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LUMIÈRES D’ÉTÉ

Jean-Gabriel PÉRIOT - France/Japon 2017 1h22mn - avec Hiroto Ogi, Akane Tatsukawa, Yuzu Hori, Keiji Izumi... Scénario de Jean-Gabriel Périot et Yoko Harono.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LUMIÈRES D’ÉTÉIl y a des titres qui s’imposent comme des évidences, tant il savent en quelques mots évoquer l’esprit et le ton du film qu’ils annoncent. Lumières d’été est de ceux-là, qui dit la tendre douceur de cette journée particulière vécue par le protagoniste de l’histoire, et toutes les petites lumières qu’il va croiser sur son chemin, comme l’éclat des lucioles qui brillent dans l’obscurité, éphémères, fragiles mais bel et bien vivantes.
C’est le cœur de l’été à Hiroshima. Il fait chaud et moite, les corps avancent au ralenti. Dans le parc du mémorial de la Paix, les passants viennent chercher un peu de fraîcheur à l’ombre des arbres. Ici, le temps ne s’est pas arrêté le 6 Août 1945 : les enfants courent et jouent, les amoureux rient et s’embrassent et l’on vient honorer, chacun à sa façon, le souvenir des disparus.

Akihiro a quitté le Japon depuis des années et vit aujourd’hui en France ou ses rêves de réalisateur ne se sont pas forcément accomplis comme il l’avait souhaité. Il travaille pour la télévision et vient de terminer le tournage d’un documentaire sur les rescapés de la bombe, dont nous voyons le moment le plus fort : le récit poignant, face caméra, d’une rescapée.
Quand il arrive dans le parc, la veille de son départ pour Paris, il a le cœur et l’âme encore lourds des témoignages qu’il a recueillis. Cette histoire, celle de son pays, est un peu la sienne, mais il n’ose peut-être pas encore l’affronter de manière directe, tant elle pèse encore sur les vivants.
Assise sur un banc, Michiko, une jeune fille lumineuse et riante, semble tout droit venue du passé, dans son kimono traditionnel. Très vite elle prend la main de Akihiro, qui a engagé la conversation avec elle, et l’embarque pour une drôle d’épopée, dans les méandres de la ville puis au bord de la mer. Et de fil en aiguille, poussés par la curiosité ou portés peut-être par un sentiment qui les dépasse et les guide, ils vont faire la connaissance d’un monsieur et de son petit fils. Réunis autour d’une partie de pêche, d’un repas, d’une soirée, ils vont tous les quatre, le temps d’un instant, tisser les liens éphémères d’une famille improvisée. Dans l’ombre de la nuit planent le souvenir des ancêtres, des disparus, des rescapés… et aussi, peut-être, quelques fantômes.

Sans jamais s’appesantir sur ce qui, pourtant, traverse et habite tout le récit, la bombe larguée par l’aviation américaine le 6 Août 1945 à 8h15, Lumières d’été est un conte émouvant et solaire sur la mémoire, mais aussi et surtout sur la pulsion de vie qui traverse et dépasse les années, quelle que soit la violence des blessures. Avec peu de mots, quelques notes de musique, des chants magnifiques et un dispositif très simple, le film parvient à raconter avec beaucoup de pudeur cet effroyable traumatisme qui hante un pays tout entier tout en sachant capter la lumière des sourires, celle des regards émerveillés des enfants ou celle qui se dégage de la démarche discrète des jeunes filles en fleur à qui l’avenir semble sourire.