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SÉANCES « BÉBÉ » de Juin-Juillet
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...

Le Phile du Ciné
Tous les mercredis, Utopia participe à la réalisation du magazine cinéma de O2 RADIO : Le Phile du Ciné Jean & Fareed vous parlent de l’actualité du cinéma sur la Gironde. L’équipe d’Utopia s’exprime chaque semaine sur des thèmes ayant traversé les salles, en fiction ou documentaire. Magazine en...

Politique d’immigration de François Hollande Un an après, toujours pas de rupture
Par la Cimade Bordeaux L’élection de François Hollande laissait espérer une véritable rupture avec la politique d’immigration brutale et inefficace de ces dernières années. Un an après, on peut constater que le gouvernement actuel traite un peu mieux les étudiants étrangers, a mis fin à la franchise...

PCA : Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux-Vallée de l’Isle • PCAChaque Mercredi de 19h00 à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, pâtes fraîches, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres, jus de pomme, ...

Notre-Dame-des-Landes
Samedi 8 Juin à 15h – Faites des possibles ! Place St Michel (Bordeaux), Rassemblement des alternatives en actionLe 8 juin, le collectif bordelais de soutien à Notre-Dame-des-Landes se propose d’installer sur la place Saint Michel à Bordeaux un village associatif, pour une journée de festivités ...

THE DEEP BLUE SEA

Écrit et réalisé par Terence DAVIES - Angleterre 2012 1h38mn VOSTF - avec Rachel Weisz, Tom Hiddleston, Simon Russel Beale, Ann Mitchell... D’après la pièce de Terence Rattigan.

THE DEEP BLUE SEAC’est un film superbement et radicalement désuet et british. Aussi british et désuet que le brandy, les scones, les chapeaux melons, les couvre-théières en tissu ou le tweed. Il pourrait paraître folklorique ou ringard, il est simplement d’une élégance extrême à une époque rongée par l'insupportable obsession du « cool ». Ce film d'une intelligence et d'un goût exquis évoque une Angleterre oubliée, celle des années 50 et de la difficile après guerre, une Angleterre digne, entravée par les conventions et les restrictions, enterrée dans la mémoire collective par les libératrices et futiles années 60. Cette époque, un auteur l’a auscultée sous toutes ses coutures les plus cruelles : Terence Rattigan, dramaturge incontournable des émotions britanniques et de la souffrance des femmes de la haute bourgeoisie. Son chef d’œuvre Bonne fête, Hesther (devenu The Deep blue sea) aurait pu ne jamais voir son adaptation au cinéma s'il n'y avait eu l’étrange, l'unique Terence Davies. Cinéaste discret mais sublime, Davies n’a jamais cessé d’interroger les souvenirs de son enfance dans les années 50 (autant dans ses deux fictions, Distant voices, still lives et Long day closes que dans son fabuleux documentaire sur Liverpool, Of time and the city), et sa passion pour le mélo britannique.

Drame classique sur le triangle amoureux, The Deep blue sea met en scène Hester Collyer, fille de pasteur et jeune épouse élégante de Sir William Collyer, haut magistrat honorable, de deux bonnes décennies son aîné. L’existence du couple, confortable et paisible, s’écoule dans l’affection et le respect mutuels. Jusqu’au jour où Hester croise le regard intense et brûlant de Freddie Page, ancien pilote de la RAF récemment démobilisé et pour lequel elle éprouve une attirance immédiate. Une histoire qui pourrait être terriblement banale si elle ne se déroulait pas dans un contexte bien particulier : celui de la haute bourgeoisie des années 50. Parce que ce qui se règle aujourd’hui par un divorce à l’amiable était il y a 60 ans une tragédie : quelques dix ans auparavant, un roi avait même choisi d'abandonner la couronne pour l’amour d’une femme divorcée… Sans compter que les rapports entre femme/mari/amant étaient alors plus complexes et plus ambigus. Hesther respecte infiniment son mari, prêt à tout donner pour elle, mais ne peut résister à la passion pour Freddie avec qui elle découvre le plaisir charnel, la passion destructrice, qui enflamme les sens et le cœur hors de toute raison. Et pour cela elle va transgresser les règles de son rang, accepter de tout perdre pour vivre l’existence des laissés pour compte de l’après guerre, dans un taudis sans eau courante… alors même que Freddie ne montre pas d’égale passion pour elle, bien plus enclin à aller s’enivrer et jouer avec ses anciens compagnons de combat !

En plus du magnifique et complexe portrait d'une femme prise dans les rets de la passion (remarquablement interprétée par Rachel Weisz), Terence Davies cisèle de riches personnages masculins : Sir Collyer, archétype du haut fonctionnaire enfermé dans ses conventions et sa dignité alors qu’il n’est que bonté et amour pour la femme qu’il perd ; Freddie Page, séducteur insupportablement cruel et futile qui cache en lui la fêlure des combattants qui ont survécu en voyant mourir leurs compagnons et ne parviendront jamais à s’habituer à la vie civile. Au-delà de dialogues brillants et littéraires, il y a surtout le travail visuel exemplaire de Davies, dont chaque plan semble avoir été pensé au millimètre et dont les tonalités rendent à la perfection ces années 50 ternes et grises durant lesquelles les passions ne pouvaient que conduire à l'échec, voire au désespoir.
Amusante pirouette : Terence Ratigan, dandy jusqu’au bout, ne supporta jamais les tonitruantes Swinging Sixties et préféra quitter Londres pour se retirer aux Bermudes. Rendons grâce à Terence Davies de l’avoir ressuscité. Vous reprendrez bien une larme de Martini Dry ?