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SÉANCES « BÉBÉ » de Mai-Juin
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8e Commémoration de la traite des noirs et de l’esclavage
10 mai, 8e Commémoration de la traite des noirs et de l’esclavageLa Fondation du Mémorial vous invite :Vendredi 10 mai à 19h, SQUARE TOUSSAINT LOUVERTURE, à Bordeaux, Rive Droite en face du Jardin BotaniqueSoirée Nègres Marrons, avec les groupes Diable rouge, Kool A et Ramy, Arte Negra (Capœira)...
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L'ACROPOLE VENDU !!!
Les Grecs sont des gens formidables et côté imagination, ça carbure raide… Après des mois de négociations difficiles, le dimanche 17 mars, 2013, l’Acropole a été vendu non pas à un, mais deux investisseurs : l’émir du Qatar et la firme canadienne Eldorado Gold. Cette dernière aurait eu vent de l...
Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film)
Une expérience européenne (The Tide Experiment)
va proposer une sortie quasi simultanée de films en salles et en vidéo dans dix
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Écrit et réalisé par Claudine NOUGARET et Raymond DEPARDON - documentaire France 2012 1h40mn - Musiques de Patti Smith et Alain Bashung.
L’homme a été choisi tout récemment pour immortaliser dans les jardins de l’Elysée notre nouveau président. Probablement pas un hasard, parce qu’en plus d’être le photographe et documentariste français vivant le plus connu de par le monde, il a traversé la grande Histoire, sillonnant la planète sur toutes les zones de conflit, parcourant la France plus qu’un représentant de commerce. Il est d’ailleurs amusant de noter que le premier long métrage de Raymond Depardon, devenu le photographe de François Hollande, fut 1974, une partie de campagne, observation sans complaisance de la campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing, film censuré jusqu’en 2002.
Au vu et au su de tout cela, Journal de France a une saveur particulière. C’est d’abord un voyage dans l’espace, à la rencontre de la France normale (le mot est très à la mode ces derniers temps), celle qui intéresse peu les médias, qui ne symbolise ni la richesse ostentatoire ni la relégation sociale, cette France semi rurale a priori sans grand intérêt. Raymond Depardon, durant six ans, au volant d’une fourgonnette et muni d’un ancestral appareil photo avec chambre, a décidé d’immortaliser cette France-là dans tout ce qu’elle a de statique et en même temps de symbolique, pour capter ce qui probablement disparaitra prochainement. Et son œil aiguisé sait restituer le carrefour enneigé et irréel d’une petite ville, entre une charcuterie hors d’âge (c’est terrible, la disparition des bonnes charcuteries dans les petites villes !) et un coiffeur dont les modèles aux photos délavées ressemblent à des James Dean désuets. Il sait saisir l’incongruité de ses sorties de villes vouées aux zones commerciales, qui se ressemblent terriblement, de Dunkerque à Perpignan en passant par Tulle… Il sait retrouver, une bonne décennie après un premier passage, trois petits vieux méridionaux dont la vie semble depuis toujours s’écouler sur un banc devant un garage, autour de discussions enflammées.
Mais l’originalité de ce film à deux mains, co-réalisé avec Claudine Nougaret – avec qui il vit et travaille depuis 25 ans – est d’avoir mêlé à ce voyage photographique hexagonal un voyage dans le temps, à travers des archives photographiques et cinématographiques – pour la plupart inédites – conservées par Depardon, qui évoquent près de quarante ans de travail à la rencontre du monde. On découvre les premières photos réalisés avec un 6x6 Lumière dans la ferme familiale du Garet, le premier court métrage documentaire lors du Printemps de Prague en hommage au jeune Ian Palach qui s’immola par le feu. Et ces images incroyables de l’interview en captivité de Françoise Claustre, archéologue otage des rebelles du Tibesti tchadien, femme en colère contre le jeu trouble de la France qu’elle accuse de l’avoir abandonnée.
Par la suite, Depardon deviendra un immense documentariste et le film permet de voir des extraits commentés par Claudine Nougaret de ses films les plus emblématiques : Numéro Zéro, en 1977, sur le lancement du quotidien Le Matin ; San Clemente en 1980, fascinante plongée dans un hôpital psychiatrique vénitien ; puis sa série sur l’institution judiciaire et policière, avec Délits flagrants et 10e chambre. Enfin la série Profils paysans, retour de longue haleine sur ce monde rural qui l’a vu naître et qu’il sait regarder et écouter à merveille.
Journal de France est donc une sorte d’indispensable bilan d’étape pour qui apprécie le travail de Raymond Depardon. Bilan d’étape et pas du tout testament, parce qu’on sent bien que l’ami Raymond n’a pas fini de nous envoyer des nouvelles du monde. On s’en réjouit et on attend la suite avec impatience.
