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Mercredi 20 SEPTEMBRE 2017

UNE JOURNÉE avec MICHAEL HANEKE


Oui, pour nous en tout cas c'est un événement ! Et on espère que pour vous aussi. Nous recevons le Mercredi 20 Septembre l'un des plus grands cinéastes du monde, tout simplement (« le plus grand metteur en scène vivant » selon Jean-Louis Trintignant), auteur-réalisateur de 12 longs métrages qui composent une œuvre d'une originalité et d'une puissance exceptionnelles. Au programme de cette journée Haneke qui restera dans nos annales :
à 14h30, projection de CACHÉ, avec Juliette Binoche et Daniel Auteuil (2005), un des sommets de son œuvre, Prix de la mise en scène au Festival de Cannes.
PLACES ENCORE DISPONIBLE POUR CETTE SÉANCE
à 17h, MASTER CLASS animée par Philippe Rouyer, historien et critique de cinéma, membre de la rédaction de la revue Positif, co-auteur avec Michel Cieutat du magnifique livre Haneke par Haneke (éditions Stock) *
C'EST DÉJÀ COMPLET POUR LA MASTER CLASS !!!
à 20h30, projection en avant-première de son nouveau film, HAPPY END, suivie d'une rencontre avec le cinéaste animée par Philippe Rouyer
C'EST DÉJÀ COMPLET POUR CETTE SÉANCE !!!

* En collaboration avec La Machine à lire, le livre est disponible au cinéma, et le sera au moment de la Master Class et de l'avant-première du soir.

Achetez vos places à l'avance, à partir du Dimanche 10 Septembre.

HAPPY END

Écrit et réalisé par Michael HANEKE - France/Autriche 2017 1h47mn - avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin, Frantz Rogowski...

Du 20/09/17 au 14/11/17

HAPPY ENDC’est dans le confort feutré de la bourgeoisie que se montre le plus volontiers le refoulé de toute une société. Ce n’est pas Flaubert qui aurait contredit cette maxime. Michael Haneke n’a eu de cesse, au cours d’une filmographie intransigeante, d’étudier les sources et les manifestations du mal-être de nos populations modernes. Happy end tout à la fois synthétise et affine son travail cinématographique à travers le portrait d’une riche famille industrielle de Calais. Ce petit microcosme très renfermé va être le témoin de quelques phénomènes inquiétants que Michael Haneke orchestre comme un jeu de piste à la fois cinglant et rieur. Aucune violence visuelle ne surgit, et pourtant Haneke ne cède rien de la radicalité de sa mise en scène, une nouvelle fois à son point culminant de pertinence et de précision. La noirceur de son regard s’accompagne plus que jamais d’un humour grinçant, laissant au spectateur le soin de faire la part, si besoin, entre le dérisoire et le tragique. 

Difficile de dire par où commence exactement l'inexorable affaissement qui va toucher la famille Laurent. Est-ce l’effondrement de ce mur de soubassement dans un des chantiers de construction qui ont fait leur fortune ? Ou est-ce l’arrivée de la toute jeune Eve, treize ans, qui déboule dans la bulle familiale de son père après que sa mère a subi une sérieuse intoxication aux médicaments ? Le père Thomas (Mathieu Kassovitz) est chirurgien, remarié, et ne semble pas connaître grand chose aux habitudes de sa fille. Mais il donne le change, il a appris à le faire, bien et en toutes circonstances. C’est d’ailleurs ainsi qu’il cache ses penchants érotiques salaces qu’il étale en secret sur les réseaux sociaux. Et puis il y a Anne (Isabelle Huppert), la sœur de Thomas, qui pilote d’une main de fer l’entreprise familiale et doit faire face à cet accident de chantier en même temps qu’elle tente de transmettre la direction à son fils Pierre, effrayé du poids qui se pose sur ses épaules. Mais a-t-il seulement le choix ? Enfin tout en haut, il y a le grand-père Georges (Jean-Louis Trintignant, absolument magistral) : personnage trouble et fascinant, que l’âge et quelques absences de mémoire ont imprégné d’une aigreur de vivre qu’il répand avec l’autorité d’un vieux capitaine d’industrie.
Trois générations réunies dans un hôtel particulier cossu que Michael Haneke décompose soigneusement, déterrant sous chaque petite cachoterie les signes édifiants de dangereuses névroses. Tous travaillent plus ou moins consciemment à maintenir la respectabilité de leur existence et l’apparat de leur famille, au détriment de toutes traces d’amour. Haneke ponctue le récit de quelques scènes d'une maîtrise ahurissante et excelle à analyser comment un mal chemine dans ce rhizome familial, avec la surprise de voir rejaillir à un bout de la chaîne un trouble qui avait été enfoui à un autre.

Ce portrait au vitriol pourrait sembler distant si Haneke n’avait décidé de le situer en bordure de la jungle de Calais. Happy end est un film entièrement adossé à la question des réfugiés et des migrants qu’il place intelligemment en fond, comme un mur de résonances. Les Laurent, unis dans leur décrépitude, sont les derniers privilégiés de notre vieille Europe, fascinée par son autodestruction et incapable de concevoir qu'en face il y a la vie. Si avec Happy end Haneke semble remettre en scène son propre cinéma (une seconde vision permettra à chacun de trouver les correspondances avec Le Septième continent, Caché, Amour ou Le Ruban blanc), c'est précisément pour éprouver la question obsédante de toute son œuvre qui se pose autant aux Laurent qu'à nous tous : comment faire avec la complexité d’un monde qui nous dépasse et auquel nous comprenons si peu ?