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LA COMMUNE LIBRE DU QUARTIER SAINT-PIERRE
Association loi 1901 : prochain rendez-vous des Talents du Quartier Saint-Pierre Mardi 5 Décembre, de 18h à 21h, place Camille Jullian.  Peuvent être exposants les professionnels du quartier (commerçants, artisans, professions libérales) mais aussi des particuliers qui sont porteurs d’une expert...

PRIX DÉCOUVERTE DES SPECTATEURS D'UTOPIA
Décerné à votre film préféré parmi les premiers films français de l’année 2017 A l’initiative des deux associations de quartier La Commune Libre du quartier Saint Pierre et Les Amis de l’Utopia, sera décerné le premier Prix Découverte des Spectateurs du cinéma Utopia  de Bordeaux. C’est donc à v...

Solidarité avec Jean-Jacques Rue
Collègue d’Utopia Saint-Ouen l’Aumône et ci-devant chroniqueur cinéma à Siné Mensuel, et son camarade poète et cinéaste franco-grec Yannis Youlountas Jean-Jacques Rue, c’est une figure d’Utopia : un nounours punk qui s’active dans les salles de Saint-Ouen l’Aumône. À Bordeaux, vous l’avez vu tou...

STOP LINKY
Pour en savoir plus sur le compteur électrique Linky, savoir POURQUOI et/ou COMMENT faire pour le refuser, vous le pouvez, le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole vous invite à venir Salle de la cheminée au Cinéma Utopia, à l’occasion de l’une de ses réunions. Et si vous souhaitez rejoindre l...

PCA
 Paysans et Consommateurs Associés, Bordeaux-Vallée de l’IslePCA Chaque Mercredi de 19h à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres...

LA FILLE DE RYAN

(RYAN'S DAUGHTER) David LEAN - GB 1970 3h15mn VOSTF - avec Sarah Miles, Robert Mitchum, Christopher Jones, Trevor Howard, John Mills... Scénario de Robert Bolt (très librement inspiré de Madame Bovary de Flaubert ?).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FILLE DE RYANUn grand, un merveilleux classique, mélo solaire et flamboyant, qui fait preuve d'une modernité sulfureuse, abordant de front la sexualité féminine et ses frustrations alors que la décennie 70, celle de la libération sexuelle, était à peine entamée. Une épopée romanesque fleuve, qui est aussi une histoire de trahison, de frustration sexuelle, d'amours interdites… Dès le premier plan, subjuguant, qui montre la jeune Rosy, filmée depuis la falaise, marchant sur la plage immense et immaculée, on reconnaît la patte de David Lean, celui qui, du Pont de la rivière Kwai à Lawrence d'Arabie, a donné leurs lettres de noblesse aux super productions britanniques.

Nous sommes quelque part sur la côte irlandaise en 1915, en pleine Première Guerre Mondiale mais aussi en plein soulèvement nationaliste. La jeune Rosy Ryan, la fille du tavernier du village, un peu trop belle, un peu trop coquette et sophistiquée, un peu trop fantasque et indisciplinée, a bien du mal à s'accommoder de la vie de ses concitoyens parfois un peu rustres. L'attention obsessionnelle que lui porte Michael, le benêt du village, et la surveillance du père Collins, le curé local, lui sont totalement insupportables. Attirée par son charisme, son brio intellectuel, elle a jeté son dévolu sur Charles, l'instituteur veuf, de vingt ans son aîné. Et, jeune femme de décision, c'est elle qui fait les premiers pas et le pousse à l'épouser, lui qui hésite à cause de la différence d'âge et de la dissemblance de leurs caractères…
Il avait raison : rapidement la rousse intrépide trouve son mari passablement ennuyeux et, disons le tout net, constate que sa fougue amoureuse n'est pas à la hauteur de ses espérances… Le retour du front d'un prestigieux officier anglais va alors venir bouleverser la donne…

David Lean, cinéaste à la fois épique et intimiste, nous fait vivre à la perfection les tourments de l'intrigue amoureuse, trouvant de magnifiques intuitions de mise en scène : par exemple quand le mari imagine et reconstitue le parcours des amants sur la plage à partir des traces qu'ils ont laissées dans le sable ; ou encore lors de ce rendez-vous amoureux à cheval, qui s'épanouit au cœur d'une clairière. Mais comme souvent chez Lean, les passions humaines et les destins individuels s'inscrivent dans la Grande Histoire, ici la Première Guerre Mondiale et la Révolution irlandaise. Le père de Sarah est un indic des Anglais qui préfère laisser la vindicte populaire s'abattre sur sa fille plutôt que de griller sa couverture : l'amour de Rosy l'infidèle est doublement condamnable pour le village puisqu'elle aime le commandant qui organise la répression des indépendantistes. À aucun moment Lean ne prend parti : il renvoie dos à dos l'aveuglement de la répression anglaise et la lâcheté de la foule dont la violence s'exacerbe face à une personne fragile, devenue bouc émissaire. Il fait du jeune officier anglais avant tout une victime, marquée par le traumatisme de la guerre des tranchées qui lui provoque régulièrement des crises, enfermée dans son devoir au service de la couronne britannique. Dans la tourmente qui menace d'emporter Rosy, deux figures gardent leur intégrité et leur grandeur : Charles, l'instituteur impassible face aux moqueries, pour qui seul compte son devoir et l'amour qu'il porte à sa femme pourtant infidèle ; et le père Collins, homme d'église fort peu conventionnel, rempart d'humanité face à la violence qui monte de tous côtés. Comme dans le film testament de Lean, La Route des Indes, qui met en scène la rencontre d'une jeune femme promise à un magistrat anglais avec un médecin indien, c'est l'individu qui fait l'Histoire et se place au dessus d'elle sans toutefois y échapper jamais.