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Deux petits livres épatants en vente à la caisse du ciné
Sexy, Linky ?de Nicolas Bérard - 4 euros (Ed. Le passager clandestin)En collaboration avec la Librairie La Machine à lire Au fil d’un récit vif, entraînant et plein d’humour, Nicolas Bérard, journaliste de L’Âge de faire, retrace l’enquête qu’il a menée sur le déploiement à marche forcée du comp...

Le Bassin à flots, quelle galère !
Bon, je sais : difficile d’être audible dans le grand barnum électoral qui sévit actuellement autour de nous. Mais, faut-il le rappeler, nous avons un petit problème qui menace à moyen terme, disons trois ou quatre ans, l’existence même d’Utopia à Bordeaux. Il s’agit, on...

Misère, misère…
C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le pate...

LE MISANTHROPE
LA COMÉDIE FRANÇAISE AU CINÉMA POUR DES SÉANCES SCOLAIRESLa Comédie Française innove en proposant, à l’intention du public scolaire, des spectacles filmés, choisis parmi les grandes productions de sa saison. Le deuxième spectacle choisi est « LE MISANTHROPE » de Molière, mis en scène par Clément...

Cours d'arabe et soutien humanitaire
Tel le colibri, cher à Pierre Rabhi, l’association Salam tâche « de faire sa part »… depuis 2003 Salam organise des cours d’arabe à Bordeaux, cours payants qui génèrent chaque année un pécule intégralement investi dans des actions humanitaires au Maroc… Notre actualité 2017-2022 : un projet de p...

À VOIX HAUTE, la force de la parole

Stéphane DE FREITAS et Ladj LY - documentaire France 2016 1h39mn -

Du 10/05/17 au 20/06/17

À VOIX HAUTE, la force de la paroleC'est emballant, ça vous captive, ça vous remue les tripes… Sans grands effets, sans grands moyens : juste des voix, des phrases, des mots et une poignée de jeunots qui découvrent la puissance du verbe. « La parole c'est une arme, c'est quelque chose qui me permet de me défendre. » dit un garçon du film…
Ça se passe dans le 93. Le Neuf Trois selon la novlangue. Il y a quelque années, Stéphane de Freitas, le réalisateur du film, lui-même originaire d'une famille portugaise installée dans cette banlieue dont il aime la diversité, découvre brutalement en déboulant dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien qu'il va lui falloir apprendre à s'exprimer pour qu'on l'accepte et qu'on l'écoute… De son expérience est née la coopérative Indigo, à l'origine du concours « Eloquentia » qui rassemble chaque année des jeunes de Seine-Saint-Denis, issus de tous milieux, âgés de 18 à 30 ans, étudiants ou non. Chaque année une centaine de candidats se lancent dans l'aventure et se préparent à la finale avec l'aide d'une poignée de professionnels, slameurs, avocats, théâtreux… Il fallait bien qu'un jour, avant de partir vers d'autres horizons, Stéphane De Freitas s'empare d'une caméra et filme, pour témoigner de cette fabuleuse aventure qui continue désormais sans lui. Son film suit la promotion de 2015 tout au long de la préparation jusqu'au concours…

Qu'il est difficile au début de se lancer ! Oser ses premières phrases, affirmer un point de vue personnel, s'ouvrir aux autres, faire surgir du fond de soi une sincérité qui semble impudique, passer outre la crainte du ridicule… Les débuts sont timides et les exercices maladroits. Puis, à mesure que chacun se laisse apprivoiser, la peur s'estompe, le spectacle de la fragilité de ses alter ego aide à l'indulgence vis-à-vis de ses propres faiblesses et peu à peu la parole se libère. On s'interpelle, on argumente, on plaide… Tous prennent de l'assurance, les phrases viennent mieux, le plaisir de jouer avec les mots s'installe et de notre côté de l'écran, on jubile. Au bout du chemin, un des participants sera couronné « Meilleur orateur du 93 », mais tous seront sortis de ce qu'ils croyaient être leurs limites, apprenant à connaître les autres en commençant par mieux se connaître eux-mêmes…
On les suit aussi dans leur vie et on mesure les efforts que beaucoup doivent faire pour surmonter les handicaps les plus divers. On pense à Eddy, ce garçon amoureux de Victor Hugo qui se tape à pied deux fois par jour et sans rechigner les 10km qui séparent la maison de ses parents de la gare où il prend le train qui l'emmène à la fac. On pense à Elhadj, qui vivait dans la rue et continuait néanmoins ses études jusqu'à préparer une maitrise de sociologie et qui se sert de la parole pour témoigner de ce qu'il a vécu… À Leïla, jeune fille d'origine syrienne qui porte le voile et milite dans un collectif féministe… On constate – ou on découvre si on n'en avait pas idée – que, foin des clichés réducteurs, la banlieue est multiple, dans ses paysages, dans son architecture, comme dans les cultures de la jeunesse qui l'habite, une jeunesse prête à s'accrocher, à bosser dur pour trouver la place qui lui sied.

Plus le film avance et plus ont prend goût et plaisir aux mots chargés du sens de toutes ces vies qui s'en emparent dans un processus d'émancipation excitant en diable : rap, slam, poésie, joutes verbales, jeux de rôle… tous les moyens sont bons pour apprendre à structurer sa pensée, dompter ses gestes, gérer son stress et ne plus avoir peur d'affronter les autres, d'affronter sa propre vie. Quelle émotion !