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SOS MÉDITERRANÉE
Vendredi 22 juin à 20h au théâtre Le Levain à Bègles, Soirée littéraireRencontre entre deux auteurs :  Allain Glykos (auteur de Manolis) et Franck Pavloff (auteur de Matin brun) pour des regards croisés à partir de leurs derniers ouvrages : le roman  La nuit des enfants qui dansent de Pavloff, a...

Le Tour Alternatiba est de retour en 2018
Du 9 juin au 6 octobre 2018, le Tour Alternatiba (tour.alternatiba.eu) s’élancera sur des vélos multiplaces pour un périple de 5800 kilomètres parcourant 200 territoires en France et dans les pays frontaliers, afin de diffuser partout un message porteur d’espoir : oui, les alternatives existent,...

PCA - Paysans et Consommateurs Associés
PCA PCA une amap* à partAccueille tous les mercredis soirs Y compris pendant les vacancesSes produits de saines semencesA presque 15 ans d’expérienceNichée salle de la cheminéeSe trouve à l’Utopia cinéEntre 19 et 20h30Tu verras une amap rianteC‘est ici qu’on trouve des painsOuvragés dans un vrai...

STOP LINKY
Pour discuter, être informer sur le refus du linky et sur les procédures judiciaires        Réunion avec le collectif Stop linky Bordeaux Métropole stoplinky.bordeauxmetropole@gmail.comle Samedi 2 juin à 10h30 salle de la cheminée au cinéma UtopiaCi-dessous les nouveaux collectifs en Gironde. An...

Pour une insurrection écologique
Rencontre – Forum jeudi 31 mai à 19hSalle St Maurice 105avenue Alexis Capelle Bègles (tram C Station Terres Neuves) Rencontre débat avec Alain Ricaud, entrepreneur et auteur du livre Pour une insurrection écologique des consciences.Forums citoyens autour de thèmes de l’insurrection (accueil des ...

PLUS JAMAIS SEUL

Écrit et réalisé par Alex ANWANDTER - Chili 2016 1h21mn VOSTF - avec Sergio Hernandez, Andrew Bargsted, Jaime Leva, Antonia Zegers, Astrid Roldan...

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PLUS JAMAIS SEULDe longues nappes électro rappellent étrangement la B.O. de Aguirre, la colère de Dieu composée par Popol Vuh, Aguirre qui ouvrit un impraticable chemin d'expédition pour trouver l'Eldorado : dans Plus jamais seul, c'est affirmer son identité dans une société profondément intolérante qui s'apparente à la quête du Graal.

Le film est d'abord l'histoire de Pablo, jeune lycéen chilien qui se découvre une passion pour le cabaret. Il porte en son cœur trois indéfectibles amours : l'un pour son amant Félix, l'autre pour sa meilleure amie Mari, le dernier pour son père Juan, avec qui il entretient une complicité silencieuse, des élans timorés, comme si les non-dits pouvaient subitement émerger et les prendre à la gorge. Le père cache quelques images du passé pendant que le fils s'évertue à dissimuler celles du présent, sa vie nocturne secrète, sa sexualité. Nous-mêmes, spectateurs, en sommes tenus à l'écart : les moindres bribes qui nous sont données à voir de la vie occulte de Pablo sont toujours accompagnées de musiques magistrales qui prennent le dessus sur les ambiances réelles d'une foule ou d'un spectacle, se superposent au corps jeune, flamboyant, de Pablo pendant qu'il danse : l'esthétique est belle, pop, on se délecte.
Jusqu'à ce que Pablo soit victime d'une agression homophobe, spectaculaire de violence et d’absurdité. Et ce qui semblait être un film essentiellement centré sur la vie du jeune homme, un teen movie, devient, par une ingénieuse inversion de la ligne narrative, un portrait de la puissance de l'amour paternel, le récit de la manière dont le monde de Juan change après le traumatisme.

Une pression grandissante pèse sur Juan, dont le combat acharné pour rendre justice à son fils jouxte ses tentatives de sauvetage de l'usine dans laquelle il travaille, spécialisée dans la conception de mannequins de vitrine. Une entreprise confrontée à la loi du marché dont nous connaissons par cœur l'éternelle rengaine : la compétitivité face à la concurrence étrangère. Un intelligent parallèle est ici esquissé entre le métier du père et le rôle important que le corps joue tout au long du film, à travers le symbolisme sous-jacent du mannequin, à la plastique lisse et parfaite : l'abstraction de ce qu'un corps devrait être (quand bien même certains corps, à l'image de celui de Pablo, sont passés à tabac parce qu'ils apparaissent comme déviants) et la violence sociale qui est constamment faite au corps, spécialement envers celui des femmes, comme le fera remarquer le formidable personnage secondaire d'une toubib bienfaitrice : « Ah, c'est vous qui faites ces mannequins qui nous font nous sentir grosses ? ». Un échange comme une éclaircie d'humanité dans un monde de brutes embrouillé dans toutes formes de problématiques économiques, culturelles, historiques, générationnelles. Le film, d'une grande finesse, servi par une mise en scène et une esthétique subtilement maîtrisées, montre parfaitement cette complexité du social et de ses enjeux.

Il s'agit du premier long métrage d'Alex Anwandter, qui est une star de la chanson au Chili et dans toute l'Amérique latine. C'est à la suite de l'agression homophobe d'un de ses fans qui succomba à ses blessures, qu'Alex Anwandter a décidé d'écrire son premier film pour lui rendre hommage. Et c'est un merveilleux hommage.