaire travail de mémoire de la société française.

PS : Après la mort de Malik Oussekine, le peloton de voltigeurs sera officiellement dissout – avant d’être ressuscité en 2018 sous la présidence d’Emmanuel Macron, pour mater les cortèges de « Gilets jaunes ».