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GRÊLE : HALTE AUX MESURETTES, LE CHAOS CLIMATIQUE C'EST L'AFFAIRE DE TOUTE LA SOCIETE
a Gironde a été durement touchée par la grêle le 26 mai. Plusieurs milliers d’ha de vignes mais aussi de cultures maraîchères et de grandes cultures ont été ravagés. L’entraide collective spontanée s’est organisée dès la fin de semaine. Face à cette situation, la réponse du Ministè...

Interdiction du glyphosate : qu’a voté votre député-e ?
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PROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTI
SUR L’ÉCRAN DE LA SALLE 4, À PARTIR DU 4 JUILLETPROJECTION DES DESSINS RÉALISÉS PAR GIUSEPPE LIOTTIpour les storyboards des films de Matteo Garrone Né à Salerno le 23 juin 1978, Giuseppe Liotti est diplômé en Sciences de la communication. En 2001, il s’investit pendant un an dans une production ...

C'EST LA FÊTE DU CINÉMA
Du Dimanche 1er au Mercredi 4 JUILLET4 euros pour tout le monde à toutes les séances... Lire C'EST LA FÊTE DU CINÉMA...

Savez-vous quel est le point commun entre le Linky et le RGPD ? L’exploitation des données personnelles.
Le règlement général pour la protection des données (RGPD) applicable en Europe depuis le 25 mai 2018 concerne le traitement et la circulation des données à caractère personnel, sur lesquelles les entreprises s’appuient pour proposer des services et des produits. Les données personnelles sont mainte...

LA FILLE DE RYAN

(RYAN'S DAUGHTER) David LEAN - GB 1970 3h15mn VOSTF - avec Sarah Miles, Robert Mitchum, Christopher Jones, Trevor Howard, John Mills... Scénario de Robert Bolt (très librement inspiré de Madame Bovary de Flaubert ?).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FILLE DE RYANUn grand, un merveilleux classique, mélo solaire et flamboyant, qui fait preuve d'une modernité sulfureuse, abordant de front la sexualité féminine et ses frustrations alors que la décennie 70, celle de la libération sexuelle, était à peine entamée. Une épopée romanesque fleuve, qui est aussi une histoire de trahison, de frustration sexuelle, d'amours interdites… Dès le premier plan, subjuguant, qui montre la jeune Rosy, filmée depuis la falaise, marchant sur la plage immense et immaculée, on reconnaît la patte de David Lean, celui qui, du Pont de la rivière Kwai à Lawrence d'Arabie, a donné leurs lettres de noblesse aux super productions britanniques.

Nous sommes quelque part sur la côte irlandaise en 1915, en pleine Première Guerre Mondiale mais aussi en plein soulèvement nationaliste. La jeune Rosy Ryan, la fille du tavernier du village, un peu trop belle, un peu trop coquette et sophistiquée, un peu trop fantasque et indisciplinée, a bien du mal à s'accommoder de la vie de ses concitoyens parfois un peu rustres. L'attention obsessionnelle que lui porte Michael, le benêt du village, et la surveillance du père Collins, le curé local, lui sont totalement insupportables. Attirée par son charisme, son brio intellectuel, elle a jeté son dévolu sur Charles, l'instituteur veuf, de vingt ans son aîné. Et, jeune femme de décision, c'est elle qui fait les premiers pas et le pousse à l'épouser, lui qui hésite à cause de la différence d'âge et de la dissemblance de leurs caractères…
Il avait raison : rapidement la rousse intrépide trouve son mari passablement ennuyeux et, disons le tout net, constate que sa fougue amoureuse n'est pas à la hauteur de ses espérances… Le retour du front d'un prestigieux officier anglais va alors venir bouleverser la donne…

David Lean, cinéaste à la fois épique et intimiste, nous fait vivre à la perfection les tourments de l'intrigue amoureuse, trouvant de magnifiques intuitions de mise en scène : par exemple quand le mari imagine et reconstitue le parcours des amants sur la plage à partir des traces qu'ils ont laissées dans le sable ; ou encore lors de ce rendez-vous amoureux à cheval, qui s'épanouit au cœur d'une clairière. Mais comme souvent chez Lean, les passions humaines et les destins individuels s'inscrivent dans la Grande Histoire, ici la Première Guerre Mondiale et la Révolution irlandaise. Le père de Sarah est un indic des Anglais qui préfère laisser la vindicte populaire s'abattre sur sa fille plutôt que de griller sa couverture : l'amour de Rosy l'infidèle est doublement condamnable pour le village puisqu'elle aime le commandant qui organise la répression des indépendantistes. À aucun moment Lean ne prend parti : il renvoie dos à dos l'aveuglement de la répression anglaise et la lâcheté de la foule dont la violence s'exacerbe face à une personne fragile, devenue bouc émissaire. Il fait du jeune officier anglais avant tout une victime, marquée par le traumatisme de la guerre des tranchées qui lui provoque régulièrement des crises, enfermée dans son devoir au service de la couronne britannique. Dans la tourmente qui menace d'emporter Rosy, deux figures gardent leur intégrité et leur grandeur : Charles, l'instituteur impassible face aux moqueries, pour qui seul compte son devoir et l'amour qu'il porte à sa femme pourtant infidèle ; et le père Collins, homme d'église fort peu conventionnel, rempart d'humanité face à la violence qui monte de tous côtés. Comme dans le film testament de Lean, La Route des Indes, qui met en scène la rencontre d'une jeune femme promise à un magistrat anglais avec un médecin indien, c'est l'individu qui fait l'Histoire et se place au dessus d'elle sans toutefois y échapper jamais.