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PCA : Paysans et Consommateurs Associés
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Notre-Dame-des-Landes
Samedi 8 Juin à 15h – Faites des possibles ! Place St Michel (Bordeaux), Rassemblement des alternatives en actionLe 8 juin, le collectif bordelais de soutien à Notre-Dame-des-Landes se propose d’installer sur la place Saint Michel à Bordeaux un village associatif, pour une journée de festivités ...

3 FEMMES

(THREE WOMEN) Écrit et réalisé par Robert ALTMAN - USA 1977 2h04mn VOSTF - avec Shelley Duvall, Sissi Spacek, Janice Rule, Robert Fortier, Ruth Nelson, John Cromwell... Festival de Cannes 1977 : Prix d'Interprétation féminine pour Shelley Duvall.

3 FEMMESAu printemps 1977, la 20th Century Fox, qui n'appartenait pas encore à Rupert Murdoch, proposait deux longs métrages aux clients des multiplexes qui venaient de remplacer les salles à écran unique : Trois femmes, de Robert Altman, suivi, trois semaines plus tard, par La Guerre des étoiles, de George Lucas. Le triomphe du soap-opera spatial de Lucas amènera les studios à abandonner sur le bord de la route le cinéma qu'incarne Altman : celui de l'ambition esthétique et intellectuelle. A revoir Trois femmes, on reste ébahi à l'idée qu'une multinationale ait pu consacrer un million et demi de dollars à cette oeuvre qui aspire à l'incohérence des rêves et force le spectateur à se frayer seul un chemin entre des personnages tour à tour énigmatiques et triviaux, des paysages sublimes et sordides.

Robert Altman a raconté que l'idée du film lui était venue d'un rêve qu'il avait fait après avoir vu Sissy Spacek dans Welcome to L.A., d'Alan Rudolph. Dans ce songe, il avait vu la jeune actrice texane en compagnie de Shelley Duvall, qu'il avait fait débuter dans Brewster McCloud. Le scénario de Trois femmes garde la texture du rêve, avec ses incertitudes, mais aussi sa cohérence : Pinky Rose (Sissy Spacek) est embauchée dans un établissement gériatrique du désert californien. Millie Lamoreaux (Shelley Duvall), une grande fille cruche si pleine d'assurance qu'elle ne se rend pas compte des moqueries dont on l'accable, la prend sous son aile. Même quand il rêve, Altman ne se départ pas de son ironie.
Plus loin dans le désert, un minable complexe touristique est peu à peu recouvert par les fresques que peint la troisième femme, Willie (Janice Rule). Elle vit avec Edgar, un mâle qui partage son temps entre la séduction des (plus ou moins) innocentes et le tir au pistolet. C'est ce qui reste de l'Ouest, le vrai, qu'Altman vient de passer à la moulinette dans Buffalo Bill et les Indiens. Le monde des mâles semble mûr pour tomber aux mains des femmes, mais le conflit qui parcourt le film oppose Pinky à Millie. La jalousie, le mensonge, jaillissent par éruptions si brèves qu'on peine à les interpréter. Les deux actrices, Spacek et Duvall, sont superbes, la première révélant sa force de nuisance (un exercice qu'elle avait mis au point dans le Carrie de Brian De Palma), la seconde dévoilant l'humanité d'un personnage qu'elle a d'abord présenté comme une caricature.
Le renversement du rapport de force entre les deux femmes évoque Persona, d'Ingmar Bergman, à ceci près que la chaleur sèche de la Californie, la folie que portent les vents du désert, entraînent Trois femmes très loin des angoisses métaphysiques scandinaves pour s'épanouir dans une espèce d'indétermination psychédélique.

Robert Altman est assez malin pour ne pas larguer son spectateur seul en plein désert. L'image reste de bout en bout captivante, extrayant le fantastique des paysages désolés et désolants d'une petite ville de Californie. In extremis, il sort de son chapeau une conclusion qui défie la logique dramatique tout en parvenant à une harmonie visuelle et cinétique.

(T. Sotinel, Le Monde)