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STOP LINKY
Pour en savoir plus sur le compteur électrique Linky, savoir POURQUOI et/ou COMMENT faire pour le refuser, vous le pouvez, le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole vous invite à venir Salle de la cheminée au Cinéma Utopia, à l’occasion de l’une de ses réunions. Et si vous souhaitez rejoindre l...

PCA
 Paysans et Consommateurs Associés, Bordeaux-Vallée de l’IslePCA Chaque Mercredi de 19h à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres...

Revoir le débat avec Amandine Gay à Utopia pour "Ouvrir la voix"
Nous vous proposons de revoir le débat avec Amandine Gay à l’issue de la projection en avant-première de son film “Ouvrir la voix” le 29 septembre 2017. Organisée par le collectif Voix décoloniales. Projection animée par Sarah Daniel, anthropologue junior de l’Université de Bordeaux, membre du c...

LE ROCHER DE PALMER, Dimanche 19 NOVEMBRE
12h, BRUNCH MUSICAL 14h, PROJECTION de I AM NOT YOUR NEGRO de Raoul Pecksuivie d’un échange avec l’écrivain Eddy L. Harris et Fadila Kellala, présidente de l’association Espace Culturel des 2 Rives et membre du Conseil Citoyen du Haut-Cenon. Tarif film + brunch : 15 €Tarif film seul : 5 €. Il es...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
 Projections de films français en Version Sourds et Malentendants (VSM) avec sous-titres spéciaux. Les séances estampillées du symbole dans les grilles horaires indiquent des projections de films français en VSM, accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spécia...

AURORE

Blandine LENOIR - France 2016 1h29mn - avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot, Sarah Succo, Lou Roy-Lecolinet... Scénario de Jean-Luc Gaget, Blandine Lenoir et Océane Rose Marie. Musique de Bertrand Belin.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AUROREOn ne naît pas femme, on le devient… On aimerait bien poursuivre la discussion avec Simone de Beauvoir : une fois qu’on l’est devenue, qu’est-ce qu’on devient ? Au nom de quelle loi naturelle le corps épanoui de la cinquantaine se retrouve-t-il mis au rancart comme une fleur fanée, une plante verte défraîchie, un vieux pot dans lequel on ne fait même plus la meilleure soupe (j’arrête là, même si on pourrait aller beaucoup plus loin dans le registre du machisme ordinaire) ? Ce sont au fond les questions que se pose Aurore, la belle, la formidable, la surdouée Aurore – surdouée, oui, on peut le dire : figurez-vous qu’elle possède le talent unique de déterminer instantanément le nombre de lettres qui composent un mot ! Vous dites « anticonstitutionnellement », elle répond illico, sans compter sur ses doigts : 25.

Avouez que ça vous en bouche un coin ! Notre Aurore qui, comme la plupart de ses amies, se trouve confrontée à la solitude amoureuse (son ex est allé voir ailleurs si l’herbe n’était pas plus verte), à la ménopause (ah ! les bouffées de chaleur), à la maternité longuement mûrie de sa fille Marina (devenir grand-mère, non merci), au départ de sa fille cadette Lucie (dire qu’il y a 16 ans, il fallait encore lui donner la becquée) et à la perte de son job (tant qu’à faire). Décidément, qu’il est beau de ne pas naître femme histoire de mieux le devenir dans une société où la féminité connaît ses brèves heures de gloire avant celles de son obsolescence programmée… Dans ces conditions, après être femme devenue, ne faudrait-il pas tout simplement : renaître ?
C’est le déclic qui s’active dans l’esprit d’Aurore lorsqu’elle croise par hasard Totoche, son amour d’adolescence, perdu de vue depuis des lustres. Chic type en l’occurrence. Médecin, prévenant, belle allure encore, une pincée de nostalgie au fond de la prunelle… Il n’en faut pas plus – ni moins – pour qu’Aurore se retrouve de nouveau saisie par ce sentiment dont elle s’aperçoit qu’il est resté intact au fil du temps. L’eau a beau couler sous les ponts, ça ne les empêche pas de tenir… Il en va de même pour l’amour, dès lors qu’on s’intéresse un peu à ce type d’architecture informelle. Et voilà qu’Aurore, éperdument « totochisée », replonge dans la frénésie romantique de ses quinze ans. De son côté, en bon mâle responsable, Totoche a construit quelques barrages et se montre moins enthousiaste. Si la vie était simple…
Mais au fond, ce qui sauve Aurore de sa solitude de cinquantenaire délaissée n’est pas tant le fait de tomber amoureuse que celui de retrouver sa dignité et son éclat, intacts, le surgissement de ses rêves de jeunesse marquant essentiellement le décloisonnement d’une destinée vouée à l’échec social, à l’acceptation résignée des stéréotypes de genre et de génération. Moralité : il n’y a pas d’âge, qu’on soit femme ou homme, pour aimer, pour être heureux, pour se connaître, pour exister. Ce qui fait de cette formidable et joyeusement subversive comédie un film à voir toutes affaires cessantes par tous les garçons et les filles de tous les âges, jeunes, plus vieux, parents, grands-parents, ados… C’est d’ailleurs la rencontre de personnages de toutes générations et la confrontation de leurs expériences diverses et variées qui permettra à Aurore d’apprendre à être en phase avec elle-même.

Agnès Jaoui, sublime Aurore, redonne de la chair et de l’esprit, des formes et du fond, à un cinéma de comédie trop souvent habité par des corps formatés et des cerveaux maigrelets : on ne se lasse pas de contempler ses hanches, ses fesses et sa poitrine de Madone, généreuses et bouleversantes, on n’en finit pas d’être épaté par sa vivacité, son naturel, son intelligence, son humour imprévisible. Bref nous sommes tous des Totoche envoyant valser la prudence et la pusillanimité (13 lettres), prêts à (re) tomber amoureux de cette magnifique femme de 52 ans. Et merci à Bertrand Belin pour la bande originale qu’il a ici composée, incroyablement subtile et vivifiante, à l’image du film !