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Sexy, Linky ?de Nicolas Bérard - 4 euros (Ed. Le passager clandestin)En collaboration avec la Librairie La Machine à lire Au fil d’un récit vif, entraînant et plein d’humour, Nicolas Bérard, journaliste de L’Âge de faire, retrace l’enquête qu’il a menée sur le déploiement à marche forcée du comp...

Le Bassin à flots, quelle galère !
Bon, je sais : difficile d’être audible dans le grand barnum électoral qui sévit actuellement autour de nous. Mais, faut-il le rappeler, nous avons un petit problème qui menace à moyen terme, disons trois ou quatre ans, l’existence même d’Utopia à Bordeaux. Il s’agit, on...

Misère, misère…
C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le pate...

LE MISANTHROPE
LA COMÉDIE FRANÇAISE AU CINÉMA POUR DES SÉANCES SCOLAIRESLa Comédie Française innove en proposant, à l’intention du public scolaire, des spectacles filmés, choisis parmi les grandes productions de sa saison. Le deuxième spectacle choisi est « LE MISANTHROPE » de Molière, mis en scène par Clément...

Cours d'arabe et soutien humanitaire
Tel le colibri, cher à Pierre Rabhi, l’association Salam tâche « de faire sa part »… depuis 2003 Salam organise des cours d’arabe à Bordeaux, cours payants qui génèrent chaque année un pécule intégralement investi dans des actions humanitaires au Maroc… Notre actualité 2017-2022 : un projet de p...

Mercredi 24 MAI 2017 à 20h30

CINÉMARGES CLUB #11


Première projection du film suivie d'une discussion avec Sara Daniel, Master2 d'Anthropologie à l'Université de Bordeaux, spécialiste de l'Amérique Latine.

PLUS JAMAIS SEUL

Écrit et réalisé par Alex ANWANDTER - Chili 2016 1h21mn VOSTF - avec Sergio Hernandez, Andrew Bargsted, Jaime Leva, Antonia Zegers, Astrid Roldan...

Du 24/05/17 au 05/06/17

PLUS JAMAIS SEULDe longues nappes électro rappellent étrangement la B.O. de Aguirre, la colère de Dieu composée par Popol Vuh, Aguirre qui ouvrit un impraticable chemin d'expédition pour trouver l'Eldorado : dans Plus jamais seul, c'est affirmer son identité dans une société profondément intolérante qui s'apparente à la quête du Graal.

Le film est d'abord l'histoire de Pablo, jeune lycéen chilien qui se découvre une passion pour le cabaret. Il porte en son cœur trois indéfectibles amours : l'un pour son amant Félix, l'autre pour sa meilleure amie Mari, le dernier pour son père Juan, avec qui il entretient une complicité silencieuse, des élans timorés, comme si les non-dits pouvaient subitement émerger et les prendre à la gorge. Le père cache quelques images du passé pendant que le fils s'évertue à dissimuler celles du présent, sa vie nocturne secrète, sa sexualité. Nous-mêmes, spectateurs, en sommes tenus à l'écart : les moindres bribes qui nous sont données à voir de la vie occulte de Pablo sont toujours accompagnées de musiques magistrales qui prennent le dessus sur les ambiances réelles d'une foule ou d'un spectacle, se superposent au corps jeune, flamboyant, de Pablo pendant qu'il danse : l'esthétique est belle, pop, on se délecte.
Jusqu'à ce que Pablo soit victime d'une agression homophobe, spectaculaire de violence et d’absurdité. Et ce qui semblait être un film essentiellement centré sur la vie du jeune homme, un teen movie, devient, par une ingénieuse inversion de la ligne narrative, un portrait de la puissance de l'amour paternel, le récit de la manière dont le monde de Juan change après le traumatisme.

Une pression grandissante pèse sur Juan, dont le combat acharné pour rendre justice à son fils jouxte ses tentatives de sauvetage de l'usine dans laquelle il travaille, spécialisée dans la conception de mannequins de vitrine. Une entreprise confrontée à la loi du marché dont nous connaissons par cœur l'éternelle rengaine : la compétitivité face à la concurrence étrangère. Un intelligent parallèle est ici esquissé entre le métier du père et le rôle important que le corps joue tout au long du film, à travers le symbolisme sous-jacent du mannequin, à la plastique lisse et parfaite : l'abstraction de ce qu'un corps devrait être (quand bien même certains corps, à l'image de celui de Pablo, sont passés à tabac parce qu'ils apparaissent comme déviants) et la violence sociale qui est constamment faite au corps, spécialement envers celui des femmes, comme le fera remarquer le formidable personnage secondaire d'une toubib bienfaitrice : « Ah, c'est vous qui faites ces mannequins qui nous font nous sentir grosses ? ». Un échange comme une éclaircie d'humanité dans un monde de brutes embrouillé dans toutes formes de problématiques économiques, culturelles, historiques, générationnelles. Le film, d'une grande finesse, servi par une mise en scène et une esthétique subtilement maîtrisées, montre parfaitement cette complexité du social et de ses enjeux.

Il s'agit du premier long métrage d'Alex Anwandter, qui est une star de la chanson au Chili et dans toute l'Amérique latine. C'est à la suite de l'agression homophobe d'un de ses fans qui succomba à ses blessures, qu'Alex Anwandter a décidé d'écrire son premier film pour lui rendre hommage. Et c'est un merveilleux hommage.