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ADIEU MANDALAY

Écrit et réalisé par Midi Z - Taïwan/Birmanie 2016 1h48mn VOSTF - avec Kai Ko, Wu Ke-Xi...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ADIEU MANDALAYNotre ethnocentrisme naturel nous pousse naturellement à voir la crise migratoire tant médiatisée sous l'angle unique d'un Occident qui serait assailli par des hordes de milliers voire de millions de femmes et d'hommes venus des pays du Sud et de l'Est. L'occidental a tendance à oublier sur le sujet deux petites choses : que les hommes, de tous temps et depuis le début des grandes civilisations, ont migré au gré des guerres, des conquêtes, des catastrophes climatiques, économiques ou des crises géopolitiques. Et surtout que ce ne fut et que ce n'est pas le triste privilège du monde occidental.
Grâce soit rendue au remarquable film du jeune cinéaste d'origine birmane Midi Z de remettre les pendules à l'heure sur le sujet (même s'il doit, à juste titre, se ficher complètement du nombril des occidentaux). Car dans Adieu Mandalay, il est question d'une immigration fort peu connue de nous, celle des Birmans qui vont chercher sinon fortune du moins un sort meilleur pour leur famille dans la Thaïlande voisine. Une émigration de proximité qui amène évidemment son lot d'abus et de déni des droits humains, perpétrés par les passeurs d'abord, puis par tous les petits patrons qui profitent de la précarité des migrants.

Mais si Adieu Mandalay captive et émeut autant, c'est que le film est avant tout une troublante aventure humaine, inspirée au réalisateur par un fait divers qui l'avait marqué, lui le Birman qui avait eu la chance de faire ses études à l'étranger et avait profité du soutien financier de ses proches partis travailler en Thaïlande.
Au tout début du film, on suit un groupe entier qui franchit la frontière, puis le récit va se consacrer à un couple, Liangqing et Guo. Un couple qui nait dans l'exil puis va se retrouver séparé par la vie et les choix différents de chacun. Car le jeune homme et la jeune femme ont des aspirations tout à fait différentes. Lui ne souhaite que gagner suffisamment d'argent grâce à son travail, aussi ingrat soit-il, pour envoyer de l'argent au pays et pouvoir rentrer au plus vite. Elle tout au contraire est ambitieuse, refuse de se laisser humilier, elle veut obtenir coûte que coûte des papiers thaïlandais, est prête à tout pour éviter un travail physiquement difficile à l'usine et rêve d'un avenir probablement loin de la Birmanie.

Le cinéaste passe très habilement de l'observation sociale à celle plus intime du couple, dont les déchirements sont à l'image de ceux de la jeunesse birmane. La mise en scène privilégie la plupart du temps un réalisme minutieux, qui crée un très fort sentiment d'authenticité. Il y a quelques scènes impressionnantes, comme celle où un collègue de notre couple se blesse cruellement à l'usine et est évacué manu militari, quasiment sans soins. Mais il y aussi une vraie recherche plastique, volontiers contemplative, à la fois dans la manière dont est filmée l'usine (magnifique jeu sur les fumées crachées par les machines) et dans les séquences qui se déroulent dans les petits villages perdus dans la jungle où se passent les tractations frontalières (on peut penser parfois aux ambiances vaporeuses des films d'Apichatpong Wheerasethakul). Le côté tragédie grecque d'un récit maîtrisé de bout en bout renforce l'impression de voir s'affirmer un grand talent (Midi Z a réalisé trois longs métrages avant celui-ci, tous trois inédits en France).