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Le blog des profondeurs...
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Revoir la rencontre avec l'équipe du court métrage "Un peu Après minuit"
Nous vous proposons de revoir un moment d’échange chaleureux avec l’équipe du très prometteur court métrage UN PEU APRÈS MINUIT. Etaient présent sur l’estrade : la réalisatrice Anne-Marie PUGA, le réalisateur Jean-Raymond GARCIA, le comédien Rémi TAFFANEL, le compositeur Mathieu MÉGEMONT et l’an...

Les centres commerciaux : nouvelle bulle immobilière spéculative et projets climaticides…
Non à Val Tolosa ! Nous ne résistons pas à l’envie de vous communiquer cette excellente nouvelle provenant de nos amis d’Utopia Tournefeuille : le Conseil d’État a, en ce début d’année 2018, annulé le 2e permis de construire du méga-centre commercial imaginé pa...

NOUS PRINCESSES DE CLÈVES sur Vidéo en Poche
Vidéo en Pochedes films sur votre clé usb !5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible,  la résolution minimale étant celle d’un DVD !  Les fichiers sont lisibles par VLC, mais aussi sur les Freebox,  et de nombreuses TV et boitiers multimedia.  Vous pouvez consulter sur le site et à la ...

Le cinéma français pète la forme… paraît-il…
Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de tomber, relayé par le concert des médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets de cinéma vendus, soit à peine 4 milli...

Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 février
Après l’abandon du projet d’aéroport, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant. Rassemblement à Notre Dame des Landes le 10 févrierEnracinons l’avenir !Un bus partira de Bordeaux...

AVANT LA FIN DE L'ÉTÉ

Écrit et réalisé par Maryam GOORMAGHTIGH - France/Iran 2017 1h20mn VOSTF - avec, dans leurs propres rôles, Arash, Hossein, Askhan, Charlotte, Michèle...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AVANT LA FIN DE L'ÉTÉUn film comme une virée en stop sur la route des vacances, un road-movie solaire et nonchalant aux côtés d'un trio épatant de naturel et de sincérité, une épopée ordinaire et fraternelle qui distille une poésie discrète et une chaleur humaine réconfortante. Ils sont trois amis iraniens trentenaires, exilés et installés en France depuis quelques années… Le film s’ouvre sur la silhouette imposante de l’un d’eux, qui a décidé de rentrer au pays dans quelques jours après plusieurs années d’étude. Sa décision est prise : Paris, c’est fini. Trop difficile de s'y faire une place, d'y nouer des relations qui dépassent le bonjour-bonsoir.
Autour de lui s’agitent ses deux complices… qui entreprennent de le convaincre de faire avec eux une ultime virée sur les routes de ce pays qui les a accueillis : allez, une petite ballade d'une semaine jusqu'à la mer, histoire de n’avoir rien à regretter, histoire de vivre ensemble une dernière parenthèse.

Les voilà donc partis sur les routes de la campagne française : ses villages, ses platanes, ses ronds points… filmés avec un tendre détachement, entre le regard sociologique et l’œil de l’étranger, souvent amusé, parfois conquis ou perplexe. Dans l’auto, nos pieds nickelés conversent sur un même ton du paysage qui défile (« On est au cœur de la France profonde, là. C’est pas mal en fait… »), de l’amour, du pays, de l’amour du pays, de la société française : en négatif, ses rapports sociaux pas faciles ; en positif, le rayon alcools de ses supermarchés… On parle de liberté, d’amitié, de ce service militaire qui pourrit la vie des Iraniens, qui a conduit Arash, pour y échapper, à devenir volontairement obèse, et Hossein, le beau gosse du trio, à s’exiler en France avant d’être contraint de porter l’uniforme.
Quand ils arrêtent l’auto, sur la place d’un village, dans un camping, au bord d’un lac ou au milieu d'un champ, ils poursuivent tranquillement leur conversation. Parfois même, quand l’ambiance est propice, l’un déclame un poème, l’autre fredonne une chanson traditionnelle pendant que le troisième allume le barbecue. Puis on repart, on embarque deux voyageuses à baluchon et guitare au passage, on improvise pour les séduire une performance sur l’évolution de la mode du port du voile en Iran, on débriefe les échecs, on s’arrête à nouveau, on refait la sieste, on se passe de la crème dans le dos et puis on reprend la route.

Filmé avec une étonnante sensualité, dans un halo de lumière qui semble parfois irréel, Avant la fin de l’été est un objet curieux qui ne se laisse pas attraper ni enfermer facilement. Et quand, au détour d’un plan, on se retrouve plongé dans l’ocre et la poussière des montagnes d’Iran, on se dit que ce film, sans en avoir l’air, ne parle que de cela : de la terre maternelle que l’on a quittée et dont le souvenir vous hante, de l’exil et de la si fragile intégration de ceux qui sont partis. Mais, plus touchant encore, c’est un film qui dit avec humour et tendresse l’indispensable fraternité qui unit, avec ou sans langue commune, et qui aide à traverser en douceur l’été aussi bien que la vie. Une image splendide et une très belle bande son servent à merveille ce film qui fleure bon la liberté dans un écrin très oriental : modeste en façade, riche à l’intérieur.