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NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
ABONNEMENT : 48€ (10 places)
Séance sur fond gris : 4€
SÉANCES « BÉBÉ » de Juin-Juillet
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...
Le Phile du Ciné
Tous les mercredis, Utopia participe à la réalisation du magazine cinéma de O2 RADIO : Le Phile du Ciné
Jean & Fareed vous parlent de l’actualité du cinéma sur la Gironde. L’équipe d’Utopia s’exprime chaque semaine sur des thèmes ayant traversé les salles, en fiction ou documentaire. Magazine en...
Politique d’immigration de François Hollande Un an après, toujours pas de rupture
Par la Cimade Bordeaux
L’élection de François Hollande laissait espérer une véritable rupture avec la politique d’immigration brutale et inefficace de ces dernières années. Un an après, on peut constater que le gouvernement actuel traite un peu mieux les étudiants étrangers, a mis fin à la franchise...
PCA : Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux-Vallée de l’Isle • PCAChaque Mercredi de 19h00 à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, pâtes fraîches, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres, jus de pomme, ...
Notre-Dame-des-Landes
Samedi 8 Juin à 15h – Faites des possibles ! Place St Michel (Bordeaux), Rassemblement des alternatives en actionLe 8 juin, le collectif bordelais de soutien à Notre-Dame-des-Landes se propose d’installer sur la place Saint Michel à Bordeaux un village associatif, pour une journée de festivités ...
Alexandre SOKOUROV - Russie / Allemagne 2011 2h19mn VOSTF - avec Johannes Zeiler, Anton Andansinskiy, Isolda Dychauk, Georg Friedrich, Hanna Schygulla... Scénario de Yuri Arabov, Alexandre Sokourov et Marina Koreneva, librement adapté du roman de Goethe. Lion d’Or, Festival de Venise 2011.
« Il y a des grands films qui vous font rire, d’autres qui vous inondent de larmes, enfin certains trop rares qui changent votre vie. Faust est de ceux là. » Darren Aronofsky (réalisateur de Black swan), président du jury du Festival de Venise 2011
C’est par un plan sublime que débute Faust, adaptation libre et splendide de l’inadaptable œuvre de Goethe. On est quelque part dans les cieux, ou dans les limbes ou au paradis (selon la sensibilité de chacun), et à travers la brume ouatée, on descend de plus en plus vite vers les terres. Apparaît un village à l’architecture médiévale, ceint de remparts et lové au bord d’une côte montagneuse. La caméra plonge, entre dans un bâtiment et on se retrouve soudainement sous… l’appareil génital du cadavre d’un syphilitique ! Un cadavre que le docteur Faust est en train de disséquer avec son assistant Wagner, avant d'entamer une réflexion métaphysique sur le logement de l’âme humaine…
Alexandre Sokourov fait preuve d'une audace incroyable et renouvelée depuis des années, depuis qu'il est devenu l’héritier légitime d'Andrei Tarkovski, le génie du cinéma russe disparu au milieu des années 80. Sokourov s’est attaqué depuis 1999 à l'étude, à la dissection – décidément ! – du pouvoir absolu. Comment il dirige les hommes au point de leur faire croire qu’ils approchent de Dieu, avant qu’ils se rendent compte, trop tard, qu’ils ne sont que de simples mortels. Dans les trois premiers volets de sa tétralogie, Sokourov a fait le portrait de Hitler réfugié dans son nid d’aigle de Berchtesgaden (Moloch) puis de Lénine (Taurus) et de l’empereur Hiro Hito (Le Soleil). Le choix de clore la série avec Faust peut paraître étonnant car le personnage, contrairement aux précédents, n’est en rien une figure historique mais une création littéraire de Goethe à partir d’un héros de la mythologie germanique médiévale. Pourtant le cinéaste poursuit et renverse dans une pirouette la thématique en observant un homme ne disposant au demeurant d'aucun pouvoir particulier mais qui cherche désespérément à comprendre les plus grands des mystères, notamment celui de l’âme, dans une quête scientifique et rationnelle effrénée avant céder aux tentations du Vilain, qui lui apporte ce qu’il recherche depuis si longtemps.
Sokourov respecte à peu près à la lettre le mythe de Faust : la rencontre du docteur désargenté avec l’usurier qui est en fait Méphistophélès et qui lui proposera le fameux pacte ; celle avec la jeune Gretchen dont la candeur et la pureté le fascinent ; la descente inexorable vers le mal avec le meurtre de celui qu’il ne sait pas être le frère de Gretchen ; la plongée vers les enfers ou vers la liberté… La grande force du film est d’avoir donné corps, d’avoir conféré une dimension charnelle, voire carnassière, au héros de Goethe qui n’était que parole philosophique ininterrompue. Sous la caméra de Sokourov, Faust est un homme en proie à la passion philosophique mais aussi aux angoisses et aux désirs humains, qui a une vie, un père mourant, une attirance tangible pour les jeunes filles.
Alors que, dans un paradoxe dont il est coutumier, Sokourov se déclare plus homme de lettres que de cinéma, son film brille une fois de plus par sa vision plastique et picturale qui en fait une succession de tableaux inoubliables. Evoquant tour à tour l’univers d’un Bosch à travers son personnage de Mephisto, masse de chair informe mais fascinante se baignant au milieu des lavandières, les tonalités de la peinture flamande et allemande du xve siècle, les préraphaélites dans la chute de deux amants dans l’eau d’un lac, et enfin la peinture romantique allemande dans les paysages désolés de l’au-delà (filmés dans le décor stupéfiant des montagnes de l’Islande, Sokourov s'affirme définitivement comme un des plus grands sculpteurs d’images du cinéma contemporain.
