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8e Commémoration de la traite des noirs et de l’esclavage
10 mai, 8e Commémoration de la traite des noirs et de l’esclavageLa Fondation du Mémorial vous invite :Vendredi 10 mai à 19h, SQUARE TOUSSAINT LOUVERTURE, à Bordeaux, Rive Droite en face du Jardin BotaniqueSoirée Nègres Marrons, avec les groupes Diable rouge, Kool A et Ramy, Arte Negra (Capœira)...
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L'ACROPOLE VENDU !!!
Les Grecs sont des gens formidables et côté imagination, ça carbure raide… Après des mois de négociations difficiles, le dimanche 17 mars, 2013, l’Acropole a été vendu non pas à un, mais deux investisseurs : l’émir du Qatar et la firme canadienne Eldorado Gold. Cette dernière aurait eu vent de l...
(FINGERS) Écrit et réalisé par James TOBACK - USA 1978 1h30mn VOSTF - avec Harvey Keitel, Tisa Farrow, Michael V. Gazzo, Jim Brown, Danny Aiello...
Une redécouverte qui sera pour la plupart une révélation : Mélodie pour un tueur, alias Fingers, faisait l'objet d'un presque culte dans les revues de cinéma qu'on lisait à la charnière des années 70 et 80, Positif en particulier. Mais après une sortie éclair en 1978, le film est resté invisible en salle, et son réalisateur James Toback a quasiment disparu de la circulation, réapparaissant furtivement à Cannes en 2009 avec un remarquable documentaire sur le boxeur Mike Tyson, jamais distribué en salle. Bref on avait l'impression que seuls quelques initiés chanceux avaient pu voir ce mythique Fingers. Parmi lesquels le cinéaste français Jacques Audiard, suffisamment impressionné par le film de Toback pour en tourner un remake qui fit sensation, même s'il édulcorait pas mal l'âpreté brute de l'original : De battre mon cœur s'est arrêté. Voilà, grâce à l'excellent distributeur Solaris (à qui on on doit également la reprise de Dans la chaleur de la nuit), Fingers est enfin de retour à l'écran, fiévreux, imprévisible, secouant.
Comme beaucoup d'antihéros faisant irruption dans le cinéma américain des années 70, rapidement résumé sous le terme « nouvel Hollywood », Jimmy est un être profondément déchiré et autodestructeur. Petite frappe incertaine à la solde intermittente d'un père criminel (personnage effrayant, interprété par l'incroyable Michael Gazzo), le personnage campé – habité, devrait-on dire – par un Harvey Keitel extraordinaire est dans le même temps hanté par son désir de se consacrer corps et âme à sa passion : le piano. Qu'il pratique assidûment, quasiment en transe. Du coup, tout en brutalisant les « mauvais payeurs » que son paternel lui demande de faire cracher au bassinet, il s'entraîne pour une audition à Carnegie Hall.
Rarement un conflit intérieur aura été dépeint avec autant d'acuité et de force brute mêlées. Totalement instable, Jimmy, cousin du Travis Bickle de Taxi Driver, est un être capable d'exploser à chaque instant. En témoigne la scène du restaurant où, indigné par un client qui lui a demandé de baisser le son de son radio-cassette – dont il ne se sépare jamais –, il est prêt à lui sauter à la gorge, expliquant à l'ignare que la musique qui le dérange pendant son repas est un des morceaux de rock les plus révolutionnaires au monde ! Sombrant peu à peu dans une sorte de folie, Jimmy se retranche progressivement dans son monde, où la musique fait office de barrière protectrice entre lui et les autres.
Mais Mélodie pour un tueur est aussi le portrait d'un homme dont la virilité est mise à mal et, à travers lui, probablement celui d'un pays qui doute. Il faut voir comment Jimmy, incarnation de l'anti-séducteur, se heurte aux femmes qui l'attirent. Faut-il s'étonner que lorsqu'il poursuit Carol (Tisa Farrow, dont il n'est pas besoin de se demander de qui elle est la sœur) de ses assiduités, la situation tourne à la catastrophe ? Se sentant constamment menacé – par son père, par ses ambitions contrariées, par les femmes, par le monde environnant –, Jimmy est un « misfit » – comme les affectionnait John Huston – dont l'impuissance existentielle et sexuelle est violemment révélée par le personnage du maquereau joué par le colosse Jim Brown.
Comme les premiers films de Scorsese, Mélodie pour un tueur est tourné dans les rues de New York, magnifiquement photographiée, même si la vision de la ville mythique est débarrassée de tout romantisme, et privilégie au contraire un regard désenchanté, qui révèle la brutalité, la trivialité, la solitude régnant en maîtres.
