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STOP LINKY…
Pour en savoir plus sur le compteur électrique Linky, savoir POURQUOI et/ou COMMENT faire pour le refuser, vous le pouvez, le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole vous invite à venir Salle de la cheminée au Cinéma Utopia, à l’occasion de l’une de ses réunions ou de l’une de ses permanences. O...

La Confédération paysanne fête ses 30 ans
 Depuis trente ans, La Confédération paysanne est engagée dans la défense des paysannes et des paysans et avec ses associations de développement, elle accompagne le monde agricole vers l’agriculture paysanne. Elle s’est engagée contre les OGM, et se bat pour une alimentation de qualité pour tous...

Les vacances, ça sert aussi à ça : des Festivals pour s'informer, résister, agir
Du 11 au 13 Août, Festival Les Bure’lesques à BURE. Festival organisé par un collectif d’habitants, de sympathisants et d’associations en soutien à la lutte contre Cigéo, le fameux projet de mégapoubelle nucléaire souterraine à Bure dont personne ne veut. Ça se passe à quelque...

VISITE-GUIDÉE LE BORDEAUX NÈGRE
« Derrière les murs, la condition des hommes ». Venez suivre les pas des animateurs de la balade alternative qui vous fera visiter l’autre Bordeaux. « Le secret le mieux gardé » des Bordelais que l’histoire a conduits en Afrique mais aussi dans les Caraïbes. Dimanches 30 juillet, 20 et 27 Août, ...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
 Projections de films français avec sous-titres spéciaux pour les spectateurs malentendantsLes séances estampillées du symbole (oreille barrée) dans les grilles horaires indiquent des projections de films français accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spéci...

MEMORIES OF MURDER

BONG Joon-ho - Corée du Sud 2003 2h10mn VOSTF - avec Song Kan-ho, Kim Sang-kyung, Byun Hee-bong, Song Jae-ho... Scénario de Bong Joon-ho, Kim Kwang-rim et Shim Seung-bo. Grand Prix, Festival du Film Policier de Cognac 2004.

Du 17/08/17 au 05/09/17

MEMORIES OF MURDERComme écrit dans les Inrocks : « Le film qui a révolutionné le polar ! » C'est LE film qui a révélé en occident Bong-Joon-ho, dont nous avons depuis suivi de près le parcours : The Host, Mother, Snowpiercer et enfin Okja, privé de sortie en salle de cinéma.
Lorsque nous avons découvert Memories of murder à sa sortie en 2004, ce fut une vraie claque en même temps qu'un élan d'enthousiasme : dépités par la monotonie basse du front des polars américains ou français, nous étions sidérés par l’énergie, par le souffle, par l’audace, par la liberté d’un film qui saisit, qui captive, qui surprend, qui fait confiance à l’intelligence, et même à l’intuition de ses spectateurs. Memories of murder est évidemment noir, il peint avec une rage explosive, qui va parfois jusqu’à la farce grotesque, la violence et les côtés obscurs de l’âme humaine, il touche du doigt l’effroi et le désespoir, il explore les territoires de la douleur, de la haine et de l’impuissance, mais il en émane pourtant une clarté étrange, un sentiment de foi absolue en l’humanité, une croyance malgré tout en un possible apaisement, une sorte de poésie dévastée. Grand film, décidément…

Entre 1986 et 1991, dans une petite ville près de Séoul et dans un rayon de seulement deux kilomètres, un tueur en série viole et assassine dix femmes. La plus âgée est une grand-mère de 71 ans, la plus jeune une écolière de 13 ans. Seuls point communs : toutes les victimes portent du rouge et les crimes ont toujours lieu un jour de pluie. C’est la police locale qui est chargé de l’enquête et, privée de moyens, inexpérimentée dans ce genre d’affaires, ignorante des techniques modernes de recherche et de profilage, elle est vite dépassée par les événements.
Entre le détective Park, persuadé de pouvoir deviner la vérité rien qu’en scrutant les suspects au fond des yeux, et son collègue Cho, adepte du coup de talon comme méthode imparable d’interrogatoire, les recherches s’égarent sur de multiples fausses pistes… Fabrication de preuves, bavures, aveux forcés, recours au chamanisme, tous les moyens sont bons pour arrêter un coupable. Le détective Park n’hésite d’ailleurs pas à changer son bureau de place afin de favoriser les ondes positives.
L’arrivée de Seo, jeune policier ambitieux de Séoul, rompu à des méthodes d’investigation plus scientifiques, devrait apporter une aide salutaire, mais elle est ressentie comme une intrusion par ses collègues, qui se méfient du flic de la grande ville, taciturne et hautain. La police s’enfonce donc dans une logique absurde, et le sanglant parcours du meurtrier continue…

Le scénario du film est inspiré d’un fait divers réel, qui frappa durablement l’opinion coréenne. Bong Joon-ho en donne une vision à la fois hyper-réaliste et complètement décalée, jouant à fond sur l’opposition entre le poids du drame qui se joue et le comportement erratique des humains. Les policiers en particulier, accablés par l’horreur, épouvantés par l’importance de leur mission, s’agitent souvent en pure perte, pantins dérisoires d’une tragédie qui les dépasse. On peut penser à Shakespeare : « une histoire pleine de bruit et de fureur, contée par un idiot et qui ne veut rien dire ». Du fait divers, le film tire sa sécheresse, sa franchise brutale, son refus des rebondissements faciles et des dénouements trop bien ficelés. De la tradition Shakespearienne, il hérite la richesse du récit, la profondeur des enjeux, la complexité des passions humaines et les frayeurs qu’il fait résonner en nous.