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CITOYENS AMÉRICAINS DE BORDEAUX MÉTROPOLE
Les élections de mi-mandat, en novembre 2018, seront cruciales, inscrivez-vous sur les listes électorales ! (le renouvellement n’est pas automatique)Sur internet : VOTE FROM ABROAD  (site non partisan)En personne : au bureau d’inscription ouvertle Samedi 21 Avril de 14h à 18h dans le hall du cin...

Les Marronniers de Gambetta
Ne laissons pas couper pas les marronniers de la place Gambetta à Bordeaux !(Ci-dessous le contenu de la pétition adressée à Monsieur le Maire de Bordeaux, Alain Juppé. Et si vous n’avez pas internet, vous pouvez recopier ce texte, le dater, le signer et l’adresser à Monsieur Alain Juppé, maire ...

Revoir la rencontre avec F.J. Ossang pour 9 DOIGTS
Mardi 19 décembre 2017, F.J. Ossang venait nous présenter en avant-première son nouveau film “9 Doigts”. A l’occasion de la sortie de son film sur nos écrans quelques mois après, nous vous proposons de revoir cet échange avec cet artiste hors norme, accompagné de ses acteurs Damien Bonnard et Al...

Stop linky
Samedi 5 mai dans toute la France Rassemblement de tous les collectifs anti-linky !Pour Bordeaux Métropole, à l’heure où nous bouclons cette gazette les membres du collectif Stop Bordeaux Métropole n’ont pas encore décidé du lieu et de l’horaire. Mais la date est bonne : ...

Commémorer n'est pas célébrer…
Se rappeler des « moments lumineux » certes, mais aussi « braquer quelque lumière sur les périodes les plus sombres »… répondent de sages personnes à ceux qui s’obsèdent à préserver le petit peuple des mauvaise influences susceptibles de lui polluer le mental…En fait de mom...

REMBRANDT fecit 1669

Jos STELLING - Pays-Bas 1977 1h47mn VOSTF - avec Frans Stelling, Ton de Koff, Haneke Van de Veld, Lucie Singeling, Aya Gil... Scénario de Will Hildebrand et Jos Stelling. Caméra : Ernest Bres.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

REMBRANDT fecit 1669C’est une vraie, une grande redécouverte. Un peu comme celle qui vout fut proposée il n’y a guère avec le Edvard Munch de Peter Watkins. Le Rembrandt de Jos Stelling date d’ailleurs à peu près de la même époque et s’impose lui aussi comme une œuvre rare, profondément originale et marquante.

Rembrandt fecit 1669
(c’est la signature apposée par le peintre peu avant sa mort sur le dernier de ses autoportraits, conservé à la National Gallery à Londres) est un film rare, un film magistral qui nous fait avancer à la fois dans la connaissance de l’art et dans celle de l’homme.
Ce n’est pas une biographie : Rembrandt est supposé connu au départ (quelques sous-titres aident le spectateur à identifier les lieux et les hommes). C’est une lecture de l’œuvre à partir d’une création cinématographique pensée comme une fiction.
Le référent historique est certes continuellement présent – ne serait-ce que dans l’évocation de quelques tableaux phares, de la « Leçon d’anatomie » au portrait collectif des « Syndics des drapiers », en passant par l’incontournable « Ronde de nuit », ou dans le vieillissement physique de Rembrandt ou de ses compagnes – mais il n’est à aucun moment l’objet du film. Il balise simplement une démarche qui tente de saisir les mécanismes de la création, les troubles et les émotions d’un artiste qui n’a cessé de se peindre. De s’interroger, de se ressourcer, de se reconstruire dans des dizaines d’autoportraits (d’après l’ouvrage de Fernandez : « Soixante autoportraits à l’huile, vingt à l’eau forte, dix au crayon : soit une moyenne de deux autoportraits par an. Peut-on attribuer uniquement au souci professionnel d’étudier la figure humaine, les variations de la physionomie, un penchant qui révèle une forte angoisse d’identité ? »).
Le Rembrandt de Stelling est un Rembrandt intime. Nous le voyons surtout dans l’environnement des trois femmes qui se sont succédé dans sa vie, de ses enfants, de rares amis. Ses démêlés avec la bourgeoisie d’Amsterdam, son goût des dérives dans les bas quartiers de la ville, son plaisir à s’encanailler et à se déguiser sont à peine évoqués par quelques allusions.
Mais peut-être faudrait-il commencer par exalter la beauté du film de Stelling, la chaleur d’une photo extraordinairement précise, sensuelle dans le contact du bois ciré, du velours des vêtements, du froissé des draps de lit (lits d’amour ou lits de mort, plis durcis des textiles rêches). Stelling sait faire sentir la vie des matières inertes, la palpitation des fibres du chêne – à la manière d’un Bresson ou d’un Tarkovski. Son film presque dépourvu d’extérieurs est pourtant un hymne à la nature, un chant panthéiste qui prend place aux côtés du Miroir, par exemple… La vénérable reliure d’un livre, l’huisserie poussiéreuse d’une fenêtre, l’argent ciselé d’un casque, comme les natures mortes du Grand Siècle, et mieux que ces natures mortes car le cinéma les enrichit d’une palpitation infime, d’une fébrilité qui sont celles de la lumière captée dans la durée sont de bouleversants moments de vie.
La beauté des objets, le jeu de la lumière sur les choses ne sont jamais gratuits. La beauté est là, palpitante, pour qui la voit.
Jean-Pierre Jeancolas, Positif 1982, extraits

Le film est aussi disponible en Vidéo en Poche !