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Revoir le débat avec Pierre Carles et Philippe Lespinasse (Un bergé et deux perchés à l’Élysée)
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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
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Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

MÊME LA PLUIE

(TAMBIÉN LA LLUVIA) Iciar BOLLAIN - Espagne 2010 1h45mn VOSTF - avec Luis Tosar, Gael Garcia Bernal, Juan Carlos Aduviri, Karra Elejalde... Scénario de Paul Laverty (scénariste habituel de Ken Loach).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MÊME LA PLUIEVoilà un film ambitieux, lyrique, qui embrasse large et ose, s’adossant à l’histoire, aborder un sujet dont on sait déjà qu’il s’imposera dans un avenir proche comme la principale source de bouleversements et de conflits sur toute la planète, de la Bolivie à l’Ariège en passant par la Palestine et l’Afrique : l’accès à l’eau. Entre la découverte des Amériques et notre époque actuelle, l’or blanc a remplacé l’or jaune et la vision romanesque du passé rejoint pile poil le cynisme d’une mondialisation dévastatrice de vies humaines, machine monstrueuse à laquelle le petit peuple, s’opposant à mains nues, parvient parfois à résister avec succès, au xvie siècle comme à la fin du xxe.
Ambitieux vous disais-je, et néanmoins étonnamment réussi par la force des convictions d’une équipe qui associe Iciar Bollain (réalisatrice formidable dont vous aviez adoré Ne dis rien), Paul Laverty, le scénariste de Ken Loach, et des acteurs fortement impliqués (on sait depuis longtemps que Gael Garcia Bernal et Luis Tosar n’ont pas seulement une belle gueule) : le film est aussi l’histoire du cinéma en train de se faire et la confrontation du réel et de la fiction provoque des remous dans la tête et les coeurs de ceux qui participent à l’aventure. C’est du beau spectacle qui fait sens, l’histoire y est confrontée au présent avec une force qui justifie pleinement que le film soit dédié à la mémoire d’Howard Zinn, grand historien et ami de Paul Laverty, qu’il a aidé dans ses recherches pour le film…

Quand Sebastian, jeune réalisateur passionné, arrive avec producteur et équipe de tournage dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour évoquer la conquête espagnole, l’évangélisation et la mise sous tutelle des Indiens pour leur piquer leur or et leur force de travail… il a la tête pleine de ses héros indiens, résistant à l’envahisseur. Le budget dont il dispose n’est pas énorme pour un film dit d’époque, et la minceur des salaires proposés aux autochtones a été un argument pour convaincre la production de déplacer une équipe dans un coin aussi perdu. Dès l’arrivée, on pige que les recrues locales ne sont pas du genre à se laisser aveugler par la magie du cinéma, la tension est palpable et Sebastian, à la recherche de figurants, remarque un Indien au regard intense qui semble exercer un ascendant sur tous les autres. Il sera dans le film celui qui s’oppose et résiste. On comprendra vite que son charisme en fait aussi un leader au présent dans le conflit qui est en train de se nouer autour de l’eau.
Le film s’inspire de faits bien réels : en avril 2000, à Cochabamba, la troisième ville de Bolivie, une multinationale obtient le monopole de l’eau (sur les recommandations de la Banque Mondiale). Creuser son puits devient alors un délit et tous, même les plus pauvres, se voient imposer un tarif que beaucoup ne peuvent pas payer. Des premiers heurts opposent les ouvriers qui viennent cadenasser les puits des habitants, puis des manifestations s’organisent, et le pouvoir ne cédant décidément pas, des barricades bloquent la ville. Le président bolivien décrète l’état d’urgence, la police intervient violemment, il y a de nombreux blessés, un tué… la rue finira par obtenir gain de cause, le pouvoir redoutant une propagation à tout le pays reprendra la main sur la gestion de l’eau.
Mêlée bien malgré elle à cette agitation, l’équipe de tournage va d’abord d’abord s’acharner à finir le film quoi qu’il arrive, mais ne peut s’empêcher de vivre au rythme de la situation : difficile de rester de bois quand les situations du film où vous jouez répondent aussi fort à l’actualité. Si certains sont révoltés par ce qui se passe, d’autres ont surtout peur et veulent s’échapper avant que les remous ne les atteignent… c’est qu’entre temps des liens se sont noués entre les figurants et l’équipe du film, et la tourmente ambiante ne les laisse pas indifférents…

« Même la pluie est de loin le film le plus compliqué que j’ai réalisé… Comment manger un éléphant ?… Morceau par morceau. Comment faire un film avec autant de figurants, de personnages, d’action ? Plan par plan. C’est comme ça que j’ai pris les choses… en choisissant et en dirigeant chaque figurant, en travaillant phrase par phrase avec les acteurs qui pour certains n’avaient jamais joué auparavant, en me reposant sur des équipes techniques et artistiques espagnoles comme boliviennes remarquables… » C’est le film qu’a choisi l’Espagne pour la représenter dans la course à l’Oscar du Meilleur Film Étranger.