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Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON !
Appel du 18 septembre ROCK SANS PAPIERS : DIRE NON ! aux horreurs qui sont le quotidien de la politique menée contre les étrangers par Besson et Sarkozy. Avec les artistes, syndicats et organisations s’engagent : RESF, LDH, Cimade, Autre Monde, CFDT, FSU, CGT, Solidaires, UNSA. Nous, artistes, ...

L'AFFAIRE UTOPIA
Quelle affaire ! Utopia à Toulouse, annule la sortie nationale d'un film réalisé par un israélien pour le remplacer par un film réalisé par une israélienne, en signe de protestation contre l'attaque brutale de l'armée israélienne contre les bateaux de la « Flotille de la liberté »… et, à n...

POLÉMIQUE ET DROIT DE RÉPONSE - L’épouvantail des tyrans (*)
Ce texte fait suite à un débat soulevé par un billet  de Sud Culture dénonçant les conséquences perverses du désengagement de l’État dans les financements de la culture textes plus bas dans cette même page). On peut le résumer ainsi : la logique de survie imposée à des structures comme par exem...

Les salles indépendantes seront-elles les « dindons de la farce » numérique ?
Plaidoyer pour une diversité culturelle et un cinéma numérique durables L'exploitation cinématographique est à l'aube de changements technologiques propres à bouleverser l'équilibre de la profession, mettant en péril un nombre important de salles du parc français, et par là même la diversité cul...

Familles en danger !
La Convention Internationale des droits de l’enfant demande aux états signataires d’agir en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, dans notre pays, plusieurs pères sont en danger d’expulsion et de nombreuses familles risquent ainsi d’être brisées, au mépris des conventions intern...

Projection unique le jeudi 11 février à 20h30
Suivie d’une rencontre avec Jean-Robert Alcaras, maître de conférences en science économique à l’Université d’Avignon, président de l’Université Populaire d’Avignon.

UN SPÉCIALISTE, portrait d'un criminel moderne

Réalisé et produit par Eyal SIVAN - documentaire France / Israël 1999 2h08mn VOSTF - Écrit par Rony BRAUMAN et Eyal SIVAN. Inspiré de Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal de Hannah Arendt.

UN SPÉCIALISTE, portrait d'un criminel moderneLe procès Eichmann, c'était en 1961 : l'évènement, qui fut considérable, ne dit sans doute pas grand chose à bon nombre d'entre vous. Un an plus tôt, le Mossad, les redoutables services secrets israéliens, s'étaient cette fois-là positivement distingués en kidnappant en Argentine Adolf Eichmann, l'un des plus zélés responsables de la solution finale nazie, le planificateur « spécialiste » du génocide racial le plus radical jamais entrepris. Le procès fut pour l'exemple intégralement filmé. C'est à partir de ces images extraordinaires qu'Un spécialiste nous révèle le saisissant portrait de l'ogre qui alimenta en chair fraîche les camps de la mort…

À le voir à l'image, il n'est vraiment pas impressionnant, Eichmann : on a du mal à croire que c'est à ce type maigroulet, aussi noir de poil qu'un corbeau, que l'on confia le soin de faire de la place au peuple allemand et de régénérer le sang impur de l'Europe nouvelle en liquidant par millions juifs, tziganes, slaves et slovènes…
Ce « spécialiste » a l'allure passe-partout d'un employé modèle. Méticuleux jusqu'à l'outrance, tout dans son comportement évoque le bureaucrate et le périmètre de son initiative se borne aux instructions qu'il reçoit de ses supérieurs. Comme tous les grands criminels nazis, Eichmann évoque le devoir d'obéissance. Durant six années, ce « rond de cuir » a organisé le rassemblement, le dépouillement puis le transfert vers différentes destinations du « matériel » humain qui lui avait été confié. Une fois livré, ce « matériel » fut soumis au traitement spécial que l'on connaît. Il confesse à « l'arraché » qu'il n'approuve pas le traitement mais que manifester une opinion ne relève pas de ses compétences. Le soin maniaque apporté à essuyer ses lunettes, la manière de ranger soigneusement ses papiers et de poser son stylo bien à plat juste au milieu de la pile font qu'on ne peut douter de sa sincérité. Ce type est un grand serviteur de l'état et met l'amour de l'ordre et de l'obéissance au dessus de tout. On le sent d'ailleurs douloureusement surpris qu'on lui cherche des poux dans la tête. Responsable, peut-être, mais pas coupable…

« Et s’il nous fallait surmonter la Modernité ? De Hannah Arendt à John Maynard Keynes » était le premier volet de la thématique des cours de l’UPA consacrés à « La modernité ». L’idée principale était la suivante : l’une des caractéristiques fondamentales de la Modernité pourrait bien être la place tout à fait extraordinaire (et peut-être problématique) qu’elle accorde à l’économie. Or, H. Arendt avait pensé que cette caractéristique n’est pas sans rapport avec les processus qui ont rendu possible les totalitarismes et génocides au XXème siècle. Le dépérissement du politique, l’envahissement et l’avilissement du domaine public par les préoccupations privées, la privatisation du domaine public, la « publicisation » du domaine privé, l’avènement de sociétés de masse, avec leur lot de conformisme et de soumission à l’autorité, etc. : tout ceci est, selon elle, en rapport direct avec les dérives contemporaines (le côté sombre) de la Modernité et avec la place qu’y prennent les questions économiques. Dès lors, la figure d’Eichmann apparaît pour Hannah Arendt comme un archétype de l’homme moderne, dans ses aspects les plus caricaturaux et négatifs… Le mal absolu n’aurait donc pas été exclusivement commis au xxe siècle par des monstres inhumains : il aurait surtout été rendu possible par l’existence, l’action ou la passivité d’une multitude d’hommes aussi ordinaires, banals et sans intérêt que A. Eichmann. De bons petits travailleurs ou consommateurs, parfois carriéristes, sans conscience personnelle ni capacité de jugement moral… Cette thèse, discutable et toujours très controversée depuis sa diffusion, n’est pas dénuée d’intérêt : elle a au moins le mérite d’appuyer où ça (nous) fait mal. C’est précisément celle qui est sous-jacente à ce film, sorte de complément cinématographique du fameux livre signé par Arendt : Eichmann à Jérusalem - rapport sur la banalité du mal. Jean-Robert Alcaras