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Deux petits livres épatants en vente à la caisse du ciné
Sexy, Linky ?de Nicolas Bérard - 4 euros (Ed. Le passager clandestin)En collaboration avec la Librairie La Machine à lire Au fil d’un récit vif, entraînant et plein d’humour, Nicolas Bérard, journaliste de L’Âge de faire, retrace l’enquête qu’il a menée sur le déploiement à marche forcée du comp...

Le Bassin à flots, quelle galère !
Bon, je sais : difficile d’être audible dans le grand barnum électoral qui sévit actuellement autour de nous. Mais, faut-il le rappeler, nous avons un petit problème qui menace à moyen terme, disons trois ou quatre ans, l’existence même d’Utopia à Bordeaux. Il s’agit, on...

Misère, misère…
C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le pate...

LE MISANTHROPE
LA COMÉDIE FRANÇAISE AU CINÉMA POUR DES SÉANCES SCOLAIRESLa Comédie Française innove en proposant, à l’intention du public scolaire, des spectacles filmés, choisis parmi les grandes productions de sa saison. Le deuxième spectacle choisi est « LE MISANTHROPE » de Molière, mis en scène par Clément...

Cours d'arabe et soutien humanitaire
Tel le colibri, cher à Pierre Rabhi, l’association Salam tâche « de faire sa part »… depuis 2003 Salam organise des cours d’arabe à Bordeaux, cours payants qui génèrent chaque année un pécule intégralement investi dans des actions humanitaires au Maroc… Notre actualité 2017-2022 : un projet de p...

DE TOUTES MES FORCES

Chad CHENOUGA - France 2017 1h38mn - avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Laurent Xu, Daouda Keita, Aboudou Sacko, Jisca Kalvanda, Alexia Quesnel, Théo Fernadezn, Camille Japy... Scénario de Christine Paillard et Chad Chenouga.

Du 03/05/17 au 30/05/17

DE TOUTES MES FORCESUn beau film, simple, plein de force et de tendresse. Riche d'une fraternité dont on sent immédiatement qu'elle est sincère. Un film qui ressemble à son actrice principale, la grande Yolande Moreau. Profitons-en pour dire que le jeune comédien qui joue le rôle de Nassim, Khaled Alouach, est formidable lui aussi.
La tendresse, elle est là dès les premières images. Entre Nassim et sa mère, c’est une complicité un peu envahissante ; de celles des familles cabossées qui ont appris à se serrer les coudes pour avancer en dépit des vents mauvais ; de celles des mamans qui n’ont pas vu grandir leur petit garçon et qui s’accrochent à un baiser, une étreinte comme à une bouée. Nassim a 16 ans et il a les deux pieds dans la vie. Il est élève dans un bon lycée parisien et ça marche plutôt bien pour lui, avec sa bande de copains et puis les sorties et les flirts, discrets et encore maladroits. En dépit d’un quotidien pas facile à vivre, Nassim s’est construit une armure et affronte la vie avec la belle énergie de sa jeunesse. Il vit seul avec sa mère, une femme fanée dont on pressent bien, derrière le regard noir, l’absence d’étincelles.

Ce ne sera pas un secret et ça arrive très vite dans le récit, alors on peut l’écrire : la mère de Nassim va mourir. Son repère fondamental disparaît, son monde s’effondre, apportant chagrin, questionnements et culpabilité. Nassim n’est pas encore majeur et aucun de ses parents, proche ou lointains, ne peut le prendre en charge. Lui le presque jeune homme déjà tellement indépendant, tellement dégourdi, va se retrouver dans un foyer, en grande banlieue. Mais Nassim va faire comme si de rien n'était, ne rien dire à ses amis ni à ses profs. Il va s’inventer un oncle à Paris, chez qui il habite désormais, et continuer sa vie au lycée, avec sa bande de copains, sa petite amie, ses sorties, ses soirées. Personne ne se doute que tous les soirs, il rentre au foyer.
Malgré la bienveillance de la directrice (Yolande Moreau, évidemment), à la fois ferme et douce, à l’écoute des pensionnaires mais stricte sur les règles, Nassim ne se fait pas à cette vie en collectivité. Ces jeunes, ces « cassos » parfois rudes, turbulents, agités, n’ont rien en commun avec lui, rien à faire dans son horizon, ils ne sont pas son monde et ne pourront jamais devenir ses amis…
Mais les carapaces parfois se fissurent. Et sous celles des vrais durs, des grandes gueules, des filles faciles, des têtes de pioche, des gros bras se cachent des cœurs tendres qui n’ont eu ni la chance ni les bonnes personnes à leurs côtés mais qui restent debout, s’accrochant maladroitement les uns aux autres.

Nassim va devoir faire la route avec des compagnons qu’il n’a pas choisi, tout en essayant de conserver le lien fragile qui le rattache à sa vie de lycéen. Et cette tribu imparfaite va peu à peu, au gré des coups durs ou des petits bonheurs, l’aider à avancer, à dépasser ses peurs, son chagrin, bref à vivre, de toutes ses forces.