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Cours d'arabe et soutien humanitaire
Tel le colibri, cher à Pierre Rabhi, l’association Salam tâche « de faire sa part »… depuis 2003 Salam organise des cours d’arabe à Bordeaux, cours payants qui génèrent chaque année un pécule intégralement investi dans des actions humanitaires au Maroc… Notre actualité 2017-2022 : un projet de p...

Ecouter ou réécouter le débat "Nothing to hide"
On vous propose d’écouter le débat qui s’est tenu à l’issue de la projection du film « Nothing to hide » le 27 mars dernier dans une grande salle bien remplie.  La soirée était organisée par l’association Aquilenet et la Ligue des Droits de l’Homme Gironde. Le débat avait pour thèm...

Le petit Altern'actif, 3e édition, est disponible !
En vente au cinéma – Prix libreLa création de ce guide part de l’envie de partager toutes sortes de contacts et d’adresses. Il a été compilié et publié par un collectif de motivé-e-s de Bordeaux et ses environs. Vous avez dit altern’actif ?Souvent les lieux mis en lumière sont des endroits un pe...

Deux nouveaux documentaires sur Vidéo En Poche
Vidéo en Pochedes films sur votre clé usb !5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible,  la résolution minimale étant celle d’un DVD !  Les fichiers sont lisibles par VLC, mais aussi sur les Freebox,  et de nombreuses TV et boitiers multimedia.  Vous pouvez...

AVIS À LA POPULATION, AUGMENTATION DE NOS TARIFS À PARTIR DU 3 MAI
(il fallait bien que ça arrive, la précédente remontait à Mai 2013)Le tarif plein passe à 7 eurosLe carnet de 10 tickets passe à 50 eurosLe tarif première séance, par contre, reste à 4 euros.Si vous avez peu de sous, n’hésitez pas à acheter un ou deux carnets d’avance, ils ne sont pas limités da...

AURORE

Blandine LENOIR - France 2016 1h29mn - avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet... Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin.

Du 26/04/17 au 20/06/17

AUROREOn ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25.

Avouez que ça vous en bouche un coin ! Notre Aurore qui, comme la plupart de ses amies, se trouve confrontée à la solitude amoureuse (son ex est allé voir ailleurs si l’herbe n’était pas plus verte), à la ménopause (ah ! les bouffées de chaleur), à la maternité longuement mûrie de sa fille Marina (devenir grand-mère, non merci), au départ de sa fille cadette Lucie (dire qu’il y a 16 ans, il fallait encore lui donner la becquée) et à la perte de son job (tant qu’à faire). Décidément, qu’il est beau de ne pas naître femme histoire de mieux le devenir dans une société où la féminité connaît ses brèves heures de gloire avant celles de son obsolescence programmée… Dans ces conditions, après être femme devenue, ne faudrait-il pas tout simplement : renaître ?
C’est le déclic qui s’active dans l’esprit d’Aurore lorsqu’elle croise par hasard Totoche, son amour d’adolescence, perdu de vue depuis des lustres. Chic type en l’occurrence. Médecin, prévenant, belle allure encore, une pincée de nostalgie au fond de la prunelle… Il n’en faut pas plus – ni moins – pour qu’Aurore se retrouve de nouveau saisie par ce sentiment dont elle s’aperçoit qu’il est resté intact au fil du temps. L’eau a beau couler sous les ponts, ça ne les empêche pas de tenir… Il en va de même pour l’amour, dès lors qu’on s’intéresse un peu à ce type d’architecture informelle. Et voilà qu’Aurore, éperdument « totochisée », replonge dans la frénésie romantique de ses quinze ans. De son côté, en bon mâle responsable, Totoche a construit quelques barrages et se montre moins enthousiaste. Si la vie était simple…
Mais au fond, ce qui sauve Aurore de sa solitude de cinquantenaire délaissée n’est pas tant le fait de tomber amoureuse que celui de retrouver sa dignité et son éclat, intacts, le surgissement de ses rêves de jeunesse marquant essentiellement le décloisonnement d’une destinée vouée à l’échec social, à l’acceptation résignée des stéréotypes de genre et de génération. Moralité : il n’y a pas d’âge, qu’on soit femme ou homme, pour aimer, pour être heureux, pour se connaître, pour exister. Ce qui fait de cette formidable et joyeusement subversive comédie un film à voir toutes affaires cessantes par tous les garçons et les filles de tous les âges, jeunes, plus vieux, parents, grands-parents, ados… C’est d’ailleurs la rencontre de personnages de toutes générations et la confrontation de leurs expériences diverses et variées qui permettra à Aurore d’apprendre à être en phase avec elle-même.

Agnès Jaoui, sublime Aurore, redonne de la chair et de l’esprit, des formes et du fond, à un cinéma de comédie trop souvent habité par des corps formatés et des cerveaux maigrelets : on ne se lasse pas de contempler ses hanches, ses fesses et sa poitrine de Madone, généreuses et bouleversantes, on n’en finit pas d’être épaté par sa vivacité, son naturel, son intelligence, son humour imprévisible. Bref nous sommes tous des Totoche envoyant valser la prudence et la pusillanimité (13 lettres), prêts à (re) tomber amoureux de cette magnifique femme de 52 ans. Et merci à Bertrand Belin pour la bande originale qu’il a ici composée, incroyablement subtile et vivifiante, à l’image du film !