Loading
LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4€
Moins de 14 ans : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

STOP LINKY
Pour en savoir plus sur le compteur électrique Linky, savoir POURQUOI et/ou COMMENT faire pour le refuser, vous le pouvez, le collectif Stop Linky Bordeaux Métropole vous invite à venir Salle de la cheminée au Cinéma Utopia, à l’occasion de l’une de ses réunions. Et si vous souhaitez rejoindre l...

PCA
 Paysans et Consommateurs Associés, Bordeaux-Vallée de l’IslePCA Chaque Mercredi de 19h à 20h30 au cinéma, salle de la Cheminée, des petits producteurs de Dordogne et de Gironde apportent leurs légumes, leurs œufs, volailles, rillettes, pain, miel, nougat, veau, bœuf, agneau, fromages de chèvres...

Revoir le débat avec Amandine Gay à Utopia pour "Ouvrir la voix"
Nous vous proposons de revoir le débat avec Amandine Gay à l’issue de la projection en avant-première de son film “Ouvrir la voix” le 29 septembre 2017. Organisée par le collectif Voix décoloniales. Projection animée par Sarah Daniel, anthropologue junior de l’Université de Bordeaux, membre du c...

LE ROCHER DE PALMER, Dimanche 19 NOVEMBRE
12h, BRUNCH MUSICAL 14h, PROJECTION de I AM NOT YOUR NEGRO de Raoul Pecksuivie d’un échange avec l’écrivain Eddy L. Harris et Fadila Kellala, présidente de l’association Espace Culturel des 2 Rives et membre du Conseil Citoyen du Haut-Cenon. Tarif film + brunch : 15 €Tarif film seul : 5 €. Il es...

SÉANCES POUR LES MALENTENDANTS
 Projections de films français en Version Sourds et Malentendants (VSM) avec sous-titres spéciaux. Les séances estampillées du symbole dans les grilles horaires indiquent des projections de films français en VSM, accessibles aux personnes sourdes et malentendantes, grâce à des sous-titres spécia...

Mardi 10 OCTOBRE 2017 à 20h30

SOIRÉE-DÉBAT dans le cadre de la Journée mondiale de la santé mentale


Organisée et animée par l'Union Nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques.
Projection suivie d'un débat avec la Docteur Chantal Bergey-Cassy, psychiatre, responsable de service du SECOP (Service d'Evaluation de Crise et d'Orientation Psychiatrique) de l'hôpital Charles Perrens, et le Docteur Kevin Rossini, psychiatre à Charles Perrens.
Achetez vos places à l'avance, à partir du Samedi 30 Septembre.

LA PECORA NERA

Ascanio CELESTINI - Italie 2011 1h35mn VOSTF - avec Ascanio Celestini, Giorgio Tirabassi, Maya Sansa, Luisa De Santis... Scénario d'Ascanio Celestini, Uco Chiti et Wilma Labate d'après le livre d'Ascanio Celestini.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA PECORA NERA« L'asile est le lieu où se concentrent le plus grand nombre de saints. Saints sont les pauvres fous qui dorment sous des draps chinois, suaires de fabrication industrielle. Sainte est aussi la soeur qui, à côté de la petite lumière qui illumine sa table de chevet, brille comme un ex-voto. Mais le saint des saints, c'est le docteur, il est Jésus Christ… » Ainsi parle Nicola, qui raconte son histoire de fou, l'histoire d'un garçon pas si dingue mais qui ne saurait être ailleurs que chez les dingues, parce qu'il mélange un peu la réalité et les personnages qu'il s'invente, comme ce double de lui-même qui l'accompagne partout, de l'asile au supermarché où il va faire les courses pour l'hosto. Un hosto où il habite depuis que, jeune garçon dans les années 60, on l'a mis là, dans la foulée de la mort de sa mère, gavée d'électrochocs et peut-être même pire.

Il n'était même pas dangereux, juste un peu décalé, toujours au dernier rang à l'école, un peu distrait, à raconter des histoires de martiens, mais il était devenu indésirable dans sa famille dès lors qu'il a été le témoin d'une chose qu'il n'aurait pas dû voir. Il était plus commode alors de le laisser à l'asile où la parole n'est plus prise en compte, où plus personne ne sait très bien si celui qu'il a en face de lui raconte son monde intérieur ou témoigne d'une réalité objective.
Depuis 35 ans, l'asile, lui a servi de famille, d'horizon à partir duquel il s'est forgé une vision du monde. Un monde qui, au rythme de l'asile, est devenu encore plus féroce et vorace, où tout se consomme et où chacun se consume de solitude. Il n'est pas méchant, Nicola, même pas incohérent, c'est juste qu'il arrange un peu les choses à sa sauce, faute de repères et continue, comme quand il était petit, à donner son interprétation personnelle de ce qui se passe. Que se serait-il passé si un jour il avait pu confronter sa vision des choses au point de vue d'autres, attentifs et bienveillants, s'il avait vécu autrement que dans le rejet chronique que connaissent ceux qui sont différents ? Être fou, c'est être condamné à la solitude en soi-même, celle qui vous rend inapte à comprendre les autres à force d'être déconnecté des autres. En 35 ans, les choses se sont consolidées, la chronicité s'est inscrite dans la banalité de la routine, mais son amour de jeunesse, la belle Marinella, est toujours dans les parages, il l'aime toujours et justement elle travaille dans ce supermarché, autre temple de l'aliénation, où il va chaque jour faire ses courses…

Celestini est un acteur, un auteur de théâtre, un écrivain, et son premier film, original et formidable, ne ressemble à aucun autre. Il a écrit le bouquin dont est tiré le film, il le réalise et l'interprète : il est Nicola et avec lui, on plonge dans le monde intérieur d'un fou où il est difficile de distinguer parfois la frontière entre le réel et le fantasmé… mais qui nous interroge en douceur, et opportunité alors qu'en France il n'est question que d'enfermer davantage, de revenir à plus de répression, où on remet sur la table les conditions « d'internement d'office »… Insolite, surprenant, déroutant parfois, La Pecora nera donne à sentir et à comprendre qu'il y a bien un lien entre l'état des individus et celui de la société et que si l'on veut se donner les moyens de guérir les premiers, il faudra bien se décider à revoir la seconde de fond en comble.
On pensera en regardant le film à Franco Basaglia et à la formidable évolution de l'institution psychiatrique dans les années 70 en Italie qui a abouti à la loi de 1978 imposant une approche nouvelle dans le traitement du malaise mental. Pas le temps d'en causer ici, mais c'est un excellent prolongement du film que de se plonger dans ce qui a été écrit sur la question.