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Le blog des profondeurs...
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Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 8)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 6/05 au lundi 11/05/2020  Mercredi 6 mai, jour 51 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 6 mai de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de chèv...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 7)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 29/04 au mardi 5/05/2020  Mercredi 29 avril, jour 44 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 29 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages d...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 6)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 22/04 au mardi 28/04/2020  Mercredi 22 avril, jour 37 de l’après La séquence du confiné #34 La séquence précédente était extraite de L’as de pique, premier long métrage de Miloš Forman. Réalisé en 1964, le film suit les a...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 5)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 15/04 au mardi 21/04/2020  Mercredi 15 avril, jour 31 de l’après Comme la semaine dernière, nous vous soumettons ce mercredi quelques suggestions de films à voir (voir colonne de gauche). La semaine dernière c’était la ré...

Journal de bord d'un cinéma fermé (semaine 4)
Ici est archivé le journal de bord du confinement de la semaine du mercredi 8/04 au mardi 14/04/2020  Mercredi 8 avril, jour 24 de l’après PCA (Paysans & Consommateurs Associés)
Aujourd’hui, mercredi 8 avril de 18h à 19h livraison dans le hall du cinéma des paniers de légumes, oeufs, fromages de ...

Jeudi 11 Février 2016 à 14h

PROJECTION-DÉBAT : Israël, naissance d’une nation ?


Dans le cadre de la 13e édition LA CLASSE OUVRIÈRE C’EST PAS DU CINÉMA.
Projection suivie d’un débat avec Tarabout (« tous ensemble » en français), association israélienne qui travaille contre les discriminations.
Tarif unique : 4 euros

LE VOYAGE DE JAMES À JÉRUSALEM

Ra’anan ALEXANDROWICZ - Israël 2003 1h27mn VOSTF - avec Siyabonga Melongisi Shibe, Arie Elias, Salim Daw...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE VOYAGE DE JAMES À JÉRUSALEMJames est un jeune sud-africain, tout ce qu’il y a de noir, tout ce qu’il y a de pieux, tout ce qu’il y a de naïf. Il n’aspire qu’à devenir pasteur de son village, et atterrit à l’aéroport Ben Gourion, l’âme débordante de religieux espoirs pour ce qu’il veut être son premier pèlerinage sur la terre promise. Manque de bol, la police des frontières israélienne ne croit pas un mot de ses intentions, le trouve bien trop noir pour un pèlerin et le coffre aussi sec, sans chercher plus à comprendre, et lui confisque son passeport. James aura beau nier venir pour travailler, il se retrouvera embarqué par un « négrier » visiblement de mèche avec les gardiens de l’horrible taule et qui a, de toute évidence, coutume de venir faire le plein de main d’œuvre bon marché pour les chantiers qu’il gère dans tous les coins. Shimi, le négrier, a un père, et James va être mandaté pour s’occuper de sa maison. Mais fils et belle fille veulent chasser le père de la cahute qu’il occupe depuis son arrivée en Israël. C’est que le terrain a pris de la valeur, et il se prête parfaitement à une juteuse opération immobilière. Le père est futé et se doute que le rapport de force est en sa faveur, tant qu’il garde le pouvoir de décision sur ce terrain de valeur.

Ça commence donc sur les chapeaux de roue, mais la suite est totalement imprévisible, fertile en rebondissements, et ne vous laisse pas le temps de souffler. Le jeune James a l’esprit vif et a tôt fait de comprendre les mécanismes d’une société qui ne semble reposer que sur l’exploitation des uns par les autres. Débarqué comme un candide, il aura bientôt en main tous les atouts qui vont lui permettre de dérégler la circulation de l’argent et de s’approprier les règles du jeu. Sauf que, malgré tous ses efforts, James ne fera jamais partie de la grande famille juive qui se sert de lui autant qu’il se sert d’elle. Le fric et l’astuce ne sauraient faire de lui l’égal du dernier du clan, car il y a toute une dimension culturelle qui lui échappe définitivement : malgré toute sa soif d’intégration James ne sera toujours que le nègre de service.

Vous voyez bien qu’on est en terrain connu. Mais la plus formidable réussite du film, c’est de n’être pas manichéen, brodant dans la nuance, construisant autour de James quelques personnages qui trouvent au fil des images leur cohérence et leur humanité. On ne peut jamais ni les haïr ni les aimer tout à fait, chacun étant tour à tour odieux, drôle, touchant, voire sympathique. En particulier le grand père du négrier, formidable figure, fieffé escroc, vieux schnock radin, et néanmoins non dépourvu de culture et d’idéalisme. Il sera tour à tour l’initiateur de James, sa victime, son complice, nouant avec lui un dialogue parfaitement irrésistible, où chacun se jauge avant d’avancer son pion, porteur d’une philosophie et d’une tradition qui part en brioche. L’égoïsme et l’avidité règle la vie du fiston, mais néanmoins il inspirerait presque plus de compassion que de répulsion… On n’est pas près d’oublier Siyabonga Melongisi Shibe, inénarrable dans le rôle de James, arriviste qui se croit cynique, mais ne parvient pas tout à fait à l’être.

Ne cherchez pas ici une parabole ou un lien avec la Palestine : la querelle pour la terre, c’est entre Israéliens qu’elle a lieu et, sous ses airs de pamphlet, c’est la société Israélienne qu’Alexandrowicz interroge.