Loading

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
ABONNEMENT : 48€ (10 places)
Séance sur fond gris : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Connaissez-vous l’Observatoire du nucléaire ?
Cet organisme est animé par notre ami Stéphane Lhomme, fin connaisseur de la question du nucléaire. Sur le site web l’Observatoire du nucléaire, vous pouvez vous inscrire pour recevoir une revue de presse hebdomadaire, qui épingle d’ailleurs presque autant les médias que le lobby de l’atome. Pre...

SÉANCES « BÉBÉ » de Mai-Juin
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...

8e Commémoration de la traite des noirs et de l’esclavage
10 mai, 8e Commémoration de la traite des noirs et de l’esclavageLa Fondation du Mémorial vous invite :Vendredi 10 mai à 19h, SQUARE TOUSSAINT LOUVERTURE, à Bordeaux, Rive Droite en face du Jardin BotaniqueSoirée Nègres Marrons, avec les groupes Diable rouge, Kool A et Ramy, Arte Negra (Capœira)...

TAKE SHELTER sur Vidéo En Poche
Vidéo en Poche des films sur votre clé usb !5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale étant celle d’un DVD ! Les fichiers sont notamment lisibles sur les Freebox et sur les TV et boitiers multimedia certifiés DivX plus HD. Vous pouvez consulter sur le site...

L'ACROPOLE VENDU !!!
Les Grecs sont des gens formidables et côté imagination, ça carbure raide… Après des mois de négociations difficiles, le dimanche 17 mars, 2013, l’Acropole a été vendu non pas à un, mais deux investisseurs : l’émir du Qatar et la firme canadienne Eldorado Gold. Cette dernière aurait eu vent de l...

UNE SECONDE FEMME

(KUMA) Umut Dag - Autriche/Turquie 2012 1h33mn VOSTF - avec Nihal G.Koldas, Begüm Akkaya, Vedat Erincin, Murathan Muslu, Alev Imak, Aliye Esra... Scénario de Umut Dag et Petra Ladinigg.

UNE SECONDE FEMMEÇa commence comme une magnifique carte postale… On est au cœur d’une fête de village, plus précisément d’un mariage tel qu’il s’en célèbre depuis des siècles. Les hommes chantent et dansent en se tenant par les épaules, en cercle autour des foyers où se préparent le festin nuptial. Quelque part dans une maison de pisé aux volets bleus éclatants, la mariée, très entourée par les femmes, se prépare dans son voile immaculé avant qu’on ne la recouvre d’une autre dentelle transparente afin de la présenter à son futur époux. Sous les broderies, vous n’oublierez plus le regard perdu et irréellement beau d’Ayse, la jeune promise à peine sortie de l’adolescence. Quant au marié, solide gaillard aux allures de mannequin oriental, il est un joli parti, probablement envié par d’autres jeunes filles, et complète le tableau idyllique. Sauf que la mère du marié est en larmes et que sa sœur fuit les lieux, en proie à une colère dont on n'aura pas tout de suite l'explication…

Et puis la modernité nous rattrape puisque, à peine la noce terminée, un minibus emporte les époux et leurs proches vers l’aéroport. Départ de la Turquie pour la mariée qui visiblement n’avait jamais quitté son village, direction l’Autriche, plus précisément la banlieue de Vienne où habite son époux. Violente transition pour Ayse, d’autant que sa belle-famille vit en vase clos au sein de la communauté turque très fermée de Vienne : sa vie s’écoule désormais principalement dans l'appartement familial, seules quelques incursions au supermarché le plus proche égayant son quotidien. Et très vite on comprend les larmes de la mère et la colère de la sœur au moment du mariage. Car la vérité est bien différente de celle que nous avions déduite : en fait Ayse n’a pas épousé le beau jeune homme, mais son père, la mère, très malade, ayant décidé de choisir elle-même une seconde épouse pour son mari afin qu’elle puisse assurer la continuité du foyer et l’éducation des enfants…

La force du film et ce qui le rend bouleversant, c’est qu’au lieu de céder à la dénonciation brutale de traditions qui peuvent paraître archaïques, le jeune réalisateur kurdo-autrichien Umut Dag s’abstient de juger et s'attache à observer la vie familiale dans toute sa complexité. Alors que notre première réaction pourrait être de trouver monstrueux ces gens qui font subir à Ayse cette situation intenable, Umut Dag montre des gens profondément bons mais englués dans des traditions qui les rattachent encore à leur terre natale tant aimée, victimes des apparences et du quand dira-t-on qui les oblige à mener des doubles vies cachées. La scène où le vieil homme, qui aime encore profondément sa femme malade, rejoint à contre-cœur le lit de la jeune épousée pour tenter de lui faire un enfant pourrait être glauque ; mais sous la caméra sensible d’Umut Dag, elle devient troublante et émouvante. La mère aussi est profondément touchante, dans la tendresse naturelle qu’elle éprouve pour la jeune fille qui est amenée à la remplacer. Très intelligents et subtils également les personnages des sœurs, dans leur rapport complexe à la société autrichienne, entre respect scrupuleux des traditions à la maison et adhésion tranquille aux codes de la société occidentale dès qu’elle sont à l’extérieur…
Bref le film est passionnant dans tout ce qu'il montre, dans tout ce qu'il laisse deviner. Les acteurs sont tous formidables, et la mise en scène, qui oppose l’enfermement contraint en Autriche et les paysages ouverts et magnifiques de l’Anatolie, portent toute la richesse et la complexité du propos. Après Fatih Akin en Allemagne, un autre grand réalisateur issu de l’immigration turque est né, en Autriche cette fois.