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Deux petits livres épatants en vente à la caisse du ciné
Sexy, Linky ?de Nicolas Bérard - 4 euros (Ed. Le passager clandestin)En collaboration avec la Librairie La Machine à lire Au fil d’un récit vif, entraînant et plein d’humour, Nicolas Bérard, journaliste de L’Âge de faire, retrace l’enquête qu’il a menée sur le déploiement à marche forcée du comp...

Le Bassin à flots, quelle galère !
Bon, je sais : difficile d’être audible dans le grand barnum électoral qui sévit actuellement autour de nous. Mais, faut-il le rappeler, nous avons un petit problème qui menace à moyen terme, disons trois ou quatre ans, l’existence même d’Utopia à Bordeaux. Il s’agit, on...

Misère, misère…
C’était bien la peine de se débarrasser de ce troupeau de vieilles badernes qui nous bouchaient la vue pour se retrouver aujourd’hui avec comme seul choix présidentiel possible : un blanc bec néolibéral qui fit ses classes chez un banquier et une fille à papa méchante comme la gale, dont le pate...

LE MISANTHROPE
LA COMÉDIE FRANÇAISE AU CINÉMA POUR DES SÉANCES SCOLAIRESLa Comédie Française innove en proposant, à l’intention du public scolaire, des spectacles filmés, choisis parmi les grandes productions de sa saison. Le deuxième spectacle choisi est « LE MISANTHROPE » de Molière, mis en scène par Clément...

Cours d'arabe et soutien humanitaire
Tel le colibri, cher à Pierre Rabhi, l’association Salam tâche « de faire sa part »… depuis 2003 Salam organise des cours d’arabe à Bordeaux, cours payants qui génèrent chaque année un pécule intégralement investi dans des actions humanitaires au Maroc… Notre actualité 2017-2022 : un projet de p...

UNE FAMILLE HEUREUSE

Nana EKVTIMISHVILI et Simon GROß - Géorgie 2016 1h59mn VOSTF - avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava, Tsisia Qumsishvili... Scénario de Nana Ekvtimishvili.

Du 10/05/17 au 20/06/17

UNE FAMILLE HEUREUSELa première raison de voir ce film intelligent et délicat pourrait relever de l'exotisme, qui parfois a du bon : voir des images, prendre des nouvelles de la Géorgie, pays lointain et bien mystérieux pour la plupart d'entre nous… Quelques indices, telle la consommation abusive de jus de cerises – que l'on produit artisanalement et conserve dans d'énormes bocaux –, indiqueront aux connaisseurs que nous sommes au cœur du Caucase – les Turcs, les Azéris… sont également très friands de cerises. Les cinéphiles ne pourront s'empêcher de penser aux merveilleux films de Sergueï Paradjanov, qui évoquaient avec une poésie sublime, et un art achevé de la composition picturale, la beauté et la richesse culturelle du pays. Et puis il y a aussi le charme discret et désuet des reliquats des anciennes républiques soviétiques, notamment cette pratique de se serrer à plusieurs générations dans le même appartement, le libéralisme forcené et l'individualisme n'ayant pas encore totalement effacé les pratiques d'antan.

Mais ceci étant dit, nul besoin de s'intéresser particulièrement à la Géorgie pour être touché par le film, dont le propos et la portée sont universels. Car ce qui arrive aux protagonistes d'Une famille heureuse – le titre est doucement ironique – pourrait concerner à quelques spécificités culturelles près n'importe quelle famille des classes moyennes ou populaires de nos contrées. Ce dont il est question, c'est l'usure naturelle du temps qui passe, c'est la destruction des liens forts et de tout un tas de belles choses par ce tueur implacable qu'est l'habitude. Ce dont il question, ce sont les choix qui peuvent s'imposer à chacun d'entre nous pour faire rebondir sa vie lorsque l'âge mûr arrive puis s'installe.
Manana est une quinquagénaire – dont tout porte à penser qu'elle est équilibrée – qui vit depuis 25 ans avec son mari Soso, un homme tendre et prévenant, mais aussi avec ses vieux parents, son fils, sa fille et son gendre qui s'est peu à peu incrusté au sein du foyer. Tout ce petit monde rassemblé dans un appartement agréable mais un peu exigu pour une telle smala ! Une famille géorgienne ordinaire, pour qui le quotidien est parfois bruyant et compliqué, la confrontation entre les générations s'avérant conflictuelle et folklorique, entre papy un peu gâteux, grand-mère d'une exubérance très méditerranéenne, jeunes un peu sans gêne et parents au milieu… qui supportent tout ça la plupart du temps en silence. Un seul truc dénote dans ce chaos somme toute harmonieux : le côté dépressif et taciturne de Manana, que rien ne semble devoir illuminer. D'ailleurs ce jour-là est celui de son 52e anniversaire et elle n'a en rien envie de le fêter. Cependant nous sommes en Géorgie et on ne rate jamais une occasion de boire et festoyer, et famille, collègues, voisins s'invitent d'eux mêmes, ce qui a pour résultat de pousser Manana à se replier davantage encore sur elle-même… Et le lendemain, elle annonce à Soso qu'elle veut le quitter, abandonner la maison pour vivre seule. La nouvelle plonge évidemment toute la famille dans l'incompréhension, et ils ont beau faire, rien ne semble pouvoir la faire changer d'avis… On ne vous dévoilera pas la suite des événements, mais ce n'est que le début d'un engrenage où vont apparaître au grand jour les petits secrets plus ou moins avouables de chacun. Le genre d'épreuve dont on en ressort détruit ou au contraire grandi…

Le film est tour à tour drôle, acide, subtil, parfois bouleversant. Aucun des personnages n'est blanc ou noir, aucun n'est à aucun moment jugé. Une chronique familiale intelligente et sensible. Une étude subtile de l'usure du couple. Et plus particulièrement un magnifique portrait de femme.