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ALTERNATIBA LES 10, 11 ET 12 OCTOBRE À BORDEAUX
QUARTIER SAINTE CROIX ALTERNATIBADans un village qui s’étendra de la place Sainte-Croix aux rues adjacentes, se dérouleront des conférences et des événements sur les moyens de réduire, voire supprimer, le gâchis énergétique. Il s’agira de proposer des idées créatives pour tous les âges dans un c...

PCA Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux-Vallée de l’Isle PCA Chaque Mercredi de 19h00 à 20h au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, pâtes fraîches, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres, jus de pomme, lég...

LES SÉANCES « BÉBÉ » DE Septembre
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...

Aquilenet et ABUL
Aquilenet est une association locale qui fournit de l’accès neutre à Internet, sans censure ni filtrage. Ses membres vous accueillent chaque premier mardi du mois à 21h à l’Utopia pour échanger sur des thèmes comme Internet, les libertés numériques et comment construire des bout d’Internet ensem...

« La douleur des Israéliens et des Palestiniens ne peut pas être distinguée, et l’une ne cessera pas tant que l’autre durera »…
… dit dans un interview Nadav Lapid, réalisateur du formidable film L’Institutrice, qui fait la première page de notre gazette. Il est signataire de l’appel de cinéastes israéliens qui ont osé prendre la parole en plein Festival du Film de Jérusalem. Une intervention bien peu relayée dans les m...

L'ÉTRANGÈRE

(Die Fremde) Écrit et réalisé par Feo ALADAG - Allemagne 2010 1h57mn VOSTF - avec Sibel Kekilli, Settar Tanriögen, Derya Alabora, Florian Lukas... Meilleur Film et Meilleure Actrice, Festival de Tribeca 2010 • Prix du Public, Festival du film de femmes de Créteil et Festival Premiers Plans d’Angers • 8 récompenses aux German Film Awards, les César allemands.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ÉTRANGÈREIl est fort probable que ce film formidable, narrant la lutte d’une jeune femme turque pour son émancipation, va hérisser les poils des barbus (je ne parle évidemment pas des sosies de Sébastien Chabal mais bien de ceux qui arborent leur barbe comme un signe religieux) et autres réactionnaires qui ne jurent que par les valeurs de la famille musulmane traditionnelle… Pourtant les islamophobes, de droite comme de gauche (puisque désormais l’islamophobie semble devenir pour les démagogues de tous bords un programme politique), en seront pour leurs frais, tant L’Étrangère est avant tout un plaidoyer bouleversant pour la main tendue en toutes circonstances, loin de tout manichéisme putride qui voudrait faire des Musulmans (ici d’origine turque) de dangereux obscurantistes.

Au cœur du film, omniprésente à l’écran durant deux heures, telle une étoile qui va illuminer ou assombrir nos cœurs et nous laisser totalement essorés d’émotion, il y a Umay, une jeune femme turque qui a grandi en Allemagne, qui vient de se marier avec un beau gosse d’Istanbul, et d’avoir de lui un adorable bambin aux yeux immenses. Toute la famille de son mari a l’air plutôt aimante et bienveillante envers elle. Le seul problème – et pas des moindres ! – c’est que le beau mari a la baffe facile et quand le pauvre gamin lui tape sur les nerfs pour une raison anodine, il finit enfermé dans un placard… Et face à l’autorité du mâle dominant, toute la famille s’incline… Umay, après avoir accepté pendant un temps les coups et les relations sexuelles forcées, finit par se dire que seule la fuite peut les sauver, elle et son fils. Elle saute donc dans le premier bus puis le premier avion pour rejoindre sa famille à Berlin…
Mais très vite, pour ses parents, pour ses frères et sœur, la joie de la revoir cède la place à l’embarras, puis à l’angoisse du qu’en dira-t-on. Et la pression sociale au sein de la communauté turque fait son chemin : au début, c’est le père qui doit affronter quelques regards réprobateurs à la mosquée, puis ce sont les frères qui entendent des propos insultants (parce que pour certains hommes, une femme qui a quitté son mari ne peut être que de mauvaise vie), jusqu’à ce que la sœur cadette voie ses fiançailles brutalement rompues par la famille du promis… Et Umay se trouve bientôt contrainte de choisir entre la soumission à des règles imbéciles et la rupture avec les siens pour conquérir sa liberté, au prix fort…

Ce qui est infiniment beau dans L’Étrangère, c’est que la réalisatrice Feo Aladag (très connue en Allemagne pour être scénariste et actrice de la célèbre série policière Tatort) a su parfaitement montrer que, au sein de la famille, chacun est victime d’un carcan social dont il ne peut s’échapper. Car Umay aime profondément ses proches, même quand ils semblent lui montrer une totale incompréhension. Quant à son père, sa mère et même ses frères parfois violents, ils sont déchirés entre l’amour profond qu’ils portent à Umay et le devoir qu’ils s’imposent pour sauvegarder leur « honneur », comme dans une tragédie grecque où le destin des hommes et des femmes est écrit et ne peut changer.
Chacun des personnages de la famille, ciselé au millimètre, est bouleversant de justesse et de complexité et compose la réalité multiforme de ces générations d’origine turque installées en Allemagne, sans jamais avoir la prétention d’en faire un exemple sociologique. Mais le film est surtout porté par l’exceptionnelle interprétation de Sibel Kekilli, actrice sublime révélée dans le superbe Head On de Fatih Akin. Sibel Kekilli qui depuis récolte les prix d’interprétation comme on récolte les fleurs de cerisier le printemps venu. Sibel Kekilli au destin unique, qui fut violemment rejetée par sa communauté pour avoir participé dans sa jeunesse à quelques films X et qui désormais milite à Hambourg au sein de « Terre des Femmes », une association qui lutte contre les violences faites aux femmes musulmanes.