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Le Phile du Ciné
Tous les mercredis, Utopia participe à la réalisation du magazine cinéma de O2 RADIO : Le Phile du Ciné Jean & Fareed vous parlent de l’actualité du cinéma sur la Gironde. L’équipe d’Utopia s’exprime chaque semaine sur des thèmes ayant traversé les salles, en fiction ou documentaire. Magazine en...

Politique d’immigration de François Hollande Un an après, toujours pas de rupture
Par la Cimade Bordeaux L’élection de François Hollande laissait espérer une véritable rupture avec la politique d’immigration brutale et inefficace de ces dernières années. Un an après, on peut constater que le gouvernement actuel traite un peu mieux les étudiants étrangers, a mis fin à la franchise...

PCA : Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux-Vallée de l’Isle • PCAChaque Mercredi de 19h00 à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, pâtes fraîches, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres, jus de pomme, ...

Notre-Dame-des-Landes
Samedi 8 Juin à 15h – Faites des possibles ! Place St Michel (Bordeaux), Rassemblement des alternatives en actionLe 8 juin, le collectif bordelais de soutien à Notre-Dame-des-Landes se propose d’installer sur la place Saint Michel à Bordeaux un village associatif, pour une journée de festivités ...

LES FEMMES DU BUS 678

Écrit et réalisé par Mohamed DIAB - Égypte 2011 1h40mn VOSTF - avec Nahed El Sebaï, Boushra, Nelly Karim, Omar El Saeed... Prix du Public, Festival du Film méditerranéen de Montpellier.

LES FEMMES DU BUS 678En Égypte, semble-t-il, les filles ne sont pas à la fête et les macho sévissent sans leur demander leur avis : regards appuyés, mains baladeuses, réflexions vaseuses et même pire. C'est pas comme ici, où les hommes sont formidablement évolués et fichent la paix aux filles, charmants à tous égards, respectueux et n'abusant jamais : imagine t-on, dans le métro, une main baladeuse, perdue dans l'anonymat de la foule des heures de pointe, un homme se permettant de suivre une femme avec insistance, la serrer de trop près, émettre ces petits bruits de bouche et ces petites réflexions qui rappellent constamment qu'une femme est d'abord un objet de convoitise sexuelle ? Que nenni ! Jamais ! (Ben quoi ? Pourquoi vous rigolez, les filles ?)
En Égypte, les mecs sont des gros lourds frustrés et ni le port du voile ni la bague au doigt ne freinent leurs ardeurs collantes : honteuses ou pas, ils laissent en toute impunité s'exprimer leurs obsessions libidineuses. Plus une société est prude, plus les désirs sont refoulés et plus ils se faufilent par les interstices en tout anonymat : quelle délurée oserait porter plainte, sachant qu'elle serait aussitôt accablée par l'opprobre général ? Quelle audacieuse oserait se rebiffer sachant que ses plus proches amis, ses parents même se garderaient de la soutenir : une femme n'est jamais tout à fait lavée de l'idée « qu'elle a bien dû le chercher », que c'est elle la salope, officiellement et définitivement « souillée ». En Egypte, le tout premier procès pour harcèlement a eu lieu en 2008 : Noha Rushdi Saleh, jeune réalisatrice de 27 ans, sera la première femme à oser affronter publiquement son agresseur. Il sera condamné à 3 ans de prison et les filles commenceront à oser réagir. Le réalisateur, témoin du procès, raconte qu'un sondage réalisé cette année là révélait que le harcèlement sexuel était un sport national dont personne ne parlait, que 98 % des étrangères de passage et 83% des femmes égyptiennes disaient en avoir été victimes. Le personnage de Nelly a été fortement inspiré par le témoignage de Noha.

Faysa, Seba, Nelly : trois belles femmes d'aujourd'hui, actives, fûtées, bien vivantes. L'une porte le voile, les autres pas, elles sont de milieux différents, elles ne se connaissent pas… enfin, pas encore. On les suit chacune dans leur quotidien, et le puzzle peu à peu se forme. Ça commence par des tranches de vie et ça prend très vite l'allure d'un polar atypique intrigant et vengeur. C'est que l'une de ces trois femmes, ne supportant plus les attouchements subis chaque jour dans le bus 678, a fini par régler elle même son problème. Sur le principe du « qui s'y frotte s'y pique », elle poignarde ses agresseurs là où ça les tourmente, avec la même discrétion qui leur permettait de rester impunis, car eux-mêmes, honteux et confus, se gardent bien de porter plainte. « Le poignardeur cible les agresseurs sexuel »… titre le canard du coin : à force, les mecs dans les bus commencent à craindre pour leur virilité et un flic plutôt futé, et pas forcément mécontent de la tournure que prennent les choses, piste les trois gonzesses qui ont fini par se trouver, et se confortent dans une détermination farouche à ne plus se laisser humilier.

Sorti en Egypte un mois avant la Révolution, le film a fait un tabac, provoquant moult débats animés. Il faut dire que le réalisateur ne s'en tient pas à l'anecdote mais donne avec nuances la mesure du problème. Deux jours avant la révolution, une loi a officialisé la notion de « harcèlement sexuel ». Mais ne croyez pas que l'Egypte est un cas unique : les deux pays où les femmes souffrent le plus de harcèlement sexuel sont l'Inde et le Mexique, où on a dû faire des bus séparés pour les hommes et les femmes…