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SÉANCES « BÉBÉ » de Juin-Juillet
Les séances estampillées « Bébé » dans les grilles horaires sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveau-né, et se faire une toile pendant qu’il roupille tranquillement dans leurs bras (on met le son un peu moins fort pour l’occasion). Ces séances sont évidemment ouvertes aux ...
Le Phile du Ciné
Tous les mercredis, Utopia participe à la réalisation du magazine cinéma de O2 RADIO : Le Phile du Ciné
Jean & Fareed vous parlent de l’actualité du cinéma sur la Gironde. L’équipe d’Utopia s’exprime chaque semaine sur des thèmes ayant traversé les salles, en fiction ou documentaire. Magazine en...
Politique d’immigration de François Hollande Un an après, toujours pas de rupture
Par la Cimade Bordeaux
L’élection de François Hollande laissait espérer une véritable rupture avec la politique d’immigration brutale et inefficace de ces dernières années. Un an après, on peut constater que le gouvernement actuel traite un peu mieux les étudiants étrangers, a mis fin à la franchise...
PCA : Paysans et Consommateurs Associés
Bordeaux-Vallée de l’Isle • PCAChaque Mercredi de 19h00 à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, pâtes fraîches, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres, jus de pomme, ...
Notre-Dame-des-Landes
Samedi 8 Juin à 15h – Faites des possibles ! Place St Michel (Bordeaux), Rassemblement des alternatives en actionLe 8 juin, le collectif bordelais de soutien à Notre-Dame-des-Landes se propose d’installer sur la place Saint Michel à Bordeaux un village associatif, pour une journée de festivités ...
Écrit et réalisé par Xavier DOLAN - Canada (Québec) 2012 2h40mn - avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye, Monia Chokri, Susie Almgren, Yves Jacques...
C’est un film fleuve qui déverse les torrents d’émotion d’une histoire d’amour a priori impossible, un film d’un romantisme absolu que seul probablement un jeune réalisateur prodige pouvait réaliser avec la passion, l’arrogance et la mégalomanie qui le caractérisent. Histoire d’amour a priori impossible parce que somme toute, la plupart des femmes, aussi passionnées soient elles, prennent leurs jambes à leur cou quand leur aimé leur annonce tout de go, après des mois de relations intenses, qu’il souhaite depuis toujours changer de sexe. Mais Fred, jeune femme tout en énergie et en détermination, s'accroche. La fin de son amour pour Laurence, un amour fusionnel que rien ne semblait pouvoir contrarier jusqu’à cet aveu violent et inattendu, lui semble inacceptable et elle n’est pas prête à renoncer, même si elle doit contrarier ses désirs de femme pour un homme qu’elle croyait aimer dans sa pleine virilité.
Et cette histoire, faite évidemment de ruptures et de retrouvailles envers et contre les proches, leur regard accusateur ou condescendant, va s’étaler sur dix ans. Dix ans pour que la jeune Fred devienne pleinement femme, et qu'avec cette maturité vienne les aspirations à une éventuelle normalité, à la maternité, à la construction d’une vie familiale. Et pour Laurence dix ans où il va passer du jeune homme enfermé dans une identité sexuelle qu’il n’a pas choisi à un troisième genre parfaitement assumé, dix ans durant lesquels il va tenter de concilier son amour pour Fred et sa nouvelle apparence, sa nouvelle famille – un formidable clan d’artistes transformistes, belle bande de vieilles tantes éminemment sympathiques et hautes en couleurs.
Autant dire que le sujet, son interprétation, sa mise en scène étaient pour le moins casse gueule et auraient pu tomber dans le ridicule consommé. Mais il y a Melvil Poupaud, qui rend totalement crédible la transformation autant physique que psychologique de Laurence. Mais il y a Suzanne Clément, qui sait insuffler toute la passion, toute la colère, tous les déchirements à son personnage de femme irréductible. Il faut aussi noter deux personnages secondaires remarquables : Stéphanie (Monia Chokri), la sœur lesbienne grande gueule de Fred (apportant au passage quelques moments bien sentis d’humour cynique) qui, bien qu’ayant des affinités naturelles avec Laurence, veut la protéger de cet amour destructeur ; et Nathalie Baye qui incarne avec brio la mère désabusée et parfois égoïste de Laurence, terrorisée par un mari passant de l’apathie à l’hystérie.
Mais c’est surtout à travers sa mise en scène baroque et formidablement excessive que Dolan parvient à faire passer l’absolu des sentiments. Quand, séparée depuis plusieurs années, Fred reçoit un recueil de poèmes de Laurence devenu écrivain à succès et prend sur la tête le déluge dans son salon. Ou quand Fred et Laurence dansent enlacés au milieu d’une bande de rednecks médusés d’un bar du Québec profond sur Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion. La période (les années 90 qui correspondent à l’enfance de Xavier Dolan) et son univers musical sont très présents et extrêmement bien rendus : on entend entre autres les incontournables Depeche Mode, Cure, Duran Duran… Une période où l’homosexualité était, dans une grande ville moderne comme Montréal, désormais tolérée mais où le tabou ultime restait la trans-sexualité. Et Xavier Dolan sait justement montrer que l’amour absolu dépasse de loin toutes les transgressions.
