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Ma loute et Abel sur Vidéo en Poche
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I AM NOT MADAME BOVARY

FENG XIAOGANG - Chine 2016 2h18mn VOSTF - avec Fan Bingbing, Guo Tao, Da Peng, Zhang Jiayi, Yu Hewei... Scénario de Liu Zhenyun, d'après son roman Je ne suis pas une garce.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

I AM NOT MADAME BOVARYElle est la petite fissure qui menace l’édifice, le caillou dans la botte de l’administration chinoise. Elle s’appelle Li Xuelian et n’est qu’une modeste villageoise. À travers son combat, restitué dans une narration stylisée et audacieuse, c’est une satire politique tragicomique de la Chine actuelle que nous propose cet étonnant I am not Madame Bovary. On y suit le combat kafkaïen que livre Li Xuelian contre la bureaucratie chinoise afin que justice lui soit rendue. Le motif : une broutille d’histoire de divorce qui n’intéresse pas grand monde. Et justement, c’est bien là le problème : parce qu’elle est une femme, parce qu’elle est une simple campagnarde du Jiangxi (une des provinces les plus pauvres de Chine), parce que son cas relève de la bizarrerie jugée insignifiante, personne ne s’intéresse sérieusement à son cas. Mais notre héroïne persiste à défendre son droit, jusqu’à monter les échelons de la hiérarchie et faire siffler les oreilles de Pékin.

Pour bien comprendre la situation de départ, il faut connaître le fait réel qui a inspiré l’histoire de ce film. En 2013, le gouvernement chinois a décidé de taxer abondamment les couples détenant une résidence secondaire. Jamais à court d’imagination, les Chinois n’ont pas tardé à exploiter l’effet pervers de la mesure : de nombreux couples ont décidé de divorcer afin d’échapper à l’envolée fiscale. Ce fût le cas de Li Xuelian et de son mari Qin qui simulèrent un divorce afin d’acquérir un deuxième appartement à prix convenable. Sauf qu’à peine six mois après le divorce, voilà que le goujat de mari de Li Xuelian se remarie avec une autre femme ! Seule et abandonnée, le combat de Li sera de faire admettre à l’administration que ce divorce était un faux et donc de récupérer son époux. Epoux infidèle dont elle ne veut plus – on la comprend – et dont elle entend bien sûr divorcer dans un second temps…
Li Xuelian déterre alors une lointaine relation familiale avec le juge local à qui elle parvient à raconter cette situation ubuesque. Mais pourquoi diable annuler le divorce si c’est pour divorcer de nouveau par la suite ? Réponse : question de principe ! L’affaire passe devant le tribunal, mais l’issue n’est pas favorable. Li Xuelian décide d’aller voir son ex-mari pour lui faire entendre raison. Mais Qin l’humilie publiquement en la traitant de « Pan Jinlian » (femme débauchée) et lui rappelle qu’elle n’était pas vierge le jour de leur union. Li Xuelian se lance alors dans une bataille politique pour sa dignité qui la mènera devant les autorités, de la ville à la province, jusqu’à son voyage dans la capitale.

Le récit adopte un ton particulièrement railleur qui donne à la quête de Li Xuelian une bonne occasion de se moquer des élites, sans ôter le caractère dramatique de la situation de fond. D’incompétences grotesques en attitudes minables, sans oublier le clientélisme bête et méchant, Li Xuelian embarrasse systématiquement l’échelon inférieur en tapant à la porte du responsable suivant. L’héroïne détricote ainsi le fil d’un fonctionnariat plus occupé à s’auto-protéger qu’à servir ses concitoyens. Formellement splendide, le film surprend en adoptant une image circulaire qui donne au spectateur la sensation de voir à travers une serrure et le force à focaliser son attention sur la détermination de Li Xuelian. Loin de la simple coquetterie, ce procédé trouve son origine dans la tradition picturale chinoise et dans l’utilisation des vignettes illustratives dont le réalisateur reprend ici les codes et le mode de narration. Comme pour inscrire cette fable moderne dans une vieille et absurde tragédie : celle qui relie le peuple chinois à ses dirigeants.